Assè André Yaovi ancien président de l’Unseb à propos de la crise qui prévaut à l’Uac ! « Imposer la session unique, c’est exclure les enfants des parents pauvres de l’Université »
La crise qui prévaut actuellement à l’Uac inquiète plus d’un. L’ancien président de l’Unseb ne voulant pas rester en marge de cette situation a décidé de rompre le silence. Dans une interview que nous lui avions accordée il a déclaré que « vouloir imposer la session unique, c’est exclure les enfants des parents pauvres de l’université ».
Depuis des mois il y a une crise qui prévaut à l’Uac. Vous en tant qu’ancien président de l’Unseb comment appréciez-vous cette situation ?
« Cette crise incombe aux autorités en charge de l’enseignement supérieur. On ne peut pas imposer de force la session unique aux étudiants. Or, tout le monde sait que lorsque nous prenons la plupart de ces autorités ainsi que certains professeurs qui pensent qu’il faut faire la session unique, on constate que quand ils étaient étudiants, chacun d’eux a goûté au moins une fois à la session de rattrapage. Et c’est cela qui leur a permis d’évoluer et d’être aujourd’hui à ce niveau. Donc vouloir imposer la session unique, c’est exclure les enfants des parents pauvres. Et nous avons appris qu’ils se sont réuni en assemblée générale notamment les enseignants de la Flash où Sinsin a montré que l’admission des étudiants, anciens ou nouveaux, sera subordonnée à l’étude de dossier. Et vous voyez bien lorsqu’on parle de l’étude des dossiers, il faut avoir de parrain avant de s’inscrire. Donc, c’est une manière d’évacuer les enfants des parents pauvres. Ceux qui n’ont pas l’argent qu’il faut pour s’inscrire à l’Uac. Et nous estimons que les étudiants ont raison de continuer la grève. Il faut qu’ils continuent la lutte jusqu’à ce qu’ils obtiennent satisfaction. Vous prenez les étudiants, ils constituent la force principale de l’Uac. Et puis après, ce sont les enseignants qui sont la force secondaire. Donc lorsque les deux forces sont en conflit, il faut l’intervention des éléments de l’extérieur. Lorsque je parle d’éléments de l’extérieur, il y aura parents d’étudiants, enseignants, les centrales syndicales et même les députés pour aller examiner ce que les étudiants réclament. Le Lmd tel que cela se pratique ailleurs, ce n’est pas le cas chez nous au Bénin. Vous prenez le Sénégal, les gens s’inscrivent en thèse à 75.000f Cfa dans le cadre de Lmd. Mais ici chez nous au Bénin c’est à plus de 800.000f Cfa. On nous dit que c’est planétaire. On ne peut pas payer 75.000f Cfa là-bas et on nous demande 800.000f Cfa ici. Donc à ce niveau, ils sont passés à côté. L’Uac est publique. Ce n’est pas une minorité des maîtres de conférences qui vont imposer leur volonté à la société. Il faut que ce problème soit résolu. Si ce n’est pas résolu vous aurez toujours les situations du genre. Je vais finir pour dire à Sinsin que les étudiants ont participé à son élection de 10% au moins. Mais puisqu’il ne veut pas faire leur volonté, moi je demande aux étudiants au cours de leur seconde assemblée générale de lui retirer les 10% et lui interdire de mettre pied sur le campus. »
Propos recueillis par Boniface Kabla
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