Trois questions au Directeur Erick-Hector Hounkpê : « Le Fitheb Migratoire est pour élargir la base de la biennale pour commencer par préparer sa rentabilité économique »

Publié le dimanche 29 mai 2016

 Après l’épiphanie théâtrale, version «Jononxi»  qui s’est tenue  du 23 mars  au 31 mars 2016 à Cotonou, place est désormais donnée au Fitheb Xwexi  2016 qui a ouvert ses portes par l’étape de Natitingou.  Du mercredi 25 au samedi 28 mai, ce Fitheb migratoire a permis aux populations de Natitingou de redécouvrir la culture béninoise à travers essentiellement des activités dominées par le théâtre. Dans cet entretien,  le Directeur du  festival international du théâtre du Bénin (Fitheb), Erick-Hector Hounkpê revient sur les raisons qui ont motivé à initier un tel projet qui va parcourir plusieurs villes du Bénin. Aussi dit-il que le Fitheb migratoire a été initié pour  élargir la base du Fitheb afin de  commencer par préparer sa rentabilité économique.

Pourquoi un Fitheb migratoire après la biennale ?

Pour trois raisons fondamentales. La première est communicationnelle. C’est continuer la campagne pour la visibilité du festival sur toute l’année. C’est important. Il faut sortir le Fitheb de l’ombre. Il faut faire en sorte qu’il soit vu pas seulement par des professionnels et des genres de grandes villes mais presque par tout le monde. Deuxième raison, c’est élargir la base du Fitheb pour commencer par préparer sa rentabilité économique. C’est-à-dire, en faisant que les populations s’approprient le festival, on vendra plus de tickets demain, parce qu’on aura préparé des gens à être des consommateurs non gratuits, mais qui payent ; on aura préparé des gens qui acceptent que quand on va au spectacle on paye. Mais si vous n’allez pas vers eux pour les sensibiliser, ils ne pourront pas sortir après pour aller vers les lieux de spectacle. Dessous l’idée de rentabilité économique, ça va nous aider à installer les clubs des amis du Fitheb un peu partout et à faciliter la vente des tickets dans tous ces milieux pour que dès qu’il y a activités Fitheb, des gens y aillent parce qu’ils sont déjà comme fidèles. La troisième raison fondamentale, c’est simplement faire en sorte qu’on ne vive pas le Fitheb quelques jours et que cela s’arrête. Cela démobilise les professionnels et n’aide pas à animer professionnellement le secteur théâtral. Les créations qu’on fait pour le Fitheb se jouent deux, trois, cinq fois pendant le Fitheb, et il n’y a plus de nouvelles dates. Ça n’est pas bien, il faut corriger et faire en sorte que sur l’année, les créateurs aient des moments de représentation de leur spectacle.

Le lancement à Nati-tingou et non à Cotonou, quels sont les motifs ?

Le grand marché Fitheb, le ‘’Jononhi’’ a commencé au Sud, a été lancé à Cotonou et à couvert Cotonou, Porto-Novo, Abomey, Lobogo et Parakou. Et donc on n’est pas allé au fin fond du nord. Le Bénin n’est pas que le Sud. Donc pour la deuxième étape, le migratoire, nous avons estimé qu’il doit être lancé depuis le nord pour descendre. Et nous avons choisi l’une des villes emblématiques, Natitingou parce qu’il faut comprendre que cette ville est considérée comme chef lieu de Toukountouna, de Boukounbé, de Kouandé… Nos renseignements nous ont permis de comprendre que pendant les vacances, les jeunes de ces petites villes viennent en vacances à Natitingou. C’est un pôle culturel.

Cette première étape du Fitheb migratoire à Natitingou est comme un coup d’essai. Quelles sont vos sentiments après les différents rendez-vous ?

C’était ce qui est prévu, ce qui est perçu, ce qui est attendu. C’est-à-dire que les artistes locaux aient un moment dans le cadre du Fitheb pour s’exprimer pour qu’on les découvre. Cela me permet toute suite de commencer par faire de l’audition pour l’édition prochaine, les activités qui viennent. C’est dans ces artistes que je piocherai désormais. Ce ne sera pas uniquement un travail de gens dits professionnels de Cotonou, de Porto-Novo et environs. Il y a des humoristes dans les coins reculés qui n’ont pas d’opportunités. Quand il s’agira des activités du Fitheb, nous allons essayer de voir comment les intégrer un à un selon les moyens disponibles. J’ai été très content de tout ce qui s’est passé. Ce n’est pas la perfection. Je n’attends pas la perfection, je ne demande pas aux gens d’être parfaits. Mon travail, c’est de conduire à la perfection. J’ai la responsabilité de sentir des talents, de leur tendre la main, de les prendre et de faire en sorte qu’ils éclosent. J’ai vu beaucoup de danses d’ici. Ça veut dire que la culture d’ici est intégrée. Ça c’est l’autre pan parce que quand nous aurons diffusé des documentaires sur la chaine nationale relatifs à ce qui s’est passé ici, nous donnerons une vitrine à ces cultures là, ou micro culture dont l’ensemble forme notre culture. On sera à Bohicon, Kandi, Dassa, Lokossa, Ouidah… C’est de mai à novembre. Décembre c’est pour le Fitheb des enfants.

Propos recueillis par Victorin Fassinou pour (la Presse du Jour)


via La Presse du Jour http://ift.tt/25rT0Na
Categories: ,