Fitheb Migratoire Kandi 2016 : La Compagnie «Non Kanéra» au secours des filles et des femmes enceintes
La ville de Kandi a accueilli du vendredi 29 au samedi 30 juillet 2016, les manifestations du Fitheb Migratoire 2016. Le premier jour, les populations de cette cité, ont eu droit à plusieurs spectacles d’attraction faits de danses et animations traditionnelles. A la première soirée théâtrale, la Compagnie « Non Kanéra « a présenté deux sketchs lesquels ont sensibilisé les populations sur plusieurs maux auxquels, elles sont souvent confrontées.
Après Natitingou, Bohicon, c’était le tour de la ville de Kandi d’abriter les activités du FITHEB Migratoire édition 2016. A travers un riche répertoire, les populations de cette ville ont vécu pendant les deux jours cette messe du théâtre digne de nom. C’est le groupe Ando Bunudéri qui a planté le décor de la première soirée. Il a pendant des minutes tenu en haleine le public de quelques tableaux de danses essentiellement du Nord Bénin. L’occasion était également permise de voir du beau spectacle avec la danse des petits peulhs par le groupe Déma. Mais avant la prestation de ce groupe qui a d’ailleurs fait pleuvoir des tonnerres d’applaudissements, place a été donnée à la Compagnie « Non Kanéra « de Kandi de faire rire les spectateurs à travers deux sketchs. Dans le premier, il est question de la scolarisation des filles. Cette représentation met en scène un village dans lequel, un Aladji par la force de sa richesse tente de prendre en mariage forcé une élève nommée Rachida. Pour réussir son coup, Aladji qui entre temps est devenu le philanthrope de sa prétendue belle-famille promet de faire voyager le père de Rachida à la Mecque. La mère informée de la triste situation, porte l’information au niveau des Associations des Parents d’élèves et des mères d’élèves de l’établissement que fréquente Rachida. Avec leur concours, le plan d’Aladji sera déjoué. Il saura désormais que la loi interdit cette pratique. Aladji a compris que l’avenir de cette fille pouvait être hypothéqué. A travers des plages d’humours, la compagnie « Non Kanéra « a opté pour une vraie communication théâtrale en conseillant pendant plus d’une demi-heure, le public sur ce phénomène qui s’observe encore dans certaines localités du nord. Après ce premier plat de résistance, la compagnie présente un deuxième sketch qui attire l’attention de la population sur l’importance de la consultation prénatale. En effet, d’après les enquêtes, dans les localités du Nord Bénin, les femmes pendant les saisons pluvieuses sont dans les fermes et ne sortent pas pour faire suivre leur grossesse dans les maternités. Conséquences, lors des accouchements, il y a des morts nés ou des femmes meurent en voulant donner de la vie pour des choses futiles qu’elles pourraient corriger lors des consultations prénatales. Ainsi, les deux passages, de « Non Kanéra « ont permis d’attirer l’attention de la population de Kandi sur deux phénomènes qui s’observent dans leur environnement immédiat. Humour et gestes spectaculaires, etc. La compagnie « Non Kanéra « de Kandi n’a raté aucune occasion, une fois montée sur scène. Tout était réuni pour égayer les spectateurs et passer des messages importants. Avec la complicité de ces acteurs, l’enseignement véhiculé par les deux représentations théâtrales ont été vite compris du public.
Le théâtre au service de la cité !
Née de la volonté de certains passionnés de la chose théâtrale, la compagnie de l’Alibori, « Non Kanéra» est vieille de trois ans. Elle a pour vision d’impacter positivement la population du Nord en sensibilisant par le théâtre certains problèmes de la localité. Une mission qui est accomplie, au regard des témoignages des spectateurs et des fans qui suivent le groupe. « Non Kanéra « de par son professionnalisme, est très sollicitée. Elle a à son actif plusieurs spectacles et prestations à travers lesquels, elle s’est fait découvrir au public. Partenaire culturel de plusieurs structures de Kandi dont la Mairie de Kandi, l’Agence de la Poste Bénin, la Clcam,» Non Kanéra « a joué un rôle très important pour la préservation des faunes dans le Parc de la Pendjari, à travers des représentations orientées vers les sensibilisations et commandées par le Cenagref. La liste des prestations et des sollicitations est longue. Elle a suivi quelques formations de renforcement des capacités de membres. D’ailleurs, le sketch présenté à la soirée a été pensé et mis en œuvre par la troupe lors du Festival de la troupe Ogadja de Parakou. A cette rencontre, les différentes compagnies de théâtres du Nord Bénin ont été outillées à monter des pièces de théâtres sur les différents maux auxquels sont confrontés leurs populations. Malgré les efforts que mènent les Ong et les autorités, ce phénomène s’observe encore dans quelques contrées du septentrion. Dans les localités du Borgou et d’Alibori, la pauvreté fait que quand certains parents d’élèves voient un transporteur, agriculteur ou un fonctionnaire un peu nanti, ils donnent leur fille en mariage à ces derniers et oublient l’avenir de la fille. Tôt ou tard, l’argent du transporteur finit et ces filles devenues mères commencent par mener une vie de précarité. Le mariage forcé des filles en milieu scolaire est l’une des sources du sous-développement du Bénin. La Compagnie veut voir les filles continuer leur cursus scolaire pour leur garantir un avenir radieux demain. C’est ainsi, que la compagnie « Non Kanéra » a choisi de monter une pièce théâtrale sur le phénomène du mariage forcé des jeunes élèves. La compagnie a à son actif deux CD vidéos, l’un sur la scolarisation des enfants et l’autre sur le mariage forcé. Leur ambition est d’en faire d’autres sur diverses thématiques. Le Directeur du Fitheb Erick-Hector Hounkpê, donnant le top de la présente soirée théâtrale est revenu sur les raisons qui motivent l’organisation du Fitheb Migratoire. A l’entendre, le meilleur reste à venir de son équipe pour le Fitheb.
Victorin Fassinou
via La Presse du Jour http://ift.tt/2aLRwsI