« Monarque Hangbé : panégyrique d’une reine biffée » : Un essai de Sophie Adonon qui interroge l’histoire du Danhomé

Publié le mardi 14 juin 2016

Depuis quelques jours, l’écrivaine béninoise Sophie Adonon est de retour dans les bacs littéraires. Avec un Essai sur la monarque Tassi Hangbé, elle remue les cendres de son règne controversé.
Tassi Hangbé a-t-elle été reine ou simple régente dans le royaume du Danhomè ? Une réponse tranchée à cette interrogation reste aujourd’hui difficile à donner. Et c’est d’ailleurs l’intérêt historique de « Monarque Hangbé : panégyrique d’une reine biffée », un ouvrage que l’écrivaine béninoise, Sophie Adonon, vient de mettre sur le marché littéraire béninois. Car déjà dans la préface du Professeur Jean-Roger Ahoyo qui prend une tournure de critique littéraire, le ton est bien donné. Ce dernier ayant clairement exprimé son désaccord sur certaines allégations de l’auteur. Quoi de plus normal pour un Essai documentaire de Sophie Adonon qu’on peut considérer comme un pavé jeté dans une partie de la marre encore hétérogène de l’histoire du royaume du Danhomè.

Un règne féminin unique

En tout cas, « Monarque Hangbé : panégyrique d’une reine biffée » est un ouvrage historique écrit sur une base documentaire bien achalandée, doublée d’une enquête personnelle de terrain et de témoignages vivants. Ainsi, Sophie Adonon tente de restaurer la mémoire peut-être trop écornée, voire à dessein effacée de cette brave et digne fille de la lignée royale « Houégbadja ».
Déjà à en croire l’auteur, « seule femme à avoir régné sur le puissant royaume du Danhomè, la reine Hangbé, jumelle du roi Akaba, fut contrainte tragiquement à renoncer au trône. Ce coup de force sournois dû à la gent masculine de la couronne royale du Danhomè en 1711, alla jusqu’à attribuer son règne à son successeur et petit-frère, le roi Agadja. Femme à poigne, elle dirige son pays de 1708 à 1711 de main de maître. Tassi Hangbé fut l’initiatrice des nombreuses réalisations qui soulagèrent la vie de ses sujets, comme la distribution de l’eau potable à tous. Elle contribue à l’émancipation des femmes du royaume en les conduisant vers l’apprentissage d’un métier, ou encore prouve que la femme est aussi téméraire et capable que les hommes, en créant la troupe des Amazones (Ago-odjice)… ».

Œuvre didactique et historique

Par conséquent, il n’est vraiment pas juste de laisser dans les tiroirs de l’oubli la mémoire de Tassi Hangbé considérée à tort ou à raison comme une monarque au règne controversé.
C’est aussi une œuvre didactique et historique qui remet au goût du jour la dynastie royale d’Abomey telle qu’elle est officiellement présentée. Elle tire également l’attention sur des omissions fragrantes à l’image de celles des règnes de Tassi Hangbé (1708-1711) et Adandozan (1797-1818).
Edité au Bénin en juin 2016, le chef-d’œuvre est déjà disponible et en vente à la librairie Notre-Dame de Cotonou.
Rappelons enfin que Sophie Adonon est une Béninoise vivante en France depuis une trentaine d’années. Juriste de formation, elle est l’auteur de plusieurs romans policiers-littéraires, dramaturgiques etc. qui peignent les réalités de la société béninoise, voire de l’Afrique noire. Plusieurs de ses ouvrages sont au programme dans les universités du Bénin. Tous présentant toujours des caractères didactiques et pédagogiques.
De sources bien crédibles, elle s’apprête même à mettre à nouveau sur le marché littéraire dans quelques jours à Cotonou une « pièce de théâtre versifiée » écrite en alexandrins. Ce qui paraît une première en Afrique.
Pascal Hounkpatin


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