Entretien avec le promoteur culturel Dine Djeriwo Adamou : « Après six éditions, les perspectives sont très bonnes pour le festival Anii.. »

Publié le mardi 5 janvier 2016

Après une délocalisation de Cotonou vers Bassila et une tenue consécutive de six éditions, de nouvelles perspectives s’ouvrent au festival Anii, dont la mission fondamentale est de valoriser le patrimoine culturel Anii. A l’heure du bilan de la sixième édition tenue du 18 au 20 Décembre 2015 derniers, le promoteur Adam DJERIWO annonce la mise en place prochaine d’un espace Anii qui fonctionnera comme un centre multifonctionnel de promotion de la culture Anii.

Le festival Anii a connu sa sixième édition du 19 au 20 décembre 2015 dernier dans la ville de Bassila. Que pouvez-vous dresser comme bilan ?

Comme vous le savez l’objectif de ce festival est de restaurer les danses traditionnelles en voie de disparition dans le pays Anii. Dans cette optique le festival a connu beaucoup de temps forts et d’émotions à l’endroit de la population. Comme les éditions précédentes, les danses traditionnelles de la région Anii ont été valorisées, sans oublier les têtes couronnées qui ,à chaque édition ne cessent de démontrer leur intérêt pour l’initiative. La population aussi prend aussi rendez-vous avec nous et le festival reste une date réservée dans leur agenda. Cela reste très encourageant pour nous et nous réconforte dans les perspectives de l’événement. Et d’ailleurs en termes de perspective, nous envisageons ériger un équipement, dénommé « espace Anii », capable d’assurer la promotion de ces danses selon des programmations conséquentes.

Et comment fonctionnera ce futur équipement de promotion du patrimoine immatériel Anii ?

Je vous informe qu’il s’agit d’un projet que nous appelons de tous nos rêves, pour mettre à la disposition de la population un équipement qui sera un multiplex avec une salle de spectacles, une salle de conférence, de répétition et un espace multimédia. Ce projet permettra de programmer des spectacles dans un endroit propice aux échanges et à la promotion de la culture Anii. Nous appelons dès lors toutes les bonnes volontés à s’associer au projet pour lui réserver une bonne exécution.

 

Justement j’allais vous demander si vous avez déjà boucler le budget de réalisation de l’espace Anii !

Pour le financement, nous sommes toujours dans la phase de mobilisation de ressources, nous n’avions pas encore bouclé totalement le budget, mais les perspectives sont bonnes pour la réalisation. Et comme je le dis, tous les apports sont les bienvenus.

Revenons à la dernière édition. Quelles sont les grands moments qui l’ont meublé ?

Comme les éditions précédentes, nous avions programmé une dizaine de rythmes de différentes localités qui ont été exécutées. On peut citer par exemple, le rythme « tobo » qui est une danse de réjouissance et de célébration de la fête de l’igname dans la région de Kikélé. Il y a eu aussi la danse « atchimbayo », exécutée lors des réjouissances ou à l’occasion du décès de personnes âgées dans la localité de Pénéssoulou ; sans oublier la danse des guerriers « Assassa », exécutée au cours de la cérémonie d’intronisation des rois qui furent de grands guerriers, mais exécutée par les jeunes filles. Nous avions eu entre autre le rythme « Waa » qui s’exécutait tous les cinq ans dans la localité de Badjoudè, pour marquer la fin d’une génération. Généralement, elle coïncidait avec la période des crues et s’exécute en août ou septembre. En dehors de la danse, la lutte traditionnelle était toujours au rendez-vous avec la finale suivie de remise de trophée au meilleur lutteur par le ministre des sports et loisirs. La distinction du Directeur du fonds d’Aide à la Culture représentant le ministre de la culture reste aussi un temps fort à ne pas occulter, sans oublier la cérémonie officielle d’ouverture ayant connue la présence d’importantes personnalités et des têtes couronnées. En clair nous pouvons dire que c’était un succès comme les éditions précédentes.

Oui, vous parler de succès. Mais il n’y a jamais de succès sans difficulté. Quelle est le point que vous faites des difficultés qui ont jalonnées la mise en œuvre de cette édition du festival ?

Il faut dire que les difficultés sont purement d’ordre financier. Car nous n’avions pas pu boucler le budget à temps. Ce qui a fait que nous avions réduit la programmation des groupes à une dizaine au lieu de la vingtaine initialement prévu. Il en est de même que pour les autres activités. Nous estimons que les prochaines fois les partenaires financiers ne nous feront plus défaut pour une future édition plus fournie et plus riche en programmation.

Un appel pour boucler cet entretien !

Avant de lancer un appel, je vais remercier tous ceux qui ont apporté leur soutien à l’organisation de cette édition. Ensuite, je vais les exhorter à continuer de nous appuyer et demander à toutes les bonnes volontés de faire pareil, afin que le patrimoine culturel immatériel anii soit valoriser à sa juste valeur et sauvegarder pour une meilleure transmission aux générations futures.

 Réalisé par Victorin Fassinou


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