Recherche de financement de projets de développement : Ce qu’il faut savoir des promesses de la table ronde

Publié le mercredi 8 juillet 2015

Déjà plus d’un an que le gouvernement béninois a organisé une table ronde à Paris dans le but de mobiliser des ressources financières pour des projets de développement. Au terme de celle-ci, il était annoncé la mobilisation de plus de six (6) mille milliards de F Cfa. La joie des gouvernants béninois a été incommensurable. Sauf qu’entre les promesses de la table ronde et la mobilisation effective des financements, il y a du chemin. Abdoulaye Bio Tchané, ancien directeur Afrique du Fonds monétaire international (Fmi), invité de l’émission «Eco d’ici, Eco d’ailleurs» de Rfi le samedi 4 juillet 2015, a expliqué le processus.

La joie expressive enregistrée au retour de la table ronde Paris valait-elle la peine ? On se rappelle que la délégation béninoise, le Chef de l’Etat Boni Yayi en tête, a été chaleureusement accueillie à l’aéroport de Cotonou, à son retour de Paris. La liesse populaire était grande sur le tarmac de l’aéroport. Yayi, ses ministres, et autres membres de l’organisation de la table ronde avaient le sourire très large. Puisque le Bénin venait de mobiliser plus de 6.000 milliards pour plusieurs projets de développement. Pour les Béninois, c’est une bonne nouvelle. Cela va certainement impacter de façon positive leur quotidien. Sauf qu’ils devront attendre un peu longtemps. Les 6.000 milliards de F Cfa sont loin d’être dans les caisses de l’Etat béninois. Comme toutes les tables rondes, ce sont des déclarations d’intention qui n’engagent personne. Ce sont juste des promesses qui, avant de se concrétiser par le décaissement des fonds pour le projet auquel le partenaire a manifesté un intérêt lors de la table ronde, doivent passer par des étapes, a expliqué Abdoulaye Bio Tchané sur l’émission «Eco d’ici, Eco d’ailleurs» de Rfi le samedi 4 juillet dernier. Selon les explications de l’ancien argentier du Bénin, la première étape (après la table ronde) consiste à faire des études sérieuses sur les projets et les présenter aux partenaires financiers qui ont fait des promesses. Ces derniers vont ensuite saisir leurs organes compétents afin qu’ils décident ou non du financement du projet à leur présenter. Au cas où le Conseil d’administration du partenaire accepterait le projet, il faudra maintenant constituer un dossier pour disposer du financement du projet par le partenaire. Ce n’est qu’après ces étapes, a souligné Abdoulaye Bio Tchané, que les promesses pourront se concrétiser. Car, pour l’ancien président de la Banque ouest africaine de développement (Boad), les promesses faites aux tables rondes ne constituent aucune garantie. Organiser une table ronde pour enregistrer les promesses des partenaires est bien. En cela, le gouvernement béninois a fait un pas important. Mais de là à annoncer la fin du calvaire des populations n’est pas juste.

Grégoire Amangbégnon


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