Décès du Général Mathieu Kérékou : Boni Yayi décrète une semaine de deuil

Publié le mercredi 14 octobre 2015

 Le Général Mathieu Kérékou a tiré hier mercredi 14 octobre 2015 sa révérence. Telle une traînée de poudre, la nouvelle de sa mort a fait le tour du monde. Selon des proches de sa famille, «l’homme fort de la révolution du 26 octobre 1972″ serait décédé des suites d’une longue maladie. Très attristé par cet événement douloureux, le Chef de l’Etat, le Dr Boni Yayi qui s’est rendu au domicile de l’illustre disparu a décidé de décréter une semaine de deuil. C’était à la faveur d’un  message adressé à la Nation. (Lire ci-dessous).

Béninoises et Béninois,

Mes Chers Compatriotes,

J’ai le regret et la profonde douleur de vous annoncer, ce jour mercredi 14 octobre 2015, la disparition du Général Président Mathieu KEREKOU aux environs de 13h30, précédée d’une grosse pluie bienfaisante et rafraichissante.

En cette triste circonstance, je présente au nom de la République, du Gouvernement, en mon nom et celui de mon épouse la Première Dame les condoléances les plus attristées à la famille de l’Illustre disparu ainsi qu’à chacune et chacun de vous.

La Nation béninoise toute entière est en deuil. Au nom du gouvernement, je décrète un deuil national d’une semaine avec la mise en berne dès cet instant des drapeaux sur toute l’étendue du territoire.

Je vous convie tous à la prière et au recueillement pour honorer la mémoire du Baobab, du Grand homme, le Président Mathieu KEREKOU.

Que la terre lui soit légère !

Mes Chers compatriotes, toutes mes condoléances à vous tous !

Que Dieu vous bénisse !

Quelques messages de compassions

Moukaram Badarou, Préfet des départements de l’Ouémé et du Plateau : « Suite au décès du Général Mathieu Kérékou, ancien Président de la République (1972-1991 / 1996-2006), je voudrais présenter mes condoléances les plus attristées à l’ensemble de notre peuple particulièrement à la famille de l’illustre disparu. Le Président Kérékou était un homme de grand consensus, un homme qui incarnait l’unité nationale, un homme qui avait un réel sens de l’Etat, un homme de paix qui a consacré une bonne partie de sa vie au service de notre pays. Le Bénin a perdu un grand homme dont le sens républicain restera gravé dans les mémoires des Béninoises et des Béninois. Mathieu Kérékou est un exemple à suivre pour la génération actuelle et future. Plaise à Dieu tout puissant recevoir son âme et aider à la réalisation de ses rêves pour le Bénin, un Bénin qui gagne et qui joue mieux sa partition dans le concert des nations. Paix à son âme et que Dieu bénisse notre pays »

 Gaston Zossou, Ancien ministre de la communication de Kérékou :  « Je voudrais saluer, de façon toute particulière, la mémoire de mon ancien patron le Général Mathieu Kérékou, l’homme des conférences nationales africaines de la fin des années 90 qui nous ont permis d’aborder, de façon plus ou moins heureuse, l’ère du renouveau démocratique. Au gouvernement, l’homme nous a montré un sens élevé de l’État. Je l’ai vu porter un regard égalitaire sur tous les enfants du Bénin, sans n’en discriminer aucun. Je salue, enfin, la mémoire de l’homme qui, de toute ma vie professionnelle, m’aura fait le plus confiance, et m’a donné, ce faisant, le privilège de me mesurer à moi-même. Que Dieu l’accueille en son Royaume ! »

 Ousmane Batoko : Président de la Cours suprême, ancien ministre sous le régime Mathieu Kérékou : «Je fais de Mathieu Kérékou un grand homme politique de croissance. Mathieu Kérékou a été un partisan de l’unité  nationale dans notre pays. L’Unité  nationale à laquelle il a consacré une bonne partie de sa vie à régler nos contradictions ainsi que nos problèmes de béninoiserie comme disait l’autre. Du Sud à l’ouest, Mathieu Kérékou a été l’homme qui a uni les Béninois. Il a été l’homme de la conférence nationale avec le soutien de Mgr Isidore de Souza de vénéré mémoire, qui a conduit avec dextérité  cette conférence nationale inédite. C’est le lieu de rendre hommage à ces deux bras hommes que notre pays a connus ; C’est un homme de la stabilité politique de notre pays ».

