Les éphémères-déserteurs

Publié le lundi 11 janvier 2016

Demain, mardi 12 janvier 2016. La clôture du  dépôt des candidatures  sera effective. Bien avant, de présumés candidats se rangent. C’est le cas de  Valère K. Glèlè, Président d’honneur du parti « Couronne » et  de « l’incorruptible » juge  de la magistrature buissonnière, Angelo Houssou.  A vingt-quatre heures de  la clôture,  on se rend compte que les éphémères (1)  s’éteignent et font tapis rouge  à  leurs mentors cachés  (2).

 

  1. Fin de lumière pour les éphémères

La présidentielle est toujours une occasion pour les uns de s’attirer la lumière de la presse et pour les autres de tenter des rapprochements  politiques. Avec tant de bruit médiatique, on devrait s’étonner que Valère Glèlè et Angelo Houssou soient enfin  résolus de ne plus se porter à la magistrature suprême. Ni l’un ni l’autre ne justifient ce désistement spectaculaire dans le néant.  « L’incorruptible » juge à la magistrature buissonnière  renvoie à plus tard, les raisons de son match forfait. Et pourtant, il est clair qu’il n’est ni éligible ni apte pour la fonction présidentielle au Bénin. C’est un non-lieu  logique. Quant à M. Valère Glèlè, il estime que « l’enjeu est historique ».  Ce qui en fait ne veut rien dire. Ensuite, il dit vouloir « limiter la pléthore de candidature ». Ce qui signifie que lui-même se perçoit comme en complément d’effectif. Le comble, M. Valère Glèlè dit qu’il a lu les projets de société en compétition et que son parti finira par opérer un choix. Ce qui montre  que son parti et lui n’en avaient pas un. En conséquence, il n’est ni plus ni moins un éphémère attiré par l’encre de nos plumes, la lumière de nos caméras, et le son de nos micros. Cela participe au folklore de la campagne  présidentielle.  Ils ont amusé la galerie. Nous leur en sommes reconnaissants pour cette partie de plaisanterie qui nous arrache un sourire en ces temps de morosité nationale.

  1. Les mentors en jeu

La campagne va entrer dans sa phase des confrontations. Les « candidateaux » ont vite perçu dans quel accoutrement ils seront taillés.  Ils ont pris la clé  des champs.  C’est plus sage de se plier pour un candidat plus sérieux, plus charismatique. En réalité, les candidats éphémères  ne pouvaient pas faire autrement. Ils sont juste là pour le bruit médiatique. L’objectif spécifique étant d’obtenir un strapontin dans l’équipe de campagne du candidat qu’ils auront supplié de les coopter.  Les grosses cylindrées  entrent en scène dès ce jour et demain. Le quinté gagnant, c’est bien sûr dans le désordre, Mankandjou Koupaki, Abdoulaye Bio Tchané, Lionel Zinsou , Talon Patrice et Sébastien Ajavon. Il est démocratiquement décent  que le débat se fasse autour de cinq grands projets de société.  Pour développer le Bénin, on peut discuter autour de cinq grandes visions. Pas plus. Lesdites visions sont incarnées par des hommes de grande valeur. Toute candidature en dehors du quinté  est une perturbation de l’électeur. Il reste que le quinté soit doté d’une communication réelle pour permettre à l’opinion de ne pas se distraire par des « candidateaux ». L’enjeu est important.

Herbert-Tauyé HOUNGNIBO


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