Moralisation de la vie publique : Le Dg/Abepec dans le collimateur du Fonac
Tout ne tourne pas rond à l’Agence béninoise de promotion des échanges et du commerce extérieur (Abepec). Du point de vue de la moralisation de la vie publique, plusieurs dysfonctionnements viennent d’être relevés par le Front des Organisations Nationales contre la Corruption (Fonac) au niveau de cette structure sous tutelle du ministère du commerce créée en 2007 par décret 2007-188 du 20 avril 2007.
Les dysfonctionnements observés par le Fonac portent sur plusieurs aspects (faux en écriture comptable, faux et usages de faux…). Dans son investigation, le Fonac s’est aussi attaqué à la manière dont l’actuel Directeur général de l’Abepec a été nommée.
Selon les investigations faites par l’équipe du Fonac, M. Robert Akindé, Directeur général de l’Abepec serait dans l’illégalité et dans l’illégitimité depuis trois ans. Pour le Fonac, M. Robert Akindé, admis à faire valoir ses droits à la retraite depuis plusieurs années et inscrit dans les livres du Centre National de Sécurité Sociale (Cnss), ne devrait en réalité plus être en train de diriger un office d’Etat dans la mesure où la loi 86-013 du 26 février 1986 portant statut des Agents Permanents de l’Etat a été claire là-dessus. Le pire dans cette affaire, selon le Fonac est que bien qu’étant en situation de retraité et de DG de l’Abepec, M. Akindé se serait engagé dans un contrat de prestation de service et en qualité de consultant à l’Abepec pour une durée de 03 ans avec un salaire de près de 2 millions de F Cfa par mois et ce, depuis le 16 février 2010. « Ce contrat non renouvelé est venu à terme depuis donc près de 03 ans et malgré cela, il continue de percevoir des salaires et autres primes dans cette maison au vu et au su des services de comptabilité de cette agence, de la Direction des Ressources Humaines, de la Direction des Ressources Financières et du Matériel du Ministère chargé du Commerce », renseignent des sources proches du Fonac. Le paradoxe aussi dans cette agence, c’est le fait que les différents Directeurs Généraux Adjoints nommés depuis 2014 pour suppléer le Directeur Général n’ont eu droit ni au salaire, ni à aucune prime depuis des mois pour soi-disant manque de ressources financières. Pire les propriétaires du bâtiment abritant cette agence pour défaut du paiement de loyer depuis plusieurs mois serait également en train de menacer par exploit d’huissier de renvoyer le personnel.
Frais de missions frauduleux
Par ailleurs, le Fonac a relevé dans la gouvernance de l’Abepec des cas de fraudes sur les missions à l’étranger, de manipulation de documents comptables et d’instauration d’une comptabilité de fait. Selon les investigations menées par le Fonac, plusieurs irrégularités ont été constatées dans la gestion du dossier relatif à la construction du Champ de foire de Cococodji. Elles impliqueraient le Directeur Général et le Coordonnateur dudit Projet. Des sous auraient été aussi débloqués pour le compte du Ministre du Commerce sans aucune base comptable, ni pièces justificatives. « D’autres irrégularités notées dans cette agence et concernant l’organisation et la gestion des foires traduisent une pratique de mauvaise gestion et la tenue d’une comptabilité de fait. Car à ce niveau plusieurs dépenses ont été opérées sans implication du service comptable ni de l’agence, ni la régie financière du Ministère de tutelle », a souligné un rapport d’étape du Fonac.
Flou autour de la location du champ de foire
Le ministère en charge du commerce a acquis depuis plus de 15ans un domaine de plusieurs hectares pour la construction d’un champ de foire inscrit au programme d’investissement public dudit. Mais depuis 2012 lors de la construction de la route Godomey- Pahou, ce domaine a été mis en location à l’Entreprise chinoise en charge de la construction de cette route à des millions de francs Cfa à travers un premier contrat en 2012 puis un second en 2013 qui est arrivé à terme depuis janvier 2015. Mais depuis ce temps, le coordonnateur et le Directeur Général continueraient de percevoir des frais de location chez les Chinois et ce, sans aucun contrat, ni aucun document comptable. Pire des ressources financières évaluées à des dizaines de millions de nos francs n’auraient aucune trace dans les documents comptables ni du Ministère du Commerce ni dans les livres comptables de cette agence. Comment a-t-on pu permettre une telle pratique ? A quoi ont servi les sous ? Autant de questionnements qui nous permettent de constater que le Gouvernement n’est pas au bout de ses peines dans la lutte contre la corruption et la mauvaise gestion.
Affissou Anonrin
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