David Kiki (footballeur international béninois) : Une ascension fulgurante qui doit être confirmée (Le travail de France Bénin Football Plus récompensé)
Quitter l’Afrique pour jouer en Occident reste le rêve de la plupart des jeunes footballeurs béninois. Avec abnégation, courage et ambition, David Enagnon Kiki y est parvenu. Mais, il n’a certainement pas fini de grandir…
David Enagnon Kiki est un jeune footballeur béninois qui évolue aujourd’hui à Niort en deuxième division française. Sociétaire il y a encore quelques mois de l’Association sportive municipale de Belfort (ASMB), le natif de Akpro-Missérété connait une ascension fulgurante digne d’un conte de fée. Et tout s’est enchainé à une vitesse « V » pour le jeune David qui n’était qu’un footballeur anonyme dans sa petite commune de Akpro-Missérété, une banlieue au sud de Porto-Novo, la capitale politique du Bénin.
Le déclic…
« …J’ai commencé le football au Bénin, à l’âge de 5 ans. Je partageais mon temps entre l’école et le foot de rue que je pratiquais avec mes copains à Akpro-Missérété, une ville proche de Porto Novo. J’ai été repéré par l’académie France-Bénin Football Plus, dirigée par Jules Kodjo. Puis tout s’est enchaîné très vite… En 2009, le président Kodjo a décidé de réaliser un partenariat avec Alstom et le lycée Raoul Follereau. Une détection a été réalisée et j’ai été retenu parmi les deux joueurs appelés à voyager en France. Le deal, c’était d’abord d’avoir le bac, puis essayer d’atteindre le monde professionnel… C’était un projet de trois ans. Si tu obtiens ton bac et qu’un club te veut, tu restes… Belfort a décidé de me conserver dans l’effectif. J’ai effectué toutes les catégories avec le club, U17, U19 et CFA. D’autres n’ont pas eu cette chance. Mon copain Mathieu Koatonou, arrivé comme moi, est retourné au pays…», explique-t-il au confrère de ‘’Onze Mondial’’. Et ce bref récit résume effectivement le parcours du jeune international béninois. Même s’il faut préciser qu’en 2008, une vingtaine de jeunes footballeurs béninois issus de la première promotion de FBF+, antenne de Parakou, étaient en stage de perfectionnement à Belfort. Trois jeunes venus de Lokossa, Savè et Akpro-Missérété étaient également de la partie. Le petit David y était aussi. Un projet ambitieux mis en place par le président Jules Kodjo, avec le soutien matériel, financier et institutionnel de Alstom alors dirigé par Gérard Salomez, et le partenariat sportif de l’ASM Belfort présidée par Jean-Paul Simon.
Confirmer au haut niveau
Aujourd’hui, David Kiki (bientôt 22 ans, 1,80m pour 74 kg), évolue au Chamois niortais en L2 française aux côtés de ses compatriotes Djima Koukou, David Djigla et le gardien de but Saturnin Allagbé. S’il a été plusieurs fois titulaire, il est retourné au banc depuis deux ou trois rencontres. C’est la preuve que rien n’est définitivement acquis, et qu’il doit encore travailler pour atteindre le vrai haut niveau. Ce dont le joueur polyvalent (ailier gauche-droit, arrière gauche) est bien confiant. «… Je suis heureux d’être là. Je veux gravir les échelons. En CFA, je disais que mon objectif était la Ligue 2. Désormais, c’est de réussir à Niort, puis viser le haut niveau. C’est à dire la Ligue 1. J’ai tous les moyens à ma disposition pour y parvenir », se lance-t-il comme nouveau défi. D’ailleurs, il ne saurait en être autrement lorsqu’on sait que l’exigence de son président du centre de formation intégré FBF+ reste la réussite scolaire d’abord, le football après. « Je suis l’ainé de la famille et j’ai un rôle d’exemple auprès de mes petits frères. C’était très important pour eux et pour le centre de formation que j’ai fait. Le président Jules Kodjo insiste sur les diplômes. Des gens me poussaient à stopper l’école pour me consacrer au foot… Après le bac, j’ai fait un DUT, puis j’ai enchaîné sur un BTS en conception et réalisation en chaudronnerie industrielle que j’ai décroché. Désormais, ce bagage en poche, je peux me consacrer exclusivement au ballon », raconte-t-il fièrement.
En sélection nationale du Bénin, il honore déjà sa 3e cape. Contre la Guinée Equatoriale et le Mali, en absence de Emmanuel Imorou (Caen, L1/Fance), il a comblé toutes les attentes au poste de latéral gauche. Aujourd’hui, le titulaire est de retour. Que va-t-il se passer ? David Kiki pourra-il tenir la concurrence avec Imorou ? Rien n’est moins sûr. Il est jeune, ambitieux, puissant et polyvalent. Il a du vrai talent. A lui donc de travailler davantage pour arracher sa place au sein des Ecureuils.
Pascal Hounkpatin
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