Plaidoyer pour le Couffo
L’auteur des lignes qui vont intervenir en matière de plaidoyer pour le département du Couffo est l’un des fils authentiques dudit département. Il est cent pour cent « Adjaphone » comme tant d’autres. Nous avons pris le risque de gaspiller quelques deux mois de séjour dans notre village. La curiosité nous a poussés à sillonner moult villages avoisinants. Notre constat rime avec une certaine désolation. Nos frères et sœurs qui ont gardé la bravoure d’y demeurer sont-ils en déphasage sauvage des réalités civilisatrices. Nous nous sommes demandé si ledit département fait –il partie des autres de notre pays le Bénin. Nous nous posons la question de savoir si la décentralisation dont nous parlons dans les médias ne concerne pas le Couffo. Beaucoup de nos villages sont confiés aux vieillards. Quand on parle de vieillards, comprenons par là un certain amortissement physiologique. Tous les bras valides sont partis les uns pour Cotonou ou Porto-Novo, les autres pour le Nigéria en quête d’une certaine fortune. Quelques-uns qui y sont restés deviennent-ils de grands saltimbanques armées de manière occulte jusqu’aux dents. Ce sont eux qui sèment la terreur en étant à la quête du gain facile. Le constat le plus frappant est que l’intellectualisme conséquent a déserté la cité. Des parents dépassés démissionnent devant leurs enfants mineurs qui se donnent malgré eux à la dépravation sentimentale ou libidineuse. Le christianisme est quasiment méprisé. Ce qui cause une certaine régression lamentable de la spiritualité pouvant garantir une certaine libéralisation des âmes ligotées dans les mailles du négativisme. Il est à se demander si le Couffo peut se sentir fier de ses enfants soi-disant cadres ou intellectuels. Qui pense avoir oublié notre cher département pauvre en matière de réalisations étatiques ? Est-ce le pouvoir central ? Si oui, de quel droit l’a-t-il fait ? Le Couffo n’a-t-il pas contribué à la démocratisation du Bénin ? Pourquoi vit-il une certaine indifférence ou négligence de ses propres fils et filles détenant de grands diplômes ou ayant réussi socialement ? L’occultisme, le mariage regrettable des mineurs, la misère gigantesque, la pauvreté révoltante déciment hypocritement le Couffo. Nous invitons nos frères et sœurs du Bénin profond ou rural à se battre pour la déconcentration des infrastructures socio-administratives. Parce que la grandeur d’un pays démocratique est de nier et de rien renier des droits humains pour citer le grand immortel Victor Hugo de la France civilisée.
Lazare Sotchoumè
via La Presse du Jour http://ift.tt/1kxtrZ1