Adrien Houngbédji, Président de l’Assemblée Nationale : « Je voudrais vous dire d’abord que c’est avec une grande émotion, une profonde tristesse que j’ai appris la nouvelle. C’est un grand homme d’Etat. Je puis vous dire que c’est le plus grand homme d’Etat de la période d’après la colonisation. Je leur présente mes condoléances. Le Président Mathieu Kérékou a été un homme qui m’a beaucoup marqué. J’ai été sous lui le Premier ministre, le Président de l’Assemblée. Ce que je retiens de lui, c’est un homme qui était très ouvert à l’écoute, un grand serviteur de l’Etat. Il fut un grand démocrate pour avoir réussi de passer d’un régime de parti unique à un régime de multipartisme. Il a été respectueux des libertés d’Etat, des lois.  C’est un exemple qui mérite d’être cité au Bénin et dans la sous-région. »

 Patrice Housou-Guèdè : Ancien maire d’Abomey-Calavi :  « Kérékou est un homme détaché et différent  de beaucoup de Béninois que nous sommes. Grâce à lui nous avons une nation béninoise du nord au sud de l’Est à l’Ouest nous nous sentons appartenir à une même nation. Quand nous sommes partis pour les cours d’officiers on était 30. Ce n’est pas ce que nous voyons aujourd’hui on a pris cinq dans chaque département sans qu’on ne sache tel est l’enfant de riche ou de pauvre. C’est comme çà on se sait retrouver tous élèves officiers. Et depuis que nous sommes sortir nous sommes devenus officiers. Quand il y a le régionalisme ça ne marche jamais. »

 Benoît Dègla : Député à l’Assemblée Nationale du Bénin :  « Ce grand homme a marqué l’histoire particulière de notre pays. Un militaire révolutionnaire qui assure tous les pronostics qui assure s’imposer à la pression pour respecter la constitution de notre pays. Je crois qu’il nous légué des héritages. Un héritage que nous ne pouvons jamais bafouer. »

 Barthélemy Kassa : Député à l’Assemblée Nationale du Bénin :  « Les Béninois doivent s’inspirer de ce grand homme en matière de gouvernance. Au nom de tous les peuples de l’Atacora-Donga, je voudrais présenter mes condoléances à la famille éplorée pour leur dire que nous sommes avec eux et nous serons avec eux. »

 Propos recueillis par Affissou Anonrin, Thierry Azagba, Boniface Kabla et Martin Hounkpè

 

Amos Elègbè, ancien ministre, ancien directeur de cabinet de Kérékou et conseiller spécial aux affaires politique du Président Boni Yayi : «Mathieu Kérékou est un homme exceptionnel et patriote convaincu»

« Je voulais rendre grâce à Dieu pour la vie du Général Mathieu Kérékou que j’appelle affectueusement mon deuxième papa. Effectivement, il disait qu’il était mon deuxième papa, après le décès de mon père. Ce qui m’a marqué chez ce grand homme d’Etat a été son courage, sa patience légendaire et son sens élevé du devoir. Le Président Mathieu Kérékou est un homme exceptionnel et patriote convaincu. Il l’a prouvé à maintes occasions et c’est surtout un homme de paix et très sobre. Vous savez bien qu’il adore l’humour. Le Président Kérékou est un baobab qui s’en va, comme l’a dit tout à l’heure  le président Yayi Boni, en annonçant son décès. C’est avec une grande douleur que la nation béninoise perd celui-là qui a marqué son histoire pendant 28 ans et qui a marqué toutes les générations de son pays, depuis 1972. Nous aurons l’occasion de faire l’histoire du Général. Mais pour ne pas être trop long, je présente mes condoléances à sa femme, à sa famille, à ses enfants et que Dieu veuille sur eux. Qu’ils ne pensent pas qu’ils sont désœuvrés à cause du départ du Général et que Dieu s’occupera du reste. Kérékou est une énigme et nous aurons l’occasion de le dire. Ce qu’il faut retenir, c’est le courage d’un homme exceptionnel qui est un militaire et qui a pris le pouvoir. Qui a eu le courage de conduire ce pays à la paix, à l’unité nationale qu’il a défendu corps et âme.  Le Président Kérékou est un grand stratège tant dans l’armée que dans la politique, bref un grand visionnaire. Car Kérékou est une énigme. Mais l’homme était aussi toujours curieux. Je crois que tous ceux qui l’ont côtoyé le connaissent. C’est un homme de science et je ne le dis pas parce qu’il est mort. La postérité doit retenir de cet homme qu’il a construit sa nation, marqué l’Afrique et le monde. Les archives  le prouveront et nous aurons l’occasion d’en parler. Je m’incline devant la mémoire de mon Papa Kérékou et lui rend l’hommage dû à son rang ».

 Biographie de Mathieu Kérékou

Homme d’Etat

Mathieu Kérékou, est un homme d’État béninois. Il a été le président de la République du Dahomey, puis de la République populaire du Bénin du 26 octobre 1972 au 1er mars 1990 puis celui du Bénin du 4 avril 1996 au 5 avril 2006.

Naissance : 2 septembre 1933 (82 ans), à Kouarfa

Mandats présidentiels : 4 avril 1996 – 6 avril 2006, 26 octobre 1972 – 4 avril 1991

Date de Fin du mandat : 6 avril 2006, 4 avril 1991

Date D’entrée En Fonction : 4 avril 1996, 26 octobre 1972

Mathieu Kérékou (né le 2septembre1933 à Kouarfa non loin de Natitingou), est un homme d’Étatbéninois. Il a été le président de la République du Dahomey, puis de la République populaire du Bénin du 26octobre1972 au 1ermars1990 puis celui du Bénin du 4avril1996 au 5avril2006. Il est mort le mercredi 14 octobre 2015 à l’âge de 82 ans. Il a été aussi le président de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) de 1982 à 1983. Il a succédé à Siaka Stevens, en poste depuis 1981.

La vie militaire

Après avoir étudié dans des écoles militaires au Mali et au Sénégal, Mathieu Kérékou servit d’abord dans l’armée française puis dans l’armée du Dahomey où il obtint le grade de major. Il prit le pouvoir lors d’un coup d’État le 26octobre1972. Il fit mettre en prison les trois précédents présidents. En 1975, ll renomma alors le pays République populaire du Bénin et mit en place un gouvernement marxiste-léniniste surveillé par le Conseil national de la révolution (CNR). Il mena une politique de répression contre tous les opposants au régime et surtout contre les intellectuels dont beaucoup durent se réfugier à l’étranger. Il entreprit une vague de nationalisations de banques et de l’industrie pétrolière.

L’homme politique

Mathieu Kérékou est une première fois le chef de l’État béninois du 26octobre1972 au 4avril1991. Le 26 octobre 1972, il prend le pouvoir à la faveur d’un coup d’État, lorsque l’armée dissout le Conseil présidentiel ainsi que l’Assemblée nationale. En 1974, il adopte le marxisme-léninisme comme idéologie officielle de gouvernement, et crée le Parti de la révolution populaire du Bénin, destiné à gouverner en tant que parti unique. Un an plus tard, le pays abandonne le nom officiel de République du Dahomey pour adopter celui de République populaire du Bénin. Dans les années 1980, la situation économique du Bénin devient critique, et le pays doit négocier des accords contraignants, notamment avec le FMI. Dans le contexte de la mutation démocratique de l’Europe de l’Est, Mathieu Kérékou comprend peu à peu que le temps est venu de procéder à une évolution politique de son pays. Fin 1989, il accepte de convoquer une «Conférence Nationale» destinée à établir de nouvelles institutions. Il doit pour cela se libérer des contraintes que font peser sur lui les cadres de son parti, ce qu’il réussit avec une remarquable adresse. Kérékou est ainsi le premier président du continent à ouvrir la voie au multipartisme sous la pression des événements, qu’il a l’art non seulement de prendre en compte mais aussi d’utiliser à son profit et à celui de son pays et ce, après avoir dirigé le pays pendant 18 ans de manière autoritaire. En janvier 1990, la Conférence Nationale décide de changements drastiques (période de transition d’un an puis élections libres, nomination d’un Premier Ministre etc.). Mathieu Kérékou, le jour de la clôture de la Conférence en accepte toutes les conclusions. Il laisse un pays en mauvais état économique, mais vient de démontrer qu’il avait su engager avec habileté un processus démocratique, le premier en Afrique. Nombreux ont été les Béninois à encourager et imaginer les conditions politiques de cette évolution qui eût pu, si elle avait été mal préparée, conduire au chaos. À cet égard, il faut souligner le rôle exceptionnel de l’Archevêque de Cotonou Monseigneur de Souza. Et quelques mois plus tard, lors de son discours de La Baule, François Mitterrand prendra l’exemple du Bénin pour encourager le continent africain à entamer les mutations politiques souhaitables.

Il est battu lors de l’élection présidentielle de 1991 par Nicéphore Soglo. Durant sa traversée du désert politique, il renonce à l’athéisme et devient pasteur évangélique. Puis, il revient au pouvoir suite à des élections démocratiques le 4avril1996; il est réélu en mars2001. Il n’a pas pu se représenter à la fin de son mandat en 2006.

Durant ses deux mandats de 1996 à 2006, le président Kérékou a respecté de manière stricte la séparation des pouvoirs. Ainsi, la liberté de presse sous le général Kérékou a permis au Bénin de se hisser au deuxième rang au niveau africain, et parmi les meilleurs sur le plan mondial.

Contrairement à d’autres chefs d’État africains, sous la pression des médias, des intellectuels et de l’opinion publique, Kérékou n’a pas pu modifier la Constitution qui limite l’âge auquel il est possible d’accéder à la présidence ainsi que de briguer plus de deux mandats. Nicéphore Soglo subit la même contrainte d’âge.

Peu avant le scrutin et après les résultats du premier tour, Kérékou a laissé planer un doute sur sa régularité, non confirmé par les observateurs internationaux, ce qui pourrait laisser suggérer quelques réticences de Kérékou à abandonner le pouvoir. Néanmoins, les élections de mars 2006 se déroulent normalement, et l’élection de Yayi Boni met fin à trente années de pouvoir de Mathieu Kérékou.

Source : wikipédia

Mathieu Kérékou en bref


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