Rigueur des procédures et les capacités de gestion des acteurs nationaux : Une entrave à la meilleure consommation des crédits du Fm destinés à l’ ETME
L’année 2015 est celle de l’évaluation du cheminement du Bénin vers l’Elimination de la transmission du Vih/Sida de la mère à l’enfant (ETME). Le Bénin, malgré son meilleur record dans la sous-région, en ce qui concerne la prise en charge de la mère séropositive et de son enfant, traîne quelques tares, au regard des exigences du financement du Fonds mondial (Fm). Au niveau des faiblesses, figurent les difficultés de consommation de crédit du Fonds mondial destiné au financement de l’ETME.
La consommation des crédits du Fonds Mondial (FM) destinés à la Prévention, transmission mère-enfant (PTME) n’est pas chose aisée. Selon les acteurs bénéficiaires de ces fonds, ces difficultés impactent négativement les différentes activités prévues dans le cadre du processus de l’Elimination de la transmission du Vih/Sida de la mère à l’enfant engagé par le Bénin depuis des années. Une mission appelant ainsi les moyens, malgré l’élan et la bonne volonté des acteurs sur le terrain, le calendrier d’exécution va au terme avant que les acteurs n’entrent en disposition de ces fonds. Conséquence, le Bénin n’arrive pas à consommer les crédits comme cela se doit. Le retard qu’accuse le décaissement des fonds fait trainer les actions sur le terrain, se plaignent-ils. Pour le Président de « Jeunesse sans Frontière », Chercheur en ressources naturelles endogènes, Marcellin Aïgbé, les origines des difficultés de consommation des crédits du FM au financement de L’ETME sont de deux ordres à savoir l’ordre institutionnel et l’ordre organisationnel. S’agissant des causes d’ordre institutionnel, M. Aïgbé indique que cela s’explique par des tests que le Bénin a élaboré sans impliquer certains acteurs de la Société civile en ce sens que dès que le partenaire vient positionner les fonds, la lourdeur administrative empêche de pouvoir sortir ces ressources à temps afin de bien mener le programme ou projet. En effet, les tests disent que ces fonds avant d’aller aux bénéficiaires devront passer par le trésor public. Et pour qui est une bonne traçabilité, le fonds avant d’être décaissé devra prendre par un long circuit administratif. Ce qui pénalise naturellement les activités prévues dans le cadre de l’Elimination de la transmission du Vih/Sida de la mère à l’enfant. La cause de ces difficultés à consommer les crédits du FM destinés à L’ETME, d’après M. Aïgbé est également d’ordre organisationnel. Ici le mal est au niveau des organisations non gouvernementales nationales elles mêmes. Le problème ici est dû au positionnement des Ong non qualifiées sur des activités qui ne sont pas de leur ressort.
La situation désormais sous contrôle
Parlant des difficultés de consommation de crédit du Fm au financement de l’ETME, c’est révolu, défend le chef service prévention au Programme national de lutte contre le Sida (PNLS) Dr Jean Yaovi Daho. D’après lui, la grosse partie du financement du Fonds mondial est destinée à l’acquisition des intrants. Le coût des intrants est pris en compte au moment de la validation du budget. Mais au fil du temps, il peut connaître une baisse. C’est ce qui explique que le taux d’exécution dépasse celui de consommation. Au départ, le taux de consommation ne rimait pas avec celui de consommation, mais de plus en plus les deux taux s’améliorent, avec la baisse des coûts de certains intrants. Les procédures de décaissement du Fonds Mondial prennent généralement beaucoup de temps. A ses dires, ce problème est lié aux intrants. L’exécution d’une activité à côté de l’achat d’un intrant, c’est comme une goutte d’eau dans la mer. Le processus pour l’acquisition des intrants passe par plusieurs étapes. Il faut d’abord que la quantification soit acceptée et validée par le Fonds Mondial. Tout ce processus peut prendre tellement du temps qu’ils peuvent passer une année sans faire de commande. Mais depuis un moment, les choses se sont considérablement simplifiées, informe Dr Daho qui explique que désormais, ils sont passés au « système VPP » depuis l’année dernière. Un système qui favorise l’accélération de la mise à disposition des intrants, une fois que le Fonds Mondial valide la quantification. Les problèmes de rupture sont de plus en plus minimisés. Toutefois, toutes les activités qu’ils mènent sur le Fonds sont payées par chèque et aujourd’hui, le Programme national de lutte contre le Sida (PNLS), est accompagné par une agence judiciaire. L’établissement d’un seul chèque peut durer beaucoup de temps. C’est ce qui explique qu’au départ, le PNLS était décrié par rapport au Fonds Mondial. Mais la nouvelle coordination a trouvé une autre formule pour contourner cette pratique, reprécise le docteur
Des défis
La rigueur des procédures et les capacités de gestion des acteurs nationaux constituent des limites pour un accès aisé à ces financements du FM destinés aux activités de l’ETME. A l’instar de la Vice Présidente de Cnco, Mme Justine Hounzanmè épouse Adjavon, coordonnatrice de Roafem Vih/Sida, M. Aïgbé estime que pour une bonne consommation et un bon résultat, il faut identifier les professionnels, les Ong spécialisées pour le travail sur le terrain. Ce qui corrigera beaucoup de choses dans la mise en œuvre de l’Etme. Il faudra mettre en place un cadre inclusif de dialogue (CCM, CNLS, Pr, Ms et Bénéficiaires des services) avec le FM et un suivi et un accompagnement plus dynamique de la gestion des subventions par le Cnco.
Victorin Fassinou (avec la Collaboration de Ceradis-Ong)
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