Élimination de la transmission du Vih Mère/Enfant : Le Bénin toujours à la recherche d’un meilleur suivi biologique et de la charge virale

Publié le jeudi 23 juillet 2015

Le Bénin s’est doté en 2012 d’un plan d’élimination de la transmission du Vih de la mère à l’enfant (2012-2015) qui vise en 2015 un taux de transmission du Vih de la mère à l’enfant de moins de 5%. L’année 2015, celle du bilan, le Bénin traine encore quelques tares pour l’atteinte de cet objectif. Ces difficultés entravent l’efficacité du Fonds Mondial dans la mise en œuvre de la Ptme au Bénin. Au nombre de ces faiblesses figurent le suivi biologique et celui de la charge virale dans la mise en œuvre de ce protocole.

Dans plusieurs centres de santé publique, les difficultés observées dans la mise en œuvre du protocole de la Prévention de la Transmission Mère/Enfant du Vih (Ptme) sont encore énormes, malgré les différentes avancées enregistrées par le Bénin dans le domaine. Le suivi biologique n’est pas toujours le souhait des Personnes vivant avec le Vih /Sida, les associations comme, l’Observatoire de Veille pour l’Accès aux Services de Santé en matière de VIH (Ovas). Ces problèmes varient d’un centre de santé à un autre et d’un site de prise en charge à un autre. A l’Hôpital de Mènontin à Cotonou, par exemple, des examens qui sont en principe gratuits sont payants. C’est le cas par exemple du dépistage facturé à 3200 F Cfa et le décompte des cellules CD4 est réalisé à 7.200 F Cfa. Pour le Plaideur de Ceradis-Ong, Dr Victorien Dougnon, le gouvernement béninois, à travers le Programme National de lutte contre le Sida (Pnls) fait beaucoup d’efforts pour que la Ptme soit une réussite totale. Comme exemple, il cite la relance des activités du Laboratoire National de Référence avec le recrutement du microbiologiste Dr René Keke. Toutefois, Dr Dougnon indique que des faiblesses persistent en dépit du regain d’espoir apporté par le fait que le Laboratoire National de Référence soit redevenu fonctionnel. En effet, la réalisation de la Pcr surtout au troisième trimestre de grossesse est très importante pour la femme enceinte séropositive car décisive pour le statut sérologique de l’enfant à naître. A l’instar des bénéficiaires et des associations des Pvvih, Dr Dougnon affirme que les résultats de Pcr sont   parfois indisponibles dans certains centres comme depuis décembre 2014 à l’Hôpital de Zone de Mènontin. « Ce n’est pas normal. La réalisation de la Pcr surtout au troisième trimestre de grossesse est très importante pour la femme enceinte séropositive car décisive pour le statut sérologique de l’enfant à naître » a expliqué le docteur. Les autres problèmes dont se plaignent les bénéficiaires dans la mise en œuvre du protocole de la Ptme, sont le manque de supervision, la présence des Arv périmés en stock sur certains sites comme le Centre de Santé de Djègan Kpêvi à Porto-Novo.

L’objectif de réduction à 5% pourrait être atteint si….

Aux dires des médiateurs, des agents de santé formés dans la mise en œuvre du protocole et les sages-femmes contactées dans les zones sanitaires de l’Atlantique/Littoral, le problème de suivi biologique est l’autre difficulté qui entrave l’efficacité du Fonds Mondial dans la mise en œuvre de la Ptme au Bénin. Conséquence, des âmes innocentes continuent de naitre infectées par le Vih /Sida. Même s’ils reconnaissent qu’un effort est fait de la part de l’Etat, ils estiment que le Bénin peut mieux faire afin que l’objectif de réduction à 5% de la transmission du Vih de la Mère à l’Enfant, voire de son élimination que le Bénin s’est fixé soit réalité. Il doit alors prendre en compte les propositions faites par les acteurs de la Société civile en l’occurrence celles faites par l’Observatoire de Veille pour l’Accès aux Services de Santé en matière de Vih (Ovas) à savoir : de résoudre très vite la question d’affectation des agents formés sur un site qui n’en a pas besoin afin d’éviter les perpétuels recommencements, source de désagréments pour les patientes. S’agissant du problème des Arv périmés en stock sur certains sites l’Ovas estime qu’il faut alléger les procédures de passation de marchés. Le Vih, pour lui, ne doit pas être géré comme une affaire courante telle que du mobilier ou des véhicules de fonction. Il propose que les autorités pensent à un recouvrement de la prise en charge des personnes vivant avec le Vih.

Victorin Fassinou (Avec la Collaboration de Ceradis Ong)


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