Réactions contre les remises en cause des décisions de justice : L’Unamab offre encore une chance au gouvernement Talon
Le Gouvernement de Patrice Talon a encore quelques jours pour régler la crise qui l’oppose à l’Union nationale des magistrats du Bénin (Unamab). Réunis en Assemblée générale le vendredi 17 juin 2016, les membres de ce creuset de défense des droits des magistrats que préside M. Michel Adjaka n’ont pas conclu à un mouvement de grève d’avertissement comme cela se profilait à l’horizon. Ils ont opté pour une mise en garde formelle au gouvernement afin qu’il puisse trouver lui-même les voies de sortie de crise.
Dans la déclaration de presse qui a sanctionné l’Assemblée générale extraordinaire du 17 juin 2016 (lire ci-dessous), l’Unamab a mis le gouvernement en garde contre toute tentative de remise en cause des décisions de justice et lui demande de prendre sans délai les mesures idoines afin que l’ordonnance bafouée produise son plein et entier effet. Allusion est en effet faite à l’ordonnance N°76/PT-PN/2016 rendue le 09 juin 2016 par le Tribunal de Première Instance de Première Classe de Porto-Novo à l’effet d’ordonner au Comité de Normalisation (CONOR) de suspendre la tenue du congrès électif du comité exécutif de la Fédération Béninoise de Football qui n’a pas été exécutée bien que significations aient été faites par exploits d’Huissier au Président du CONOR dans les délais. « En dépit de ces significations, le CONOR, avec l’appui de la force publique, a en effet organisé le vendredi 10 juin 2016, le congrès électif suspendu », a déploré l’Unamab. Ne pouvant donc rester insensibles à cet acte ignoble, Michel Adjaka et les siens prennent à témoin l’opinion publique nationale et internationale sur les risques de dérives que recèle le comportement du gouvernement et le rendent par conséquent responsable des déconvenues qui résulteraient de cette fâcheuse situation.
Dans l’opinion publique, la démarche de l’Unamab a été saluée par beaucoup d’observateurs. Ces derniers estiment qu’avant de tuer un poulet, il faut lui donner de l’eau. Et c’est justement ce qu’a fait l’Unamab. On attend donc la réaction qu’aura le gouvernement par rapport à cette démarche des magistrats. Si rien n’est fait, on n’accusera pas l’Unamab de n’avoir pas donné le temps qu’il faut au gouvernement avant de déclencher ses mouvements de grève.
Affissou Anonrin
DÉCLARATION DE PRESSE DE L’UNAMAB
L’Union Nationale des Magistrats du Bénin (UNAMAB) s’est réunie en Assemblée Générale Extraordinaire ce jour vendredi 17 juin 2016.
Était inscrit à l’ordre du jour, le point relatif à la position de l’UNAMAB sur l’inexécution de l’ordonnance n°76/PT-PN/2016 rendue le 09 juin 2016 par le Tribunal de Première Instance de Première Classe de Porto-Novo.
Des faits de cette situation, il ressort que le 09 juin 2016, vingt (20) clubs de la Fédération Béninoise de Football ont saisi le président du Tribunal de Première Instance de 1ère Classe de Porto-Novo à l’effet d’ordonner au Comité de Normalisation (CONOR) de suspendre la tenue du congrès électif du comité exécutif de la Fédération Béninoise de Football.
Faisant suite à cette requête, le Président du Tribunal de première Instance de Première Classe de Porto-Novo a ordonné la suspension sans délai du congrès électif de la Fédération Béninoise de Football prévu pour se tenir le vendredi 10 juin 2016.
Par acte d’huissier en date du même jour, l’ordonnance a été signifiée au Comité de Normalisation (CONOR) de la Fédération Béninoise de Football, aux Ministères en charge de la Défense Nationale, de l’Intérieur et du Sport.
En dépit de ces significations, le CONOR, avec l’appui de la force publique, a organisé le vendredi 10 juin 2016, le congrès électif suspendu.
Par ce fait, le Gouvernement, au lieu de prêter main forte à l’exécution de l’ordonnance rendue par le Tribunal, a préféré et ce, en violation des articles 59 et 127 de la Constitution du 11 décembre 1990, cautionner la violation de ladite ordonnance.
Cette attitude traduit un grave mépris pour le principe de la séparation des pouvoirs et paraît surprenante lorsque l’on sait que le régime actuel a fait la promesse de renforcer le pouvoir judiciaire.
Ne pouvant rester insensible à cet acte ignoble, l’UNAMAB prend à témoin l’opinion publique nationale et internationale sur les risques de dérives que recèle le comportement du gouvernement.
L’UNAMAB met le gouvernement en garde contre toute tentative de remise en cause des décisions de justice et lui demande de prendre sans délai les mesures idoines afin que l’ordonnance bafouée produise son plein et entier effet.
L’UNAMAB rend le gouvernement responsable des déconvenues qui résulteraient de cette fâcheuse situation.
Fait à Cotonou, le 17 juin 2016.
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