Lancement officiel du rapport national sur le développement humain 2015 : L’agriculture et la sécurité alimentaire comme priorités

Publié le mercredi 8 juin 2016

Le rapport national sur le développement humain durable couvrant la période 2014-2015 est désormais disponible. Il a été officiellement lancé hier mardi 7 juin 2016 par M. Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du développement à Azalaï Hôtel de la Plage de Cotonou. Il avait à ses côtés son collègue de l’agriculture Delphin Koudandé et Odile Sogho Moulinier, Représentante résidante par intérim du Pnud au Bénin.

Après avoir traité successivement des thématiques de la pauvreté, du rôle des femmes, de la création d’emplois durables, de la gouvernance, de la décentralisation, du financement du développement, du Vih/Sida, de la Responsabilité sociale, de la corruption, de la sécurité humaine, le Rapport national sur le développement humain (RNDH) 2014-2015 lancé par le Ministre Abdoulaye Bio Tchané aborde le thème « Agriculture, Sécurité alimentaire, Développement humain au Bénin ».

Les analyses de ce rapport présenté par M. Janvier Polycarpe Alofa, Economiste au Pnud arrivent à la conclusion selon laquelle les efforts doivent être concentrés sur des stratégies qui mettent l’homme au centre de l’action, qui mettent l’être humain à l’abri du besoin, qui le libèrent de la peur, qui lui offrent la possibilité et l’opportunité de vivre dignement et aussi longtemps que possible. Par ailleurs, le RNDH 2014-2015 soutient que « si l’agriculture est bien pensée et sous-tendue par des politiques et stratégies adéquates, elle ne manquera pas d’impacter positivement la lutte contre la faim et l’insécurité alimentaire, mais aussi l’accès des populations aux moyens économiques et sociaux, contribuant ainsi au développement humain ». Cette conclusion n’a d’ailleurs pas été tirée sans faire un réel état des lieux.

 Etat des lieux et recommandations

 Avec une proportion de 11,2% de population souffrant de la faim, le Bénin figure parmi les rares pays au monde, qui ont réussi à atteindre la cible des Objectifs du millénaire pour le développement liée à la sécurité alimentaire en 2014. En 25 ans, la prévalence de la faim a été réduite de moitié au Bénin, passant de 22,5% en 1990 à 11,2% en 2014. L’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de 5ans varie entre 17% et 19% (INSAE, 2011). Les mesures prises en faveur de la mère et de l’enfant dans le cadre de la lutte contre le paludisme, la meilleure prise en charge prénatale ont contribué à cette performance. Bien que le Bénin soit parvenu à se hisser à la 2è place des pays où la faim est moins prononcée en Afrique de l’Ouest, il demeure dans la catégorie des pays où le niveau de la faim est jugé avec un score compris entre 10 et 19,9.

Selon le rapport présenté par M. Janvier P. Alofa, « la production agricole ne satisfait pas encore les besoins alimentaires des populations ». « La faible productivité et l’accès limité aux marchés locaux et internationaux maintiennent une large frange de la population, surtout rurale dans la pauvreté et dans l’insécurité alimentaire », a-t-il poursuivi. Par ailleurs, il a révélé que « 23% des ménages ont une consommation alimentaire inadéquate, ne leur permettant pas de mener une vie active saine ». Au total, « Le Bénin est un pays à faible développement humain avec un indice (IDH) estimé à 0,4880 en 2014, soit un accroissement moyen annuel de 1,5% au cours de la période 1980-2014 ». Selon des données statistiques, « plus de 06 Béninois sur 10 souffrent de la pauvreté multidimension-nelle et l’espérance de vie s’est accrue de 12,3 ans, atteignant 59,6 ans en 2014 ».

« Pour que la sécurité alimentaire contribue au développement humain, il est nécessaire de garantir les droits à l’alimentation, de favoriser l’augmentation des rendements agricoles pour stimuler l’alimentation, l’emploi et les revenus », a indiqué M. Alofa. D’ailleurs, le rapport qu’il a présenté recommande d’agir selon les quatre axes inter-reliés que sont : (i) augmenter la productivité agricole pour améliorer la disponibilité et l’accessibilité aux aliments, (ii) inscrire la nutrition au cœur des politiques publiques et mettre en œuvre une politique nutritionnelle de qualité (iii) renforcer la résilience des populations afin de préserver l’accès à la nourriture et enfin (iv) favoriser l’autonomisation des populations rurales.

 Importance et objectif des RNDH

 Dans son intervention, Mme Odile Sogho Moulinier a surtout insisté sur l’importance que revêt pour le Pnud l’institutionnalisation des RNDH à travers le monde entier. « Pour le Pnud en effet, les RNDH représentent d’importants piliers de son travail de soutien aux gouvernants et aux Etats en matière de Politiques et de stratégies de développement. A cet effet, l’objectif principal des RNDH est d’informer le public et de lancer des actions qui contribueront à résoudre les problèmes de développement humain les plus préoccupants. Les RNDH contribuent aussi de façon significative à renforcer la capacité statistique et analytique nationale, et constituent un média important permettant d’atteindre les buts fixés par la communauté internationale dans le cadre des ODD », a dit Mme Odile Sogho Moulinier.

 Engagements du gouvernement

« Le ministère de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche est heureux de l’intérêt que la communauté aussi bien nationale qu’internationale accorde à la problématique de la sécurité alimentaire et la lutte contre la faim au Bénin. Ceci nous rassure que vous ne ménagerez aucun effort pour nous accompagner dans la mise en œuvre de la nouvelle vision imprimée par le Président Talon », a dit le ministre Delphin Koudandé de l’agriculture. Il a donné l’assurance que les lignes directrices pour l’action publique contenue dans le RNDH 2014-2015 feront l’objet d’exploitation intelligente dans la vision du Chef de l’Etat.

Pour le Ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, « l’édition 2015 du RNDH met en lumière une donnée qui offre de nombreuses raisons d’espérer pour l’avenir de notre pays ». « Afin de relever définitivement le défi de la sécurité alimentaire, le gouvernement de Patrice Talon a déjà pris des mesures urgentes hissées au rang de priorités », a-t-il poursuivi. L’une de ces priorités, a révélé le Ministre d’Etat sera de mettre à la disposition du secteur de l’agriculture d’importantes ressources. « Pour soutenir le plan qui a été mis en œuvre, il est envisagé la création d’une Agence pour le développement agricole. Par ailleurs, l’Etat mettra à la disposition des exploitants agricoles des machines et outillages modernes pour accroître les rendements et réduire la pénibilité. Pour soutenir ces réformes dans le secteur, il sera mis en place avec les établissements financiers et compagnies d’assurance, une entité qui se chargera de la mise en œuvre de la politique de l’Etat en matière sociale, notamment les retraites, la maladie…Pour une meilleure compétitivité des exploitants agricoles, l’Etat va défiscaliser un certain nombre de facteurs de production », a dit le Ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané qui a conclu ses propos par cette phrase : « Il est grand temps pour nous de profiter des atouts qui nous ont été donnés et de faire de notre pays le grenier de l’Afrique de l’Ouest ». Tout un programme de société. N’est-ce pas ?

Affissou Anonrin


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