Phase nationale du championnat de maracana : Pourquoi l’expérience de la délocalisation doit être renouvelée
Les 30 et 31 juillet derniers, la ville de Bohicon a accueilli l’édition 2016 de la phase nationale du championnat de maracana. Malgré les dysfonctionnements, l’expérience doit se poursuivre.
C’est encore une certitude après la phase nationale du championnat de maracana. Les équipes de Cotonou dominent pour le moment la discipline au Bénin. Une logique certaine lorsqu’on sait que cette discipline est vulgarisée à partir la capitale économique du Bénin. Mieux, les trois précédentes phases finales se sont déroulées à Cotonou.
Des leçons à tirer
Et cette fois-ci encore, les trois trophées mis en jeu sont rentrés dans les vitrines des équipes venues de cette partie du Bénin. A titre illustratif, Rafales Maracana Club de Hêvié (commune d’Abomey-Calavi), engagé chez les Opens (25 à 34 ans) et les Vétérans (45 ans et plus) a remporté les deux trophées. Pour sa part, Maracana Club Amitié (MCA) a gagné avec la manière le 3e et dernier trophée en compétition. Coïncidence pour coïncidence, les deux équipes victorieuses s’entrainent souvent ensemble sur l’esplanade intérieure du stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou. C’est dire que le travail ne ment pas, et cela doit faire des émules.
Cependant, il est important de tirer quelques leçons de cette quatrième édition afin de mieux organiser les prochaines éditions, surtout en version délocalisée.
En effet, le fait de faire jouer l’édition 2016 de la phase nationale du championnat de maracana hors de Cotonou peut paraitre comme une mauvaise décision lorsqu’on tient compte des conditions de son déroulement. Car, loin de se cacher la face, il est à souligner que tout n’a pas été rose. Et la première remarque est le retard dans la mise place des équipements. Prévue pour se tenir au Lycée technique de Bohicon, les organisateurs ont opté au dernier moment que la compétition se déroule sur le gazon synthétique du stade municipal Thomas Tomanaga. Ce n’est pas une mauvaise chose soi, mais ce changement de site a perturbé, voire retardé le démarrage de l’événement. De même, l’utilisation de la pelouse synthétique pour la première fois dans une compétition officielle de maracana a été une innovation avec ses atouts et ses faiblesses. C’est vrai, les acteurs se sont exprimés avec aisance. Très peu de joueurs se sont plaints de blessures, courbatures et autres maux d’articulations (genoux, chevilles etc.), contrairement aux surfaces dures (goudron, terrasse, plancher) utilisées auparavant. Mais, cela a favorisé un jeu beaucoup plus heurté où les protagonistes ont confondu parfois le maracana au football. Souvent, les contacts sont très virils, les tacles glissés et autres actes prohibés au maracana ont refait surface. D’où les réactions parfois virulentes des mis en cause lorsque les arbitres décident de sanctionner.
Des absences remarquables
L’autre point de faiblesse de cette édition est l’absence remarquée du président de la Fédération béninoise de maracana (Fébéma) et celle du maire de Bohicon, ville hôte de l’événement. Leur absence a été ressentie comme un manque d’intérêts pour la compétition, même si on peut comprendre que des contretemps peuvent subvenir à tout moment. Heureusement que le ministre des Sports, Oswald Homéky, a sauvé les meubles en procédant au lancement de quelques rencontres chez les vétérans.
Quant à l’arbitrage, il reste trop moyen au plan de la performance. Certain ont confirmé leurs lacunes notoires, voire leur parti pris, tandis que d’autres ont fait l’effort de s’améliorer. Et c’est le moment de tirer un coup de chapeau à Rodolphe Sourou, souvent mis sur la sellette, mais qui a plus ou moins donné satisfaction.
Cependant, on a remarqué un engouement du public, d’où la naissance de nouvelles vocations au sein de la jeunesse sportive de Bohicon et environs. Beaucoup de jeunes ont découvert le maracana dans toutes ses dimensions, et ont promis le pratiquer désormais.
C’est dire que la décision de délocaliser la phase nationale doit être encouragée. Il est important de permettre aux Béninois des autres localités de découvrir le maracana et de se faire une réelle opinion sur cette discipline. Donc la Fébéma doit continuer dans cette voie. Seulement, elle doit fonctionner sur la base de cahier des charges, et s’assurer que les moindres détails sont pris en compte. Aussi, le président Philippe Totondé et ses collaborateurs ont-ils l’impérieuse obligation de se faire accompagner de sponsors au risque de faire les choses toujours au rabais. Malgré leur bonne volonté. Ce qui ne permettra jamais au maracana de s’épanouir.
Pascal Hounkpatin
La phase départementale, une exigence
Le championnat national de maracana, dans sa phase nationale, a vécu. Bien vécu même. Aujourd’hui, chacun fait son bilan. Si des clubs peuvent se frotter les mains pour s’être tirés à bon compte, d’autres doivent reconnaitre qu’ils n’ont pas fait le nécessaire pour mériter mieux que ce qu’ils ont obtenu à Bohicon. Au vu de qui a été observé sur place, il n’est pas superflu de recommander à la Fébéma d’exiger des entités de l’intérieur une phase départementale. C’est vrai, il sera peut-être question de mettre en place des ligues régionales. Soit ! Il faut le faire ou trouver la manière de faire jouer des équipes de la même zone afin de leur donner plus compétitions. L’édition de Bohicon a prouvé que les équipes venues de l’Atlantique-Littoral étaient plus en jambes. Car, il y a eu une phase départementale qui leur a également servi de préparation. Ce qui explique que les trois trophées soient repartis à Cotonou. Cependant, il faut saluer la prestation de Pobè chez les seniors. Considéré comme un donneur universel de points, cette équipe a sonné la révolte en posant de sérieuses difficultés à ses adversaires. La preuve, Pobè s’est classé 4e sur 7 équipes devant AAFAC, pourtant championne sortante. Bohicon a tenté de sortir la tête de l’eau, mais cela reste toujours poussif. Abomey n’a rien prouvé, malgré son expérience et son ancienneté. Même dans l’Atlantique-Littoral, le problème se pose. Chez les vétérans, il n’y a eu que deux rencontres entre Godomey MC et Rafales MC. Ce qui reste largement insuffisant. Or, ces équipes constituent l’ossature de la sélection nationale. Donc, la Fébéma doit changer de fusil d’épaule, et faire sans complaisance l’option des phases départementales ou régionales obligatoires. P.H
Classement général
Opens
1er Rafales MC 12 points +5
2e MCA 11 +6
3e ABAM 09 +7
4e 1000 Héros 06 -2
5e Abomey 04 -3
6e Bohicon 03 -2
Seniors
1er MCA 18 points +15 2e ABAM 15 +13
3e SACR 11 +04
4e Pobè 10 +02
5e AAFAC 05 -08
6e Abomey 04 -13
7e Bohicon 00 -06
Vétérans
1er Rafales MC 09 points +05
2e Bohicon 06 +05
Godomey MC 03 +01
4e Abomey MC 00 -12
Pascal Hounkpatin
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