Manifestations à Zogona : Des jeunes réclament le départ d'Assimi Kouanda du quartier
En cette matinée dominicale du 14 décembre 2014, nous apprenons que des jeunes du quartier Zogona dans l'arrondissement 5 de Ouagadougou, manifestent pacifiquement pour demander le départ du secrétaire exécutif de l'ex CDP, Assimi Kouanda de la mosquée de Bogodogo où il se trouverait. Certes la mobilisation ne fut pas grande mais la colère des manifestants n'est pas prête de s'estomper de sitôt.
Il est 8h lorsqu'une timide affluence se fait sentir dans le quartier Zogona. Réunis, une trentaine de manifestants demande le départ du dignitaire du régime déchu, Assimi Kouanda, qui aurait élu domicile dans l'enceinte de la mosquée de Bogodogo, selon les manifestants. Le secrétaire exécutif de l'ex CDP est devenu persona non-grata dans son « QG » d'antan à l'heure où les plaies des événements récents peinent à se cicatriser. Le rassemblement qui s'est voulu « non-violent » fut éphémère. Pour Olivier Fabrice Baguira, la mobilisation s'est heurtée aux conseils de personnes âgées qui ne sont que des marionnettes à la solde d'Assimi Kouanda. Très remonté contre la présence de celui qui défendait mordicus la modification de l'article 37, M. Baguira nous a livré un témoignage sur des menaces que certaines personnes du quartier auraient reçu de la part de Monsieur Kouanda.
Près de 6 personnes auraient reçu des menaces
Assimi Kouanda aurait proféré des menaces à l'encontre de personnes âgées et de quelques familles, telles que celles Konté, Derra et Sawadogo, nous confie Baguira. Il jugeait que celles-ci étaient à l'origine des saccages orchestrés dans sa résidence. Près de six personnes seraient donc dans le collimateur de l'homme politique dont le jeune Sawadogo Moudou. C'est pour prendre à témoin l'opinion nationale, que les jeunes ont organisé la manifestation. Ils mettent ainsi en garde le secrétaire exécutif de l'ex CDP sur la sécurité de personnes qui figurent sur sa « liste noire »
Selon toujours Olivier Baguira, les menaces dont ils font l'objet datent de la veille de l'insurrection populaire, c'est-à-dire le 29 octobre 2014. Lui et ses camarades, intimidés et en insécurité, s'étaient rendus aux éditions Le Pays pour prendre à témoin la presse avant d'appeler, le numéro vert de la police, car des hommes de Assimi Kouanda étaient postés au plateau de Zogona. Mais face au silence qui s'en est suivi, ils ont décidé eux-mêmes de se faire justice en chassant par la force ceux qu'ils disent appartenir à sa « milice ». Ce même jour, le fils de ce dernier, Kader Kouanda aurait lancé à notre interlocuteur Baguira ces mots suivants : « Demain, on verra à qui appartient le quartier ». Un mois plus tard, les jeunes estiment que les blessures ne se sont pas encore cicatrisées et ils demandent au Premier ministre Yacouba Isaac Zida, de faire quitter Assimi Kouanda du quartier et que justice soit rendue aux familles des victimes de l'insurrection populaire.
Au moment où nous échangions avec notre interlocuteur Baguira, des hommes à la carrure impressionnante sillonnaient les alentours de la Mosquée. Ils répétaient les mêmes gestes en lançant des regards furtifs dans notre direction. « Ce sont eux ! Les bras-droits d'Assimi. Ce sont eux qui lui rendent compte de tout ce qui se passe à l'extérieur », lança un jeune adolescent, le regard inquiet.
Pour des raisons de la pratique journalistique, nous décidons de prendre l'avis d'une des personnes âgées assises près de l'entrée principale de la mosquée :
« Nous avons vu des tracts hier nuit qui parlaient de manifestation ce matin pour demander le départ de Assimi Kouanda du quartier. Depuis 8h, nous sommes là mais nous n'avons pas encore vu de manifestants. Ce sont des enfants mal-éduqués, nous les attendons ». Puis, il poursuit : « Assimi a grandi dans ce quartier, voilà la cour de son papa (ndlr : côté ouest de la mosquée de Bogodogo), personne ne peut lui dire de quitter ce quartier… Si c'est ça la politique, ce n'est pas la peine ». A la question de savoir s'ils ont saisi l'autorité administrative compétente pour assurer la sécurité de Assimi Kouanda, il répond par l'affirmative, tout en précisant : « les autorités nous ont demandé s'il faut envoyer des forces de l'ordre mais, nous avons demandé d'attendre pour le moment. Nous pouvons assurer notre propre sécurité ».
Au moment où nous quittions les lieux, Assimi Kouanda était toujours dans la mosquée en compagnie d'autres personnes.
Moussa Diallo
Frédéric Hermann Bassolé
Lefaso.net
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