Mouvement d'humeur au ministère des transports : Le fauteuil du ministre Moumouni Guiguemdé en jeu

Publié le mercredi 24 décembre 2014


Réunis en sit-in le 22 décembre dernier, les agents du ministère des transports, des infrastructures et du désenclavement exigent le départ de leur ministre, Moumouni Guiguemdé. Un sit-in reconduit le 23 décembre 2014 devant ledit ministère où le technicien supérieur Albert Zongo, rencontré sur les lieux, fait état des raisons qui sous-tendent cette exigence.




Deux heures, c'est la durée qu'a pris le sit-in le 22 décembre 2014. Il en a été de même le lendemain 23 décembre 2014. Et lorsque nous arrivions sur les lieux ce deuxième jour où le sit-in a commencé à sept heures, les manifestants avaient déjà levé le piquet. Il était peu avant onze heures. Mais quelques-uns d'eux jouaient encore les prolongations. De ceux-ci, Albert Zongo, technicien supérieur qui a tenu à préciser les faits reprochés au ministre Moumouni Guiguemdé.


Pour M. Zongo et ses collègues, le ministre en charge des transports est de « moralité douteuse ». Et l'explication en est, selon eux, que Moumouni Guiguemdé est « un ex-prisonnier ; il a été condamné aux Etats-Unis où il a fait quatre mois et demi de prison ». Or, précise M. Zongo, l'article 15 de la charte de la transition proscrit une telle qualité dans la désignation des membres du gouvernement de la transition. Aux termes de cette disposition en effet, « Les membres du gouvernement doivent remplir les conditions suivantes : avoir la majorité civile ; être de nationalité burkinabè ; avoir les compétences requises ; être de bonne moralité. »

A en croire Albert Zongo, lorsque les agents ont eu, par voie de presse, ces informations concernant le ministre Guiguemdé, ils l'ont rencontré pour en savoir davantage. Celui-ci aurait promis de faire un démenti par voie de presse également. Promesse restée sans suite. En sus, les agents reprochent au ministre d'avoir déjà, en quelques semaines de service, attribué des contrats gré-à-gré, dont celui relatif à la transformation du camp fonctionnaire en parking municipal. D'où le mouvement d'humeur pour exiger son départ.


A ce deuxième jour du mouvement, la CRS (Compagnie républicaine de sécurité) a été dépêchée sur les lieux. Mais il n'y a pas eu de heurts. Et au moment où nous quittions les lieux, vers onze heures trente, l'équipe de la police se retirait aussi.

Quant aux manifestants, ils ont décidé de suspendre leur mouvement pour le reprendre le 26 décembre prochain, si d'ici à là, le ministre en cause n'est pas éjecté du gouvernement. Aux dires du technicien Albert Zongo, une demande d'audience serait sur la table du Premier ministre, et le syndicat des agents dudit ministère, serait aussi en train de travailler à s'approprier « la lutte ». Affaire à suivre…


Fulbert Paré

Lefaso.net





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