Zoom sur un créateur d’œuvre d’art béninois : L’artiste Athos, un espoir de l’art plastique béninois

Publié le jeudi 2 juillet 2015

Ses œuvres sont créées dans une tendance artistique contemporaine, celle de la récupération artistique où il veut redonner vie à certains matériaux usés, une sorte résurrection qui leur permettra d’impacter plus de monde, plus de regards, que ceux de leurs précédents propriétaires. L’artiste plasticien Thomas Ahouandjinou alias Athos possède à son actif plusieurs expositions et distinctions. Pour les amoureux de l’art, l’homme est un artiste pétri de talent. Un espoir pour l’art plastique béninois et africain.

Avec lui, l’art africain en l’occurrence celui du Bénin augure un bon avenir. Thomas Ahouandjinou alias Athos est un artiste pétri de talents ! Ses œuvres sont instructives. Tel est le témoignage que font les visiteurs des différentes expositions d’art individuel et collectif de l’artiste dont les récentes sont entre autres : « Sourou » tenue du samedi 24 au 31 janvier 2015 et l’exposition « Dieu lumière », organisée du 28 décembre 2013 au 4 janvier 2014. Ces expositions comme les précédentes inscrites dans le concept « L’art se déplace vers le village » ont épaté toutes les fois le public. L’autre chose pour laquelle l’artiste est apprécié, c’est parce qu’il alimente un concept cher à lui, celui de démystifier l’art et de le sortir des grands centres d’attraction de Cotonou et de Porto-Novo, pour le ramener au village et le familiariser avec les gens du milieu pour qu’ils aient une part active aux différents messages de peinture et de sculpture. Pour Athos, les artistes contemporains utilisent de plus en plus des matériaux tirés de l’univers villageois. « Mais pourquoi les habitants des villages ne peuvent-ils pas consommer l’art dont la conception dépend des éléments de leur environnement ? Pourquoi les tenir à l’écart des messages véhiculés par les différentes œuvres ? Sont-ils impropres ou n’ont-ils pas le niveau nécessaire à leur consommation ? » Telles sont les questions qui ont poussé Athos à retourner l’art au village. Toutes les œuvres de l’artiste sont créées dans une tendance artistique contemporaine, celle de la récupération artistique où il veut redonner vie à certains matériaux usés, leur accorder une nouvelle résurrection qui leur permettra d’impacter plus de monde, plus de regards, que ceux de leurs précédents propriétaires. Avec le projet, Athos ambitionne permettre aux jeunes du village de prendre contact avec l’art et de s’initier à l’art et de se servir de l’art pour développer leur localité. Pour les acteurs du monde culturel qui suivent l’artiste dans son travail, Athos est un espoir de l’art plastique béninois. Outre les matériaux de récupération, Athos base son ravitaillement en matériaux sur l’environnement rural qui lui fournit bois, lianes, ronces et racines très utiles à ses sculptures, jus de feuilles, pigments, ocre naturel et argile très utilisés dans ses toiles. Certaines œuvres, compte tenu de leur particularité, nécessitent l’usage des peintures industrielles, telle que la peinture à huile, l’acrylique. L’aquarelle et la gouache aussi trouvent leur utilité dans les œuvres d’Athos. Par l’utilisation des matériaux surtout locaux, l’artiste veut mettre en valeur nos environnements ruraux en attirant l’attention des populations sur leur protection. Il veut montrer également aux artistes que face à la cherté des matériaux, ils ont un environnement qui les comble et qui leur permet de partir du rien pour créer du beau, Dieu ayant déjà créé tout ce qu’il faut pour mettre en évidence l’esthétique. Avec le concept, Athos voudrait porter haut la culture béninoise à travers plusieurs initiatives.

 

Préparer les enfants à la relève, son rêve

 

Le rêve le plus cher de l’artiste Athos est d’amener les jeunes à les aider à développer leur talent en matière d’art plastique. Telle est l’ambition qui anime l’artiste depuis des années. Le Concours d’art plastique sur le thème « Non à la maltraitance des enfants » qu’a lancé l’Association pour la promotion des activités culturelles et des initiatives de développement (Apacid) présidée par Athos, à l’endroit des enfants depuis juin 2015 en est une preuve patente de cette détermination de l’artiste. A travers cette compétition qui est à sa première édition, Athos entend inciter la passion de l’art plastique au niveau des enfants. Il voudrait aider ces jeunes à faire de l’art plastique une carrière. Pour le concours soutenu par le Fonds d’aide à la culture (Fac), il s’agira de collecter les œuvres faites par les candidats sur support papier ou tissu. Après la sélection, les cinq meilleures œuvres sont annoncées pour être primées.

Victorin Fassinou


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