Réformes institutionnelles et politiques : Des chances pour la constitutionnalisation du mandat unique
Installée le 6 mai 2016, un mois jour pour jour après l’investiture du Chef de l’Etat, la commission chargée des réformes institutionnelles et politiques a fini ses travaux après 30 jours dont elle disposait. Nos sources indiquent qu’il ne lui reste qu’à transmettre officiellement son rapport au président de la République. Ledit rapport, souligne les mêmes sources, confirment que le principe de mandat unique figure bel et bien dans les conclusions de la commission. Une première étape franchie. Les autres suivront sans doute.
Une première des trois étapes vient d’être franchie pour la constitutionnalisation du mandat proposé par le Chef de l’Etat. Sur le sujet, le débat a été sérieux et riche au niveau de la Commission chargée des réformes institutionnelles et politiques. Mais, en fin de compte, la commission présidée par le ministre de la justice, Joseph Djogbénou, est effectivement inscrit dans le rapport qu’elle s’apprête à transmettre au président de la République. La prochaine étape, la deuxième, c’est l’Assemblée nationale. Le Chef de l’Etat, une fois le rapport de la commission reçu, aura à envoyer sa proposition de texte à l’Assemblée nationale. Et c’est là que tout se jouera. Mandat unique ou pas, il reviendra à la représentation nationale d’en décider. Mais, de ce côté aussi, le président Patrice Talon ne devrait pas se faire du souci. Il est décidé à institutionnaliser le mandat unique. Et Dieu seul sait que l’homme sait s’y prendre pour gagner ce genre de bataille au parlement. Il en a remportées lorsqu’il n’était pas à la tête du pays. Maintenant que Talon dirige le pays, c’est indéniablement un atout supplémentaire pour lui pour faire aboutir cette réforme qui lui est chère. Des sources soulignent que Talon a déjà reçu l’assurance de plus de la majorité des 83 députés. Mieux, ce sont de fins stratèges et habitués du parlement qui sont à la manœuvre pour le compétiteur-né.
Aubaine pour des hommes politiques
Pour donner le « bon » exemple, le président Patrice Talon a décidé de ne faire un seul mandat. Candidat, il l’a annoncé. Président de la République élu, il l’a confirmé. Autrement, dans moins de cinq ans, le Bénin aura un autre président de la République. Pour les grands partis politiques désillusionnés lors de la présidentielle de 2016, c’est une très bonne nouvelle. Ils savent qu’ils ont désormais cinq ans pour se préparer à refaire surface et à redorer leur blason. Car, cinq ans à la touche c’est mieux que dix ans. C’est indéniablement un argument qui milite en faveur de la constitutionnelle du mandat que veut Talon. Il y a une autre raison qui devrait amener les députés à se pencher favorablement pour le mandat unique. Au Bénin, on sait désormais que l’homme au pouvoir a de fortes chances de se faire réélire. Alors, à défaut de se faire élire Chef de l’Etat, il vaut mieux être avec le pouvoir en place. Or, tout le monde n’a pas cette « chance » ou n’en veut pas toujours. Dans ces conditions, en cas d’un mandat unique constitutionnalisé, l’impatience sera moins longue que d’habitude. L’alternance interviendra plus vite. La classe politique aura donc la chance de se renouveler tous les cinq ans. Pour ces raisons, on a du mal à croire que les députés iront contre cette proposition du président Patrice Talon. Or, si les députés votent cette proposition, un éventuel référendum ne sera qu’une formalité. En ce sens que ce sont les mêmes hommes politiques qui seront appelés à aller convaincre les populations. Evidemment, les opposants au mandat unique, il y en a. Ils se manifestent. Mais de là à gagner le pari au moment opportun n’est pas évident. Une fois encore, le compétiteur-né est en passe de gagner son challenge. Comme tant d’autres.
Athanase Dèwanou
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