La Marina en roman
En politique, on ne meurt jamais, mais on peut avoir les ailes coupées. C’est bien le cas de plusieurs présidentiables. Quand ils entrent dans leur lit, ils font des rêves en couleurs, notamment ils se voient en train de gravir les marches la présidence de la République. C’est bien une tragédie en songe. En effet, les conditions et les contextes sont des facteurs qui limitent. Les échéances passées à travers les chiffres (1) et l’armée de combattants (2) doivent être les stimulants d’une candidature à la Marina.
1.Les échéances passées à travers les chiffres
Ceux qui ont refusé de faire de la statistique, un instrument d’aide à la prise de décision, ce sont ceux qui n’ont pas eu le courage d’aller ou de parrainer à visage découvert des candidats aux élections législatives ou communales. Ceux-là peuvent se permettre d’écrire des pages de romans de victoire pour la Marina. Le Bénin vient d’organiser deux scrutins majeurs : les élections législatives et communales. Ces deux scrutins ont permis de redéfinir la carte d’occupation politique du pays. Beaucoup de présidentiables banalisent la nouvelle carte politique du pays au motif que les élus locaux, les conseillers et les députés n’ont aucune influence sur l’électorat parce que la présidentielle serait un scrutin spécifique. Cette myopie sur fond d’utopie constitue la trame de leur roman d’accès à la Marina. Est-il possible d’accéder à la Marina sans le soutien de député, de conseillers communaux et d’élus locaux ? Bien sûr que non. La base n’a jamais décidé sans sa lanterne politique ou intellectuelle. Statistique électorale nous obligerait.
L’armée des combattants
Faut-il aller au scrutin présidentiel sans une légitimité attestée par les élus ? Ailleurs, on parlerait de signatures d’élus, une sorte de visas. Lorsque tout s’écroule autour de vous, lorsque vous perdez assez de combattants, surtout les plus émérites, il y a une décision de sagesse à prendre : le renoncement. La flopée de candidatures est un échec pour la démocratie. En effet, la démocratie, c’est d’abord la lucidité et ensuite, la responsabilité. Le Bénin n’a pas besoin de 50 ou 70 visions pour son développement. C’est la preuve que la démocratie est malade d’un libertinage sans bornes. Mais qui doit poser devant certains candidats la question de leur retrait ? Qui en a le droit ? Qui en a le courage. Certainement pas le chroniqueur, lui qui est accroché à lire, la tragédie du pouvoir de Edouard Balladur.
Herbert-Tauyé HOUNGNIBO
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