Un peu de visibilité sur les réformes universitaires

Publié le lundi 10 octobre 2016

L’enseignement supérieur au Bénin est à l’ère des grandes réformes. Malheureusement, très peu de parents d’étudiants sont informés de ces réformes-là. Mis à part le resserrement de la carte universitaire qui a fait grand bruit, plusieurs autres réformes sont déjà annoncées par les autorités universitaires, avec à leur tête, le Recteur Brice Sinsin de l’Université d’Abomey-Calavi. Les Recteurs des autres Universités, on les entend malheureusement moins.

A la rentrée prochaine, l’accès dans les facultés ne sera plus possible pour n’importe quel quidam. Pour s’inscrire, chaque étudiant doit d’abord obtenir le quitus d’une commission qui a préalablement statué sur son dossier. Tant pis pour les enfants de pauvre qui n’auraient pas été retenus. Cette réforme, beaucoup de parents ne la connaissent malheureusement pas encore.

En dehors de cette réforme dont l’une des conséquences pourrait être l’impossibilité aux enfants de pauvres d’accéder à l’enseignement supérieur, plusieurs autres réformes ont été annoncées il y a quelques jours par le Recteur Brice Sinsin. Ces réformes touchent la Faculté des lettres, arts et sciences humaines. Selon les informations révélées par nos confrères du Journal  » La Nouvelle Tribune », cette grosse faculté en termes d’effectif et de départements n’existera plus. Elle sera saucissonnée en plusieurs instituts. On aura donc l’Institut des arts, l’Institut de géographie, l’Institut des sciences sociales, l’Institut des sciences de l’éducation…Il est aussi annoncé que l’Ecole du patrimoine africain (Epa) sera placée sous la tutelle scientifique de la Flash tout en gardant son statut d’Institution internationale comme l’Irsp qui est sous la tutelle scientifique de la Faculté des sciences de la santé.

L’initiative est louable car elle permettra les grands problèmes auxquels l’Université d’Abomey-Calavi et les autres universités naissantes sont confrontées dans leur fonctionnement et dans l’organisation de la transmission puis de l’évaluation de la connaissance dans ce haut lieu du savoir. Oui ! Osons le dire. La pagaille a assez duré au point où on se demande s’il faut continuer par accorder du crédit aux diplômes qui sont délivrés par les Universités publiques du Bénin.

Tout en saluant ces premiers pas qui sont posés, nous plaidons pour qu’une grande visibilité soit donnée à ces réformes. Elles doivent être connues de tout le monde et non d’un petit groupe. L’information autour de ces réformes doit être accessible à tout le monde et non à une minorité. Encore qu’il est temps, les grands médias du pays doivent être mis à contribution pour éviter l’intoxication dont les réseaux sociaux sont des spécialistes.

Au-delà des facultés classiques, le ménage doit être aussi fait dans certaines écoles et instituts. Oui ! Il y règne dans ces écoles un désordre qui ne dit pas son nom. L’entrée dans les écoles et autres Institut de l’Université d’Abomey-Calavi par exemple, et pourquoi pas des autres Universités n’est plus au mérite. L’espèce sonnante et trébuchante a commencé par dicter sa loi, faisant ainsi le lit à une généralisation de la privatisation de l’enseignement supérieur. La tendance peut être inversée. Au nom de la qualité de l’enseignement dispensé dans ces hauts lieux du savoir.

C’est mon cri de cœur !

 

Affissou Anonrin


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