PDC : Saran Sérémé sonne la mobilisation dans le Sourou
C'est un retour gagnant, dira-t-on. Saran Sérémé, présidente du PDC (Parti pour le développement et le changement) n'est pas partie sur la pointe des pieds dans la province du Sourou, localité d'où elle est native. Pour « une prise de contact » avec ses militants de base, ce fut une rencontre à l'allure d'un grand meeting qui s'est constatée à Tougan, chef-lieu de la province du Sourou, en cette soirée de dimanche, 14 décembre 2014. C'est à coups de canons, des acclamations, des pas de danse traditionnelle et autres bains de foules que la présidente du PDC s'est signalée dans la province du Sourou. « Chez nous, une princesse se reçoit à coups de canon ; elle ne passe pas sous silence », fait-on savoir.
Mieux, tout le long du trajet, la présidente du PDC a reçu un accueil des grands jours car les populations des villages traversés, Yaba, Kassan etc., n'ont pas voulu rester indifférent au passage de Saran Sérémé. « A Yaba, la jeunesse est prête pour accompagner le PDC », a confié un jeune leader d'un mouvement anti-référendum, énumérant les qualités, la vision et les valeurs défendues par la présidente du PDC, Saran Sérémé. Même détermination à Kassan, « obligeant » la présidente à marquer des escales d'échanges et de bain de foule avant de poursuivre sa route. A Tougan, chef-lieu de la province du Sourou, les militants et sympathisants n'ont pas marchandé leur mobilisation. Malgré le « décalage » de l'heure de la rencontre, la mobilisation est restée intacte. Des personnes de tous âges et de toutes les couches sociales sont sorties massivement, à pieds, à motos ou en véhicules, des centaines de militants se sont organisés pour accueillir la présidente à l'entrée de la ville. « Slogans », « cris de guerre », klaxons…étaient au rendez-vous pour marquer l'entrée de celle que certains appellent affectueusement « Princesses Yennenga ».
Sur l'ère de la rencontre, et aux côtés des populations locales, des délégations d'autres régions, avec à leur tête les coordonnateurs régionaux, ont effectué le déplacement à Tougan pour « dire merci à la Yennenga pour son combat pour le changement, sa bravoure. Nous l'avons suivie depuis la création du parti aux différentes mobilisations de lutte contre le référendum jusqu'aux évènements des 30 et 31 octobre où elle a également pris ses responsabilités. Nous sommes très fiers d'elle… », se réjouit-on du côté de la délégation régionale du Nord, convaincue que son combat paiera. Des délations « spécialement » venues des régions des Cascades, du Nord, des Hauts-Bassins, du Sud-ouest. Aussi, a-t-on remarqué une forte présence de la jeunesse estudiantine venue de Ouagadougou pour « soutenir le parti ».
La lutte pour un « Burkina équitable et harmonieux »
C'est le grand espace du Centre de formation des jeunes entrepreneurs, Centre Aboubacar Sangoulé Lamizana, situé au côté Ouest du stade provincial de Tougan qui a accueilli la rencontre entre la responsable du PDC et ses militants et sympathisants. Allocutions, prestations de troupes traditionnelles, d'artistes de musique moderne ont constitué les axes forts de ces échanges. C'est le représentant des autorités coutumières qui a ouvert le bal des interventions. Une intervention faite essentiellement d'encouragements et de bénédictions à l'endroit de la fondatrice du PDC. Ces personnes ressources, par la voix de leur porte-parole, ont aussi et surtout rassuré la présidente de leur soutien « indéfectible » dans son combat. S'en suivront les coordonnateurs régionaux du Nord, des Cascades, des Hauts-Bassins et du Sud-ouest. « Au Nord, malgré les concurrents de taille, le PDC brille, brillera et remportera des victoires », a déclaré celui du Nord tout en faisant un détour dans la parenté à plaisanterie (qui existe entre Mossi et Samo). « Saran sera à Kosyam », « ce n'est pas l'argent qui fait la noblesse, c'est la qualité et la différence » ou encore, « PDC veut dire : Parti des démocrates conscients », pouvait-on noter des interventions.
