Congrès électif factice de la Fbf : Quelle légitimité pour le nouveau Comité exécutif ? (Ne pas bâtir une république bananière)
Le 10 juin 2016, le Comité de normalisation a grossièrement mis en place un comité exécutif de la Fédération béninoise de football (Fbf). Une situation qui interpelle le gouvernement béninois.
Existe-t-il aujourd’hui au Bénin un véritable Comité exécutif de la Fédération béninoise de football (Fbf) ? Pour le commun des Béninois respectueux des textes en vigueur et des bonnes pratiques, assurément non. Le Congrès électif factice organisé par Me Rafiou Paraïso et ses acolytes interpelle plus d’un. Puisse que les membres qui se prévalent de ce titre se basent sur le braquage, voire le hold-up électoral planifié dans la confusion et la tricherie par le Comité de normalisation. Et ce en dépit de la nouvelle ordonnance du juge de Porto-Novo qui interdit à nouveau la tenue au Bénin du Congrès électif.
De la pure intoxication
Inutile aujourd’hui de revenir sur les différentes péripéties qui ont conduit à ce congrès électif, et surtout les irrégularités graves relevées lors des travaux. Ce qui est connu de tous les Béninois honnêtes et non partisans, le scrutin entamé dans la précipitation n’est jamais allé à son terme. Il n’est pas possible pour les organisateurs de présenter un point exhaustif et non contesté de l’opération de vote. Des délégués ayant régulièrement pris part au congrès le confirment. A ce jour, ils détiennent encore des bulletins de vote non cachetés. Pendant que dans le même temps, des chiffres tronqués sont divulgués de part et d’autre pour tenter d’intoxiquer les paisibles citoyens.
Ce qui préoccupe en ce moment est la position du gouvernement béninois. Car, le match des Ecureuils du Bénin face à la Guinée Equatoriale comptant pour la 5e journée des éliminatoires de la Can, Gabon 2017 a eu lieu. Dieu merci, les Ecureuils s’en sortent avec les trois points de la partie (2-1).
Faire diligence
Aujourd’hui, la suspension de la Fbf par la Fifa que le gouvernement béninois redoutait n’a pas eu lieu. Mais cela suffit-il pour que les lois de la république soit foulées au pied ? Le Comité de normalisation qui a bravé la justice béninoise avec en prime le pied de nez des émissaires de la Caf et la Fifa doivent-ils rester sans réactions ?
Dans sa déclaration de presse faite le samedi 11 juin 2016 – juste au lendemain du fameux Congrès électif –, le ministre des Sports, Oswald Homéky, a promis que la légitimité et la légalité du Congrès électif seront établies dès que les différentes pièces justificatives seront confrontées. Nous osons croire en sa bonne foi. L’essentiel est que diligence soit faite afin que les Béninois ne se sentent pas dans une République bananière. Comme l’avait martelé Patrice Talon, le chef de l’Etat Béninois.
Pascal Hounkpatin
via La Presse du Jour http://ift.tt/28IpWZi