Crise RSP-Premier ministre : La raison doit primer sur la passion

Publié le dimanche 5 juillet 2015

Ceci est une contribution sur la situation nationale, notamment sur la tension entre le Premier ministre et le Régiment de sécurité présidentielle.

Un  Régiment de sécurité présidentielle (RSP) qui demande la démission du Premier ministre, Isaac Zida, et des organisations de la société civile (OSC) qui s’y opposent avec fermeté. L’opinion publique quant à elle est divisée sur la question. Et voici le Burkina plongé dans une nouvelle crise politique qui risque de faire dérailler le train de la transition.

Tout est parti d’une histoire de tentative d’arrestation du chef du gouvernement par le RSP à son retour de Taïwan qui a valu  l’audition du chef de corps du RSP, le lieutenant-colonel Céleste Coulibaly, et des capitaines Abdoulaye Dao et Flavien Kaboré à la gendarmerie.  Cette convocation des officiers n’a pas été du goût des soldats de Blaise Compaoré qui ont manifesté bruyamment leur colère et exigé du même coup la démission de Zida et des trois autres militaires du gouvernement. Voilà pour les faits.

A présent que va décider le président Kafando ? Il a entrepris depuis une large concertation avec différents acteurs, à savoir l’armée, les OSC, les coutumiers, les religieux les partis politiques, etc ; avant de décider s’il va ou   non  démettre le PM  de ses fonctions.

A trois mois de la présidentielle, est-il opportun de dissoudre le gouvernement  sans que cela ait une incidence sur le calendrier électoral ? Quoi que qu’on dise, le gouvernement Zida  a fait un travail remarquable et on s’achemine progressivement vers le scrutin du 11 octobre.

Malgré les rumeurs sur les tentatives de prolongation de la transition, il n’y a pas d’indice pertinent qui confonde Zida de suspicion ou de tentative de « lenga », comme on dit. Sans doute, des officines politiques tapies dans l’ombre en veulent au  Premier ministre qui pose des actes ou tient des discours  allant contre leurs intérêts à court, moyen ou long terme. Sinon pourquoi depuis le début de la transition on en veut à l’homme et on lui prête chaque jour des intentions sans la moindre preuve ?

Le problème n’est sans doute pas si simple qu’on tente de nous le faire croire. Si le complot était un montage, il fallait laisser la gendarmerie faire son travail et confier le dossier ensuite à la justice qui allait approfondir ses investigations.

Dans quel pays sommes-nous pour qu’on ne puisse pas entendre simplement un chef militaire, fût-il de l’unité la mieux formée et équipée ? Peut-être que la procédure n’a pas suivi les règles de l’art.  Si c’est le cas, cela  est critiquable. Mais refuser qu’on entende des éléments soupçonnés de complot, c’est  se mettre au-dessus de la loi et, par ce comportement, le RSP prend en otage la République.

Le PM n’est plus du RSP. Il est chef d’un gouvernement formé suite à un consensus national sous l’égide de la CEDEAO et de la Communauté internationale. Il faut alors laisser Zida poursuivre son travail jusqu’à la fin et ceux qui veulent le pouvoir peuvent se préparer et solliciter  le suffrage du peuple.

Au nom donc de l’intérêt supérieur de la Nation, le président Kafando ne doit pas se laisser influencer par qui que ce soit et doit permettre à l’exécutif d’aller jusqu’au bout. La raison doit prendre le dessus sur la passion.

Casimir Tiemtoré


NDLR : Le titre est de l’auteur


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