« Nous avons préféré la mort à la honte »
« Nous avons préféré la mort à la honte. La dignité et l'honneur sont les seules choses qu'on ne vend pas », a introduit, à son tour, la présidente du PDC pour rendre un hommage au peuple burkinabè et pour avoir une pensée pieuse pour les victimes de l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014. C'est par une minute de silence à ces martyrs qu'elle a donc ouvert son intervention. Au lendemain des évènements qui sont survenus au pays, la présidente du PDC ne pouvait certainement pas faire l'économie de la situation en replongeant les populations dans les différentes étapes qui ont conduit à l'insurrection populaire. « Blaise Compaoré est entré par la petite porte… ; il a fait ce qu'il pouvait. Nous lui avons dit de partir en 2015 comme le stipule la Constitution et avec tous les honneurs et nos respects. Mais, il a refusé. Or, si tu refuses, tu vivras ce que tu ne souhaites pas ; ce qui devait arriver…arriva. Nous ne lui avons pas souhaité ce sort, c'est plutôt son entourage, et lui-même, qui lui ont réservé ce sort », a lancé la présidente du PDC, sous fortes ovations. Saran Sérémé se veut précise : « Nous voulons une nouvelle génération d'hommes politiques et de jeunesse politique ». Mesurant le soutien dont elle bénéficie des populations et du peuple burkinabè, elle analyse : « Celui qui a la bénédiction des populations, quand on lui ferme une porte, une autre de plus grande s'ouvre à lui. (…). Tout ce qui s'obtient par la trahison ne bénéficie pas à son auteur », situant les motifs de la rencontre qu'elle a qualifié de « meeting de contact » avec ses bases de la province du Sourou. « Je viens d'un combat que nous avons, ensemble, mené et gagné ensemble. Je pense que cela est dû aux bénédictions de mes parents. Et je reviens vers eux pour demander des bénédictions pour les combats futurs que j'aurai à mener. Ce ne sont pas des combats simples, ils sont âpres car la conquête du pouvoir est toujours semée d'embuches », a indiqué la présidente du PDC avant d'ajouter que : « Nous avons quitté le Sourou politiquement dans des conditions que tout le Burkina, et même le monde entier, a suivies. Aujourd'hui, nous revenons politiquement avec un autre parti politique qui a participé au changement que nous avons constaté au niveau national. Les populations de Sourou sont restées fidèles à leur ancienne député, à leur fille et j'espère pouvoir toujours honorer cette confiance qui m'a été portée ».
Jeunes et les femmes galvanisés à rester vigilants et mobilisés
Saran Sérémé a félicité le combat des populations pour le changement, en particulier les jeunes et les femmes. Elle les a galvanisés et invités à rester mobilisés et vigilants dans la suite du combat pour un « Burkina équitable et harmonieux ». « Nous souhaitons impacter le Burkina avec un développement harmonieux et équitable. Des infrastructures et des investissements dans toutes les contrées, de manière équitable et une égalité de chance pour toutes les couches sociales. Nous avons un programme à leur faire savoir », a-t-elle projeté. A l'en croire, c'est émue qu'elle rentre de cette rencontre au regard de la mobilisation, de la réceptivité des messages par les populations et de leur engagement derrière son combat. « Les populations m'attendaient politiquement depuis longtemps. Cela me réconforte et m'engage à continuer sur cette voie, à ne pas les décevoir. Quand on porte beaucoup d'espoir, on a tendance à aussi décevoir parce que l'on ne peut pas répondre à toutes les attentes de tout le monde », a-t-elle souligné avant d'indiquer qu'elle ne fera jamais, de ce fait, de promesses politiques. « Je ne sais pas trahir les populations. Je prie Dieu qu'il me donne cette force à tout instant pour que je puisse agir avec sagesse pour le peuple » s'est-elle confiée, remerciant tous ceux qui sont sortis pour lui réserver « cet accueil » et lui souhaiter la bienvenue politiquement « parce que, justifie-t-elle, beaucoup d'encre a coulé, beaucoup de choses ont été dites. Entretemps, il était même dit que je ne pouvais pas retourner chez moi, alors que l'on m'attendait avec enthousiasme et fierté. Je prône toujours la paix, la tolérance, le pardon dans mon cœur. Je sais aller dans un consensus pour travailler ensemble pour le bien-être du peuple ».
Selon le coordonnateur provincial PDC du Sourou, Adalbert Koné, les populations avaient soif de la présidente du PDC, Saran Sérémé, et cette rencontre de contact consolide non seulement les acquis mais imprime également une nouvelle dynamique pour le parti dans la perspective des défis à venir. Pour M. Koné, le meilleur reste à venir avec le PDC.
Après cette sortie gagnante, le PDC annonce, les jours à venir, des meetings dans les localités du Burkina.
Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net
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