Pour une éducation de qualité au Bénin : Les propositions de l’inspecteur Emmanuel Salami
Le système éducatif au Bénin connaît de sérieux problèmes que certains ignorent. Nous n’avons pas besoin d’être un visionnaire avant de reconnaître que le niveau des écoliers, élèves et étudiants baisse et pour cause, bon nombre d’enseignants n’ont pas la vocation de transmettre le savoir aux apprenants. Pour certains enseignants, la politique a pris le pas sur l’éducation ; pour d’autres, avoir l’argent à tout prix demeure leur première préoccupation, motif pour lesquels ils s’absentent aux cours pour se vaquer à d’autres affaires. Conséquence : le Bénin a perdu son titre de quartier latin de l’Afrique. Que faire ? Les réponses dans cette interview que nous a accordée l’inspecteur de l’enseignement primaire et maternel, Emmanuel Salami, Directeur de l’Ecole Normale des Instituteurs (ENI- Dogbo) en poste depuis le 18 février 2015..
La Presse du Jour : Bonjour monsieur le Directeur,
Emmanuel Salami : Bonjour monsieur le journaliste.
Comment voyez-vous le système éducatif actuel au Benin ?
Le système éducatif actuel au Bénin ne se porte pas très bien à cause de la politique à outrance qui s’y est mêlé puisque certains enseignants aujourd’hui n’ont plus peur de leurs directeurs pour venir à l’heure aux cours nonobstant des absences non justifiées ; pire quand le directeur demande des fois une sanction contre ce ou ces dernier(s), aucune suite favorable à cause des parrains politiques qui soutiennent vaille que vaille cet ou ces enseignant(s) indélicat(s). L’autre aspect de la chose est que certains enseignants n’ont pas la vocation de faire le travail. Le gouvernement quant à lui n’arrive plus à mettre à la disposition des établissements le nombre suffisant d’enseignants de qualité qu’il faut. Du coté des parents des élèves aucun suivi de leurs enfants, ce qui est grave car sans la communication entre les parents et leurs progénitures, pas de lendemain meilleur.
Que proposez-vous au nouveau gouvernement de Patrice Talon pour que l’éducation béninoise renaisse ?
Selon moi, la vie est un choix et la vocation en est la meilleure formule.
Je le dis parce que je suis fier d’être enseignant depuis que je suis dans la fonction publique. Ce que je propose au gouvernement de la rupture c’est de tout faire pour que les établissements publics à savoir la maternelle, le primaire, le secondaire aient suffisamment d’enseignants c’est-à-dire une classe un enseignant au lieu de construire des beaux bâtiments remplis d’écoliers ou d’élèves sans enseignant, d’organiser le système éducatif pour qu’il y ait un suivi rigoureux de ceux qui enseignent , de dépolitiser le système éducatif de son monde actuel afin que siège la politique du développement , de négocier avec les syndicats des trois ordres de l’enseignement pour que les grèves diminuent car dans un Etat ou l’Education n’est pas prise au sérieux le développement connaît toujours de problèmes.
Quels conseils avez-vous à donner à tous les enseignants du Couffo et ceux du Bénin en général ?
Ce que je dois dire aux enseignants est que chacun soit fier de son travail car à l’avenir ils seront contents de voir leurs élèves devenir des cadres ou mieux chef de l’Etat c’est cela l’objectif que de voir les enfants abandonnés les classes sans connaître un métier et devenir des brigands. Qu’ils arrivent à gérer bien ce qu’ils gagnent car ce n’est pas le fait de gagner beaucoup d’argent qui fait le problème mais plus tôt la bonne gestion. Enfin, je leur demande de mettre le temps à profit des apprenants, que les erreurs du passé ne reviennent plus et que les uns et les autres cessent de compter sur des politiques pour occuper des postes qui ne sont pas à leur mérite.
Votre mot de fin ?
Je vous remercie pour votre descente dans l’Ecole Normale des Instituteurs(ENI) sise dans la commune de Dogbo. Je passe par ce canal pour remercier le Maire Vincent CodjoAkakpo qui nous a offert dix(10) ordinateurs pour mieux équiper la salle informatique. Je vous signale que c’est un maire qui a le souci de l’éducation ; si tous les autres maires pourront emboîter le pas, nous serons heureux. Je rappelle aux étudiants qui continuent de croire que l’enseignement ne nourrit pas son homme qu’ils se trompent puisque avec le BAC si vous êtes enseignant agent permanent de l’Etat, vous êtes classés dans la catégorie B1, pour ceux qui savent ce que je dis comprennent. Donc je demande aux étudiants qui ont la vocation d’enseigner de passer le concours d’entrée à l’ENI le moment venu ou de demander à leurs parents de leur payer l’Ecole car ici à Dogbo, il ya 200 places pour les boursiers et 100 places pour ceux qui vont s’inscrire à titre payant.
Propos recueillis parBienvenu Ehou (Mono-Couffo)
via La Presse du Jour http://ift.tt/1UedFPm