Entretien avec Cyprien Koboudé, Secrétaire national à la communication du Psd : « Ce qui se passe à l’UN est affreux… »
La pilule est amère. Au sein du Psd, beaucoup ont du mal à la digérer. Le coup fait au candidat Emmanuel Golou au sein de l’Alliance Union fait la Nation est perçu comme une grande trahison de l’idéal qui a jusque-là guidé le plus grand rassemblement des partis d’opposition du Bénin. Pour M. Cyprien Koboudé, Secrétaire National à la communication du Bureau Exécutif National du Psd, « Ce qui se passe à l’UN est affreux et les jeunes doivent en tirer des leçons pour l’avenir de notre pays, le Bénin ».
Le Président Emmanuel Golou n’est plus dans la course au Palais de la Marina en 2016. Peut-on savoir, au-delà de ce qui est rapporté, les raisons qui motivent cette décision qui est tombée le lundi 11 janvier 2016 comme un couperet ?
On ne va pas à une élection présidentielle pour le plaisir d’y aller. Nous nous étions préparés pour porter l’étendard de l’alliance l’Union fait la Nation (UN) dans le cadre de l’élection présidentielle de février 2016. Notre parti a déposé la candidature du camarade-président Emmanuel Golou à la candidature unique de l’UN suivant le processus de désignation du candidat unique tel que validé par les forces vives de l’UN. Deux camarades ont par le biais de leur parti, déposé leur dossier constitué, entre autres d’une caution de 5 millions. Ils ont investi et se sont investis dans tout le Bénin et brusquement à trois jours de l’ouverture du dépôt des candidatures à la CENA, le bureau de notre alliance se réunit pour décider d’abandonner l’option de la candidature interne pour se tourner vers une candidature externe. Vous convenez avec moi que ce n’est pas en deux jours qu’on assoit une machine qui gagne. Même si une élection présidentielle c’est une rencontre entre un homme et son peuple, il faut une machine huilée par le travail de terrain. Aussi vous connaissez la réalité politique de notre pays qui est qu’aucun parti politique ne peut gagner à lui seul le pouvoir. Et comme être candidat n’est pas une fin en soi, le président Emmanuel Golou a trouvé qu’il ne faut pas forcer inutilement les choses en se portant candidat. Il ne dispose plus du temps matériel pour s’organiser. D’où la courageuse décision de ne plus s’engager sur la ligne de départ de la Course au Palais de la Marina.
Avez-vous le sentiment d’avoir été trahi par les aînés de l’Union fait la Nation ?
Le mot trahison est même trop faible. Les responsables de l’union n’ont pas idée de l’espoir que notre alliance suscitait dans l’opinion. C’est dommage et très regrettable pour tout le sacrifice qui a été consenti. Ce qui se passe à l’UN est affreux et les jeunes doivent en tirer des leçons pour l’avenir de notre pays, le Bénin. Pour le moment je n’en dirai pas plus.
Dans sa déclaration, le Président Golou a appelé les militants du Psd à se mobiliser pour faire face, avec dignité et responsabilité, à la présidentielle de février 2016. En décryptant cet appel, on en vient à la conclusion selon laquelle le Psd soutiendra un des candidats qui seront en lice. Peut-on déjà savoir sur qui Golou et le Psd jetteront leur dévolu ?
Cher ami, quand on appartient au bureau politique d’un parti politique comme le PSD, ce n’est pas des questions auxquelles ont peut apporter des réponses sur un coup de tête. Néanmoins je peux vous informer qu’actuellement des missions ont été envoyées sur le terrain pour écouter les structures de base de notre parti. Ensuite nous irons en conseil national pour décider de ce que le parti fera dans le cadre de la présidentielle de Février de 2016. Mais je vous assure que les militants s’impliqueront totalement dans la campagne aux côtés de celui qui sera choisi pour une victoire certaine.
Comment envisagez-vous désormais l’avenir du Psd ?
Le PSD a encore de beaux jours devant lui, et c’est d’ailleurs pour ça que nous devons faire très attention au choix que nous allons opérer. Les militants doivent être associés à la prise de décision
En claquant à la porte à ce regroupement auquel les Béninois ont placé leur espoir à un moment donné, l’honorable Désiré Vodonou avait prévu une triste fin pour l’UN. Apparemment, l’histoire semble lui donner raison. Partagez-vous le même avis ?
Nous n’avons pas encore claqué la porte à l’Union fait la nation. C’est une décision qui viendra des militants. Pour ce qui est de Vodonou, je constate qu’il a malheureusement raison.
Un mot à l’endroit de vos militants ?
Je voudrais profiter de votre micro pour appeler tous les militants du Psd, notamment les jeunes à ne jamais baisser les bras car le meilleur reste à venir.
Propos recueillis par Affissou Anonrin
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