« Un trop lourd tribut » : Une nouvelle publication de Sophie Adonon
« Un trop lourd tribut ». C’est l’un des nouveaux chef-œuvres littéraires de notre compatriote Sophie Adonon. Il est sur le marché livresque depuis Avril 2015 à Cotonou grâce aux Editions Tamarin.
Depuis quelques semaines, Sophie Adonon, la romancière béninoise, est sur le marché littéraire avec un nouveau produit : Un trop lourd tribut. C’est un ouvrage de 16 chapitres étalé sur 171 pages. C’est aussi une tragédie psycho-sociale dont la trame s’est jouée dans la ville de Cotonou, la capitale économique du Bénin.
C’est en fait « l’histoire d’une amitié entre deux petites écolières. Au sein de l’école et entourée de leur pureté infantile, elles ignorent que tout les sépare, hormis leur amitié. En effet, l’une est issue d’un milieu très aisé, tandis que l’autre est très pauvre. Inconscientes de leurs conditions sociales respectives, elles voient se resserrer leurs liens qui deviennent quasi fraternels au point de les pousser à échanger leurs vies pour un après-midi, laps de temps aux conséquences irréparables sur leurs destins. Jusqu’où ira cette prise de conscience, d’autant que celle qui prend conscience de son indigence vouera le reste de son existence à renverser cette tendance insupportable afin de mettre le monde à ses pieds… ». Voilà en réalité le résumé de l’histoire tragique de l’amitié entre Léontine Ya issue de famille très pauvre, et Célia Dokoun, née avec une cuillère d’argent dans la bouche.
Et prenant effectivement conscience de sa situation sociale peu enviable, Léontine, devenue entre temps Gypsie, a tout tenté pour prendre sa revanche sur le destin. Elle y parviendra certes, mais en payant « un trop lourd tribut » : sa propre existence. Car, si elle a pu amasser la fortune de ce monde par tous les moyens peu recommandables – banditisme, prostitution, escroquerie etc. – sa fin tragique laisse beaucoup d’enseignements. Elle est morte du Sida.
Fidèle à son style simple mais très alerte, didactique et pédagogique, Sophie Adonon a peint à travers « Un trop lourd tribut » les tares et avatars de la société béninoise, africaine, voire de l’espèce humaine.
C’est aussi l’opposition des extrêmes : le bien et le mal, la bonté et la méchanceté, la richesse et la pauvreté, la vie et la mort, l’amitié et la haine etc.
Alliant merveilleusement l’anthroponymie et l’éponymie – comme dans d’autres publications –, l’écrivaine béninoise a créé des personnages dont les patronymes indigènes riment bien avec leurs rôles et statuts sociaux dans le roman.
« Un trop lourd tribut » publié aux Editions Tamarin au Bénin est le 8e roman de Sophie Adonon. Entre autres, l’auteure a publié, tant chez Amalthée que chez EdiLivre et dans un rythme d’environ deux ouvrages par an, Le plat qui se mange froid, Sourire macabre, Cœur insomniaque, Parole d’immondices, Pour une poignée de gombos, Le Hiatus. Le tout dernier paru aussi cette année est Bitume fertile que Sophie Adonon, vivant en France depuis une trentaine d’années, viendra certainement présenter aux Béninois sous peu.
Pascal Hounkpatin
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