Depuis le 6 avril 2016 à minuit : Ouf ! Yayi, c’est bien fini
Boni Yayi n’aimait pas qu’on lui dise qu’il était fini. Mais aujourd’hui, l’évidence est là. Il est bel et bien fini. Depuis le mercredi 6 avril à minuit, il a quitté la présidence du Bénin après deux mandats constitutionnels.
La page du régime de Boni Yayi est définitivement tournée. Yayi est bel et bien fini. Il n’est plus le président du Bénin. Il laisse la place à son successeur, Patrice Athanase Guillaume Talon. Le changement et la refondation sont désormais derrière les Béninois. Adieu donc les intrigues politiques, les prières et messes de compassion, les meetings de remerciement, le culte de la personnalité, le populisme, les scandales, les concours frauduleux, les interminables poses de premières, les longs discours à la télévision nationale, la prise en otage des médias du service public, les insultes, le mensonge d’Etat, les acharnements, les injures, le harcèlement politique, les emprisonnements politiques etc. Tout ceci a caractérisé les dix ans qu’a passés Boni Yayi à la tête du Bénin. Des choses dont les Béninois n’étaient pas habituées. Pour beaucoup d’entre eux, c’était un calvaire. Un supplice. Mais, malgré eux, ils l’ont subi pendant dix ans. Désormais, c’est terminé. Yayi part avec ses habitudes. Pas sûr que le nouveau président, Patrice Talon, répète les mêmes erreurs. Lui qui tient effectivement à la rupture. Rupture avec la gouvernance de 2006 à 2016, rupture avec les tares du régime fini. C’est certainement un grand ouf de soulagement pour beaucoup de Béninois.
L’UN avait raison
«Yayi, c’est fini». Cette phrase est prononcée pour la première fois le 31 juillet 2014 alors que l’Union fait la Nation (UN) rencontrait ce jour ses militants de Godomey, commune d’Abomey-Calavi, au Centre St Jean Eudes d’Attrokpocodji. Les ténors de l’Union en étaient persuadés. «Il ne fera pas deux secondes de plus le 06 avril 2016», avait déclaré à la même occasion l’honorable Antoine Kolawolé Idji. En mars 2015, en pleine campagne pour les législatives, l’honorable Sacca Lafia l’a répété. «Yayi Boni 10 ans, c’est fini». Le président de l’alliance Soleil et ses militants étaient décidés à se battre pour une alternance au sommet de l’Etat en 2016. Selon Sacca Lafia, le régime de Boni Yayi doit inévitablement plier bagage en avril 2016. «L’alliance s’opposera à toute révision opportuniste de la Constitution», avait-il souligné. Quelques jours plus tard, il a eu la réplique du Chef de l’Etat. «Je ne suis pas fini. J’ai un mandat constitutionnel», a dit Yayi lui aussi en campagne pour les législatives 2015 dans les 21è et 22è circonscriptions électorale. Il l’a répété des jours après dans le septentrion. Yayi n’aimait pas en entendre parler. Mais cette fois-ci, il n’a pas le choix. La constitution du 11 décembre 1990 l’y oblige. Il avait promis se consacrer à l’évangélisation après le pouvoir. Tiendra-t-il parole ?
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