A neuf mois de la fin du règne de Boni Yayi : Les Béninois attendent des promesses interminables

Publié le jeudi 2 juillet 2015

Le Président Boni Yayi présidera le 1er août prochain, son dernier défilé de la fête nationale au Bénin. En cette période de bilan où il se retrouve à neuf mois de la fin de son second mandat, les attentes des Béninois ne sont pas toujours comblées. Beaucoup d’entre eux s’interrogent d’ailleurs.

Synphorose Agbangbè, Présidente de la Fédération nationale des auditeurs du Bénin : « Le temps court à grande vitesse et c’est l’heure du bilan. Puisque le match a été joué à 82 mn. Ce n’est pas à 8 mn de la fin, c’est-à-dire que ce n’est pas le 6 avril prochain que l’arbitre (Théodore Hollo) va siffler une prolongation. Je dis non. Parce que le premier but a été marqué par Icc services, le deuxième but : Maria Gléta, le troisième but : Affaire Dangnivo, le quatrième but : Affaire Censad, le cinquième but : Affaire Pvi, le sixième but : Lépi KO qui a donné sa récompense aux ministres, le septième but : Affaire coup d’état, le huitième but : Affaire Sodéco. Huit buts pour un seul attaquant. Il y a de quoi le décorer et ce n’est pas sûrement fini. Nous attendons la fin du match pour avoir la pagaille des joueurs. De toutes les manières, la Fifa va sanctionner toute équipe s’il y a sabotage. A voir ce qui se passe dans notre cher pays le Bénin, si la politique n’est pas stable, l’économie n’est jamais stable. Le peuple béninois a voulu que les choses se passent autrement, c’est dans cet objectif que les citoyens ont voté pour le Président de la République. Mais durant ces 9 ans à la tête du pays, rien de concret n’est fait. On se demande à quand la fin du calvaire de la médiocrité qui dicte sa loi. Mais le peuple béninois souhaite qu’à la fin du mandat, le Président Boni Yayi fasse un bilan positif et cohérent. »

 

Herman Mèton, Président de l’Association de défense des consommateurs: « Par rapport au bilan de Boni Yayi, je dirai que c’est la désolation totale en ce sens que son arrivée au pouvoir était perçue comme la victoire sur la pauvreté et sur un certain nombre de choses. Malheureusement, nous constatons avec amertume, que les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs sur trois aspects qui me sont fondamentaux. Le premier est relatif à l’environnement économique où le Président n’a pas fait la promotion des opérateurs économiques. Parce qu’un Chef d’Etat crée un environnement favorable pour les affaires et les opérateurs économiques à leur tour créent de la richesse afin que la jeunesse trouve son compte. Mais Malheureusement, plutôt que de promouvoir ces opérateurs