Crises à l’Uac et à l’Ens de Porto-Novo : Des patates chaudes pour Atanasso

Publié le jeudi 4 août 2016

Des foyers de tensions sont ouverts à l’Université d’Abomey-Calavi, à l’Ecole normale supérieure de Porto-Novo et dans des villes abritant des universités appelées à s’aborder à d’autres. Des dossiers qu’il revient à la ministre de l’enseignement supérieur de gérer au mieux.

Ça grogne à la Faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash) de l’Université d’Abomey-Calavi et à l’Ecole normale supérieure de Porto-Novo. Les contestations relatives à la suppression de certaines universités ne s’estompent pas. Elles vont plutôt grandissantes. De délicats dossiers qui relèvent de la compétence du ministère de l’enseignement supérieur. A la Flash à l’Uac, le bras de fer entre responsables des associations estudiantines et les autorités rectorales date de plusieurs mois. Ce bras de fer s’est cristallisé et a enfin pris une autre tournure pas heureuse pour des étudiants de l’Uac. Depuis le jeudi 28 juillet 2016, par un arrêté rectoral, 21 responsables d’associations estudiantines sont exclus. On leur reproche des responsabilités dans les mouvements organisés pour faire passer leurs revendications. Il s’agit, notamment, de la tenue de la session de rachat à la Flash. Les compositions devant sanctionner les cours du 1er et le 2è semestre n’ont pu avoir lieu. Les étudiants les ont tout simplement boycottées ou ont empêché certains de leurs camarades de composer. La conséquence est l’invalidation de l’année académique 2015-2016 décidée par les autorités rectorales. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Depuis mardi dernier, étudiants et responsables de confédérations syndicales montent au créneau pour dénoncer cette décision et demandent aux signataires de les rapporter. Au niveau des autorités rectorales, pas question. D’autant plus que la masse horaire nécessaire pour valider l’année académique n’a pas été atteinte. Les secrétaires généraux de la Confédération des syndicats des travailleurs du Bénin (Cstb) et de l’Union des syndicats des travailleurs du Bénin (Unsb), à la faveur d’une sortie médiatique conjointe hier à la bourse du travail, exigent que l’année soit validée et que les étudiants exclus soient rétablis.

 Marche sur le ministère

 Les étudiants, suite à ces décisions, ont donc entamé leur résistance à l’Uac. Pour quelle issue ? Les enseignants de l’Ecole normale supérieure de Porto-Novo se sont aussi fait entendre dans la même journée d’hier, mercredi 3 août. Déjà en grève depuis plusieurs semaines, ils ont marché sur le ministère de l’enseignement supérieur. Ils réclament la réouverture du second cycle de l’Ecole qui leur permettra d’obtenir le diplôme de Capes. Eux aussi menacent de lutter jusqu’à satisfaction de leur revendication. Kétou n’accepte également pas qu’on lui enlève l’Université d’agriculture implantée sur ses terres. Les populations ont marché le lundi 1er août dernier pour se faire entendre. Elles ne sont pas prêtes à laisser partir cette université et mettent en garde toute personne qui fera le contraire. D’autres localités qui abritent des universités prépareraient aussi des ripostes. Ça fait sans doute un peu trop de dossiers à la seule ministre de l’enseignement supérieur. Evidemment, elle est appelée, en tant qu’autorité de tutelle, à apporter des solutions à chacune de ces crises apparemment pas banales. Y parviendra-t-elle ? Les prochains jours édifieront.

L’Unstb invite le rectorat à lever sans conditions les sanctions prises

La Faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash) de l’Université d’Abomey-Calavi  (Uac) traverse une situation difficile ces derniers temps.  L’année académique 2015-2016 est invalidée au sein de cette faculté selon l’arrêté pris par le rectorat de l’Uac. A  cela s’ajoute l’exclusion de 21 étudiants. Cette situation préoccupe l’Unstb  avec à sa tête Emmanuel Zounon qui ne ménage aucun effort pour soutenir ces étudiants.  Au cours d’une conférence de presse tenue à la Bourse du travail à Cotonou, Emmanuel Zounon s’est indigné sur le régime du président Patrice Talon par  rapport  à la situation  de la Flash à  l’Uac.  » si le régime du président Talon ne peut améliorer les conditions de travail et de vie des populations, qu’il cesse au moins de faire pleurer nos enfants et les parents que nous sommes. L’invalidation d’une année académique est un redoublement collectif alors qu’on parle déjà d’effectif pléthorique qui met à mal le système Lmd « , demande le secrétaire général de l’Unstb Emmanuel Zounon. Revenant sur la marche pacifique organisée par les étudiants le mardi 26 juillet 2016 mais qui s’est dégénérée à cause de la répression par les forces de l’ordre n’est pas du tout appréciée par Emmanuel Zounon.  »  L’Unstb par ma voix condamne avec la dernière rigueur cet abus d’autorité disproportionnée des forces de l’ordre contre nos enfants qui ne réclament que le droit à un examen de rattrapage « , a dit Emmanuel Zounon.  En effet, au cours de cette marche des étudiants ont été grièvement blessés dans cette escalade par  des forces de l’ordre. Comme si tout cela ne suffisait pas, et au lieu de s’engager  dans une démarche de dialogue social pour la paix sur le campus et dans le pays  selon les dires de Emmanuel Zounon, les autorités de l’Uac dans un zèle sans précédent ont décidé l’exclusion de 21 étudiants.  Toutes ces situations traduisent selon Emmanuel Zounon  la volonté du régime en place de n’utiliser la force pour régler les problèmes sociaux du Bénin  et que le dialogue social ne fait pas partie de sa méthode de gouvernance. Ces questions tiennent à cœur Emmanuel Zounon qui se demande si l’on n’est pas en train de rentrer de pleins pieds dans une dictature de type nouveau. Il a saisi l’occasion pour inviter les autorités de l’Uac à lever sans condition les sanctions prises à l’encontre des 21 étudiants de la Flash et à repenser l’ensemble du système éducatif universitaire au lieu de faire des fuites en avant. Il  a également lancé un appel à la mobilisation générale à l’ensemble des étudiants de l’Uac afin qu’ils tiennent prêts pour barrer la route à la dictature de type nouveau.

Les raisons de l’invalidation de l’année à la Flash

Le doyen de la Flash de l’Uac Flavien Gbéto a confirmé hier mercredi  03 juillet 2016 au cours d’un point de presse dans l’amphithéâtre de la Flash l’invalidation de l’année académique 2015-2016  au sein de cette faculté. Les raisons liées à cette invalidation ont trait  selon lui aux divergences autour de l’organisation de la session de rattrapage. Selon ce dernier, l’invalidation de l’année est motivée par le fait que la Flash ne dispose plus de temps matériel pour conduire les activités pédagogiques au titre de cette année.  » Ce n’est pas pour régler le problème que l’année est invalidée. L’année est invalidée parce que nous ne disposons plus du temps nécessaire au sein de notre entité pour conduire les activités pédagogiques, et du premier semestre et du second semestre « , a martelé Flavien Gbéto.  L’autre raison évoquée par ce dernier est la fin de l’année académique prévue pour le 12 décembre 2016 à la Flash. Alors que le mois d’août étant retenu pour celui de congés au niveau de l’Uac. Au regard de cela,Mr Flavien Gbéto stipule que la Flash ne dispose donc que de trois mois pour le déroulement de ses activités pédagogiques. Ce temps relativement court ne pourrait pas permettre l’organisation des examens de fin du premier semestre ainsi que le déroulement des cours et l’organisation des évaluations du second semestre.  »  Nous n’avons encore rien fait, les étudiants le savent. Nous n’avons plus le temps pour dérouler les activités académiques de toute une année « , a expliqué le professeur avant de préciser qu’après chaque évaluation, il faut attendre au moins deux mois pour donner les résultats.

Réalisé par Athanase Dèwanou et Boniface Kabla


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