Conférence régionale sur l’inclusion financière : La Bceao et le Fmi s’engagent pour la finance pour tous

Publié le mercredi 21 septembre 2016

La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) en collaboration avec le fonds monétaire international (Fmi) ont conjointement organisé une conférence régionale sur l’inclusion financière. C’était, hier, mardi 20 septembre 2016, à Dakar, au Sénégal sur le thème : « Finance pour tous : promouvoir l’inclusion financière en Afrique de l’ouest ».

En moyenne, seulement 34 % de la population adulte d’Afrique subsaharienne a accès aux services financiers et moins de 18 % dans l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA), selon les statistique du Fonds monétaire international. C’est pourquoi l’organisation de la conférence régionale sur l’inclusion financière vient à point nommé.  Cette conférence ouverte, hier, à Dakar, a donné l’occasion aux participants d’examiner comment améliorer l’inclusion financière en Afrique de l’Ouest. Ce qui permettra aux pays de la sous région ouest africaine de savoir les stratégies adéquates à la réduction considérable de la pauvreté et des inégalités d’accès aux services financiers de base.

A l’ouverture de la conférence de haut niveau à Dakar, le gouvernement de la Bceao, Tiémoko Meyliet Kone, a, dans ses mots de bienvenu,  indiqué que cette rencontre est d’une actualité brûlante et d’une importance cruciale. En effet, ajoute-t-il, la problématique de l’inclusion financière revêt, de nos jours, un enjeu majeur de développement à l’échelle mondiale et plus particulièrement pour les pays africains puisqu’elle est devenue un catalyseur de croissance économique.  Pour lui, il est donc normal que la stratégie d’inclusion financière soit placée au centre de toute politique de développement visant à accélérer la croissance, lutter contre la pauvreté et réduire les inégalités sociales.  Prenant la parole, le Directeur général adjoint du Fmi, Mitsuhiro Furusawa, a indiqué que  l’objectif de cette rencontre  est d’examiner l’impact de l’inclusion financière sur la croissance et la réduction de la pauvreté. « A l’heure actuelle, environ 2 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des services financiers de base. La plupart sont pauvres et une grande proportion, africaine», a fait savoir le directeur général adjoint du Fmi pour bien situer les participants. En poursuivant, il a laissé entendre que même avec la banque mobile, seulement 34 % de la population adulte africaine a accès à des services bancaires ; dans l’Uemoa, c’est moins de18 %.  Et d’ajouter que : « trop de ménages n’ont pas de compte en banque ; trop de petites entreprises n’ont pas accès au crédit ». Cette triste réalité dévoile, sur d’autres plans, les indices de la pauvreté dans les pays africains.

Après avoir félicité les organisateurs de cette rencontre, en l’occurrence la Bceao et le Fmi pour la tenue de cette conférence régionale de haut niveau, le Ministre de l’économie, et des finances et du plan (MEFP) de la République du Sénégal, Amadou Ba, a indiqué que la thématique de la rencontre est devenue un des piliers de l’agenda du développement, du G20, des banques centrales ainsi que des Etats, en raison de ses effets sur la réduction de la pauvreté et la croissance inclusive. « Conscients des enjeux de l’inclusion financière sur le développement de notre sous région, les autorités monétaires de l’Uemoa ont mise en œuvre, ces dernières années, des réformes visant à instaurer un cadre propice à l’exercice de l’activité bancaire et financière et à la promotion de l’inclusion financière », a expliqué Amadou Ba. Ce qui justifie, a-t-il dit, l’amélioration de la situation de l’inclusion financière au sein de l’UEMOA avec un taux de bancarisation strict qui est passé de 7% en 2007 à 15% en 2014 et une évolution remarquable du taux global d’utilisation des services financiers (intégrant la monnaie électronique) passée de 16% en 2007à 61% en 2014. Avant de déclarer ouverte cette conférence, Amadou Ba a indiqué qu’il est persuadé que des recommandations pertinentes seront formulées pour l’élaboration de politiques efficaces de promotion de l’inclusion financière en Afrique de l’Ouest.

Encourager une inclusion active

Avant de conclure ces propos, le Directeur général adjoint du Fmi a fait une autre observation en ce qui concerne l’inclusion financière.  Pour lui : « L’accès aux services financiers n’est pas nécessairement la même chose qu’une participation active au système financier. Prenons l’exemple de l’Afrique du Sud : les comptes en banque incluant un service minimum ont conduit à une augmentation considérable du nombre de comptes. Mais cinq ans plus tard, 42 % de ces comptes étaient inactifs. Donc, si beaucoup de clients ont profité de ce système, ce ne fut pas le cas pour un grand nombre de clients. L’enseignement à tirer de cette expérience est qu’il convient de s’efforcer d’aider les personnes qui viennent d’être incluses au système à tirer parti des services qui sont mis à leur disposition. Une formation est nécessaire, en particulier en ce qui concerne la comptabilité, l’établissement d’un budget et la planification pour les petites entreprises. Évidemment, il faut aussi que les chômeurs et les personnes qui sont sous-employés aient un emploi, afin d’avoir un revenu à épargner et à investir. Mais c’est là le sujet d’une autre conférence. Notre tâche consiste à veiller à ce que l’inclusion financière donne des moyens d’agir aux individus, aux familles et aux petites entreprises, en particulier dans les communautés pauvres, parallèlement à des systèmes financiers qui fonctionnent bien et qui peuvent leur donner du pouvoir et renforcer les économies. Le FMI considère que l’inclusion financière est un pilier essentiel du développement économique. Avec la Banque mondiale et d’autres institutions régionales, nous collaborons avec beaucoup de pays africains pour concevoir des réformes qui peuvent favoriser cette inclusion. Nous continuerons de chercher à mieux comprendre les questions en jeu, ainsi qu’à développer et à partager les pratiques optimales avec nos pays membres, afin d’encourager les politiques qui permettront  de plus en plus à des personnes de tirer parti des possibilités qui leur sont offertes d’améliorer leur condition de vie. Cet effort ne fait que commencer ».

Gilles G. Gnimadi (Stag)


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