Gestion du pouvoir d’Etat au Bénin : Houngbédji virtuel président intérimaire

Publié le vendredi 29 mai 2015

Me Adrien Houngbédji en vertu de la Constitution du 11 décembre 1990 est un virtuel Président de la République depuis le 26 avril 2015. Loin des circonstances qui le consacrent Président de la République, il reste pour le moment contrôleur de son challenger de 2011.

Ironie du sort, Me Adrien Houngbédji est désormais le Président de l’Assemblée Nationale. Tout ce qui l’empêche d’exercer le pouvoir suprême de l’Etat ne serait-ce que pour 40 jours, c’est que les conditions ne soient réunies pour appliquer l’article 50 de la Constitution. Cette dernière dispose que «  -En cas de vacance de la Présidence de la République par décès, démission ou empêchement définitif, l’Assemblée Nationale se réunit pour statuer sur le cas à la majorité absolue de ses membres. Le Président de l’Assemblée Nationale saisit la Cour Constitutionnelle qui constate et déclare la vacance de la Présidence de la République. Les fonctions de Président de la République, à l’exception de celles mentionnées aux articles 54 alinéa 3, 58, 60, 101 et 154 sont provisoirement exercées par le Président de l’Assemblée Nationale. L’élection du nouveau Président de la République a lieu trente jours au moins et quarante jours au plus après la déclaration du caractère définitif de la vacance. En cas de mise en accusation du Président de la République devant la Haute Cour de Justice, son intérim est assuré par le Président de la Cour Constitutionnelle qui exerce toutes les fonctions de Président de la République à l’exception de celles mentionnées aux articles 54 alinéa 3, 58, 60, 101 et 154. En cas d’absence du territoire, de maladie et de congé du président de la République, son intérim est assuré par un membre du Gouvernement qu’il aura désigné et dans la limite des pouvoirs qu’il lui aura délégués. » On constate tout simplement que virtuellement le Président Adrien Houngbédji est potentiellement Président de la République en vertu de la loi. Mais en attendant la réunion des conditions d’exercice de la fonction présidentielle, le Président du Parlement, Me Adrien Houngbédji a aujourd’hui la capacité d’interpeller M. Boni Yayi sur comment il gère le pouvoir depuis 2011. Le sort fait donc aujourd’hui du challenger de 2011, le contrôleur de la gestion de Boni Yayi. Et à ce titre, à moins qu’il n’y ait pas de cas de malversations, ce qui n’est pas évident, Me Adrien Houngbédji peut demander des comptes à Boni Yayi et il est tenu de lui répondre. Aujourd’hui aussi Me Houngbédji a en main les moyens d’interpellation de Boni Yayi devant la haute Cour de justice en cas de situation favorable à la mise en œuvre de cette disposition. Dès lors, Boni Yayi qui a pris le pouvoir à Me Adrien Houngbédji suite à la Proclamation des résultats par Me Robert Dossou et son équipe est aujourd’hui en train de finir pendant que son adversaire s’installe dans le fauteuil parlementaire. Il faut alors prier pour que le parlement ne se décide pas de réclamer des comptes au sujet des casseroles ou des dossiers qui impliquent le Chef de l’Etat.

Junior Fatongninougbo


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