Examen du projet de budget de l’Etat 2017 : Houngbédji balise le terrain au gouvernement
Le Président de l’Assemblée nationale Me Adrien Houngbédji a presque taillé les questions liées à l’examen du projet de budget général de l’Etat exercice 2017 dans les mains du gouvernement. Les détails de son discours d’ouverture de la session budgétaire du lundi 17 octobre 2016 dédouanent les Ministres du Président Patrice Talon d’un casse-tête pour répondre au Parlement.
Le gouvernement du nouveau départ peut se frotter les mains. En ce qui concerne les réponses à apporter aux préoccupations des députés concernant le projet de budget général de l’Etat exercice 2017, ils ont eu un guide avisé. Le Président de l’Assemblée nationale Me Adrien Houngbédji leur a montré le chemin. Et si c’est lui qui doit présider le vote du budget, il revient simplement aux ministres d’aller chercher des réponses à sa dizaine de questions.
Le ministre de l’Economie et des finances, chef de file du gouvernement pour l’étude de la loi de finances 2017 doit saisir la perche.
D’abord, le Président Houngbédji a reconnu que c’est sous l’égide du consensus démocratique que s’ouvre, la session budgétaire. Un environnement favorable pour le gouvernement parce qu’il n’y a pas encore des clans affichés.
Ensuite, par rapport à l’ambition du gouvernement, le Président du Parlement a reconnu que » ce qui frappe à première lecture, c’est le chiffre annoncé : le projet de Budget Général de l’Etat gestion 2017 s’élèvera à 2010 Milliards CFA contre 1423 Milliards CFA l’année précédente « . Face à ce faramineux montant, la deuxième personnalité de l’Etat s’est empressée de déclarer : » comme à l’accoutumée, nous l’examinerons avec minutie « . Un peu comme pour rassurer le peuple béninois. Mais il ne s’est pas privé d’énumérer les inquiétudes qu’il a plutôt formulées en questions.
Le chemin est tracé
Le Président Houngbédji a saisi l’occasion de l’ouverture de la session pour scruter l’horizon et s’interroger sur la prise en compte des préoccupations des populations.
Pour Me Houngbédji, l’économie béninoise est en proie aux effets néfastes de la récession économique qui sévit au Nigéria, avec son corollaire de baisse d’activités. Il a même trouvé la baisse de compétitivité pour l’industrie locale et la réduction des recettes fiscales. Alors, il demande au gouvernement si le projet de loi de finances soumis au Parlement permet de juguler les effets de cette crise. Après cette première question, Me Houngbédji a posé une deuxième. Pour lui » le gouvernement devrait partager avec la représentation nationale les options de politique économique qu’il a choisies pour la relance de l’économie, au lendemain du collectif budgétaire voté en juin dernier « . Puis la liste des interrogations s’est allongée. » Nous devons en effet apprécier si les mesures proposées par le gouvernement prennent en compte la création d’emplois et la réduction du chômage, notamment chez les jeunes » a dit maître Houngbédji. Il s’est demandé si le projet de loi de finances a intégré la nécessité d’améliorer la résilience de notre économie aux chocs exogènes, notamment les effets des changements climatiques. D’une pause, le Chef de la représentation nationale a précisé que nul n’ignore que le Bénin est un pays de transit, pour ne pas dire de services. Dès lors, selon lui, son déficit en infrastructures doit être résorbé, pour favoriser l’épanouissement du secteur privé et l’amélioration de la qualité des services que nous offrons aux pays de l’hinterland, dans un environnement concurrentiel. Il a de plus précisé que la représentation nationale attend de voir traduites dans le budget 2017, des actions concrètes en matière d’infrastructures de transport, de TIC et surtout d’énergie. Mieux, par rapport à la récente loi votée sur le partenariat public-privé, le Parlement veut rechercher dans le projet de loi de finances, les dispositions prises par le Gouvernement, pour tirer le meilleur profit de cet instrument juridique.
Le Parlement attend aussi que le gouvernement confirme les actions relatives à la diversification de l’agriculture béninoise, et à l’émergence de nouvelles filières agricoles aussi organisées que le coton. Puis, le développement touristique dont nous devons exploiter au mieux les énormes potentialités du Bénin, est aussi un sujet d’interrogation, selon le Président du Parlement. Il n’a pas oublié les préoccupations exprimées par les organisations syndicales et qui ont motivé les récentes négociations avec le gouvernement. La Représentation nationale est préoccupée par l’intégration des points d’entente dans les priorités budgétaires. Finalement l’Assemblée Nationale, porte-parole des populations, s’interrogera à juste titre, selon son Président sur la question de savoir en quoi le projet de loi de finances soumis à son examen, apporte des points de satisfaction aux travailleurs.
Voilà les questions claires posées par le Président Houngbédji au nom des députés. Et pour lui, les réponses à ces différentes questions, défendent le renforcement de notre démocratie, l’éclosion d’une activité économique saine et dynamique, ainsi que l’instauration d’un climat de paix sociale et durable. Le défi d’une mobilisation accrue des ressources, et le défi du capital-investissement méritent des assurances.
Il revient au Ministre de l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni et ses pairs de rassurer la représentation nationale que l’instrument gouvernemental de politique socio-économique intègre des mesures concrètes, comme elle s’y attend pour améliorer la répartition des fruits de la croissance, en vue de la réduction de la pauvreté, et la réalisation des objectifs de développement durable et son budget peut passer comme une lettre à la poste.
Junior Fatongninougbo
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