Présidence de la Caf : Encore une trouvaille pour le monarque Hayatou

Publié le lundi 10 octobre 2016

Après une trentaine d’années à la tête de la Caf, tout est fait pour que le Camerounais Issa Hayatou meurt président. C’est vraisemblablement l’objectif de l’une des dernières réformes de l’institution.

Issa Hayatou, le président de la Confédération africaine de football (Caf) veut-il mourir à la tête de l’institution faitière du football du continent noir ? Pour le moment, et tenant compte des dernières manœuvres, tout porte à le croire.

 

Un règne et des coups bas

 

Après plus de 28 ans de règne sans partage, le patriarche camerounais, 70 bougies bien comptées, a une nouvelle opportunité pour rester. Encore pour douze autres années supplémentaires. Et pour cause !

Lors des dernières assises de la Caf, il s’est agi, entre autres réformes, du nombre de mandats à la tête de l’institution faitière du football africain. Et en l’occurrence, celui du président. Désormais, il n’est plus possible au président de la Caf de faire plus de trois mandats. En d’autres mots, le président de la Caf peut faire au maximum trois mandats. Contrairement à ce qui se faisait où le nombre de mandats est illimité. Ce qui a permis au Camerounais Issa Hayatou de régner depuis 1988 où il a succédé à l’Ethiopien feu Ydnekatchew Tessema.

A priori, cette réforme est une avancée puisqu’il ne plus possible à un président de faire plus de trois mandats de quatre ans. Mais la réforme aurait pu aller plus loin en précisant que Issa Hayatou qui finit bientôt son 7e mandat n’est plus rééligible. C’est vrai, la loi dispose pour l’avenir. Mais dans le cas d’espèce, la rétroactivité de cette mesure aurait pu être judicieuse et révolutionnaire. Mais en réalité, très peu de présidents de fédération sont capables de défendre cette position devant le « grand manitou ».

 

Hayatou doit arrêter

 

Beaucoup pensent la même chose et craignent que IssaHayatou continue son règne. Mais ils préfèrent murmurer, voire se taire pour ne pas subir la colère de ce dernier. L’exemple de l’Ivoirien Jacques Anouma ou du Nigérian Amos Adamu sont là pour dissuader plus d’un. Pour avoir tenté d’exprimer son intention de  briguer la présidence de la Caf, Jacques Anouma, alors président de l’Union des fédérations ouest-africaines de football (Ufoa), fut déstabilisé. Il perd son poste au profit du Nigérian Amos Adamu, et rentre dans le rang. Plus tard, ce dernier n’a pas non plus été épargné. Ses problèmes sont même venus de l’intérieur de son propre pays.

Cependant, il est à souhaiter que le président de la Caf prenne enfin de la hauteur et sorte par la grande porte. Même s’il a l’opportunité de prolonger son règne, Issa Hayatou doit pouvoir dire stop. A tous ses thuriféraires et laudateurs qui le pousseraient à s’accrocher, il doit leur donner la belle leçon en prenant sa retraite. Ainsi, son successeur pourra apporter des idées nouvelles pour relooker le football africain. Issa Hayatou a beaucoup fait pour le football du continent noir.

C’est que vendredi dernier sur l’émission « Radio foot international » de notre confrère Rfi, il a relativisé en laissant entendre qu’il réfléchit encore à une éventuelle candidature. Même si c’était le cas, Issa Hayatou a martelé qu’il ne fera pas les trois mandats possibles. Promesse sincère ou fallacieuse ? difficile d’y croire. Puisqu’il a dit qu’après le Mondial sud-africain, il ne sera plus candidat. La suite, tout le monde la connait.

En 28 ans, il a pratiquement apporté tout ce qu’il pouvait. Place donc à d’autres. Pour vraiment rentrer dans l’histoire… Avec prestance et élégance.

Pascal Hounkpatin


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