Discographie béninoise : L’opus « Emi », le nouveau-né de Jah Baba déjà apprécié par tous
L’artiste chanteur musicien Jah Baba vient de mettre sur le marché du disque son nouvel album. Baptisé « Emi », l’opus, est d’après les mélomanes, est un véritable chef-d’œuvre. Il a été présenté au public, le vendredi 3 juin 2016, lors d’une cérémonie dite de lancement officiel tenue à Africa Sound City à Cotonou.
D’un volume de 12 morceaux, « Emi », signe désormais le deuxième livre sonore de l’artiste Jah Baba dans le monde musical. Ce disque, fruit de nombreuses années de dur travail de l’artiste , est véritable cocktail de plusieurs rythmes traditionnels communs au Bénin et au Nigéria. A l’instar de son premier album‘’A rise’’, lancé en 2011 à Cotonou, dans « Emi », l’artiste s’est investi à donner des mélodies impeccables et bien agréables à tous ceux qui vont écouter le produit. Il a modulé le rythme afrojazz auquel il a associé plusieurs autres rythmes traditionnels dont le Ogbon, le Bolodjo, le Agba, le Agban, le Sèlèguèdjo. Dans ce disque, l’artiste aborde pas mal de thèmes de société. Ces douze morceaux abordent entre autres, l’amour, la joie, la paix, le bonheur. A travers l’opus, l’artiste se transforme en donneur de leçons et invite tous ceux qui vont écouter les différents morceaux de cet album à promouvoir l’amour, la paix, le bonheur à travers leurs comportements. D’après les explications de Jah Baba, ‘’Emi’’, c’est un mot qui a deux sens et comporte beaucoup de messages. C’est en langue yoruba et on peut y comprendre, ‘’moi’’ et ‘’l’esprit’’, en plus simple ‘’mon esprit’’ en langue française. « Dans ‘’Emi’’, je veux parler de la transe qui n’est que l’état métaphysique dans lequel les adeptes du vodoun, aux temps anciens se trouvaient quand ils chantaient. La transe, c’est ce qu’on n’entend pas, qu’on ne voit pas pendant qu’on chante et c’est ce que j’exprime dans mon dernier album », ajoute l’artiste. C’est la faveur d’un dîner suivi d’un concert que ce nouveau-né de l’artiste a été présenté au public. Pour la circonstance, soutenu par ses collègues artistes du Bénin et du Nigéria en l’occurrence l’artiste Nigérian Olatoundé Obadjèkoun , l’artiste a saisi ce lancement pour offrir aux mélomanes de déguster avec appétit un à un les morceaux de cette œuvre phonographique. Le public séduit par la qualité de l’œuvre n’a pas tari d’applaudissements à l’endroit de l’artiste. Aussi ont-ils esquissé pour la circonstance quelques pas de danse.
Un artiste pétri de talents !
Connu à l’état civil sous l’appellation de Oladipo Abiala , Jah Baba est un ingénieur de son et électronicien de formation. « Le surnom ‘’ Jah Baba’’, c’est mon fils qui me l’a donné. En réalité, il a commis une faute que je lui ai toujours reprochée et je n’ai pas hésité à le corriger. Quand son oncle lui a demandé qui l’avait frappé, ne pouvant dire que c’est papa, il s’est souvenu de l’histoire qui dit que quand Dieu est en colère, on l’appelle ‘’Jah’’ et ‘’Baba’’ en langue yoruba veut dire papa. Il a donc répondu à son oncle que c’est ‘’Jah Baba’’ qui veut dire ‘’mon père en colère’’ m’a tapé. C’est ainsi que tous ont commencé par m’appeler ‘’Jah Baba’’ », confie Jah Baba. En effet, l’homme a atteint le virus de la musique depuis mon enfance car il a grandi dans une famille où la musique occupe une place importante. De plus, avec sa religion, on a l’obligation de rentrer dans la chorale. « C’est grâce à ma grand-mère et à mon père, un homme de rigueur que je me suis appliqué à faire de la bonne musique. Mon père était strict en ce qui concerne la création musicale. », livre l’artiste qui chante en langues nationales fon, mina, goun et yoruba qui est sa langue maternelle. La musique de Jah Baba est basée sur la musique traditionnelle béninoise et africaine en général. Il travaille sur des rythmes originaux et ancestraux qui sont souvent joués dans les couvents pour des cérémonies à savoir le : massègohoun, le zinli, le kaka, le kété, le ogbon, le iwé, le bolodjo, le djoudjou, le hilief… Ces rythmes typiquement béninois sont accompagnés d’instruments de percussion particuliers. Il y a le gangan, le bata, le kpahlouè, le atcha, le téhoun, le gong, le talking drum. Tous ces rythmes sont mélangés avec un instrument moderne et du jazz. Voilà un peu ce qui fait la particularité de l’artiste musique. ‘’Affro jazz’’ est le genre de musique qu’il fait souvent. Cette musique est basée sur les musiques béninoise, nigériane et africaine avec quelques notes de Jazz. Jah Baba nourrit plusieurs ambitions pour la promotion de la musique et de la culture africaine. Son centre Africa Sound City (Asc) basé à Cotonou, est l’un des projets qu’il entend mettre en œuvre pour y parvenir. Asc est un centre culturel qu’il a créé et qui est ouvert à tous les musiciens pour des spectacles. Il l’a créé pour permettre à des artistes comme lui de travailler à plein temps. Asc vient renforcer en quelque sorte la saturation au niveau de l’Institut français de Cotonou. L’objectif est d’encourager les gens à aller vers le live qui est une musique plus concrète en Afrique. Il permet au musicien de se mettre dans les conditions de concert pour transmettre de la bonne musique à tous ceux qui vont suivre ces spectacles. Ce centre accueille les artistes de partout dans le monde, Ghana, Usa, Belgique, Canada, Togo, France et le Bénin.
Victorin Fassinou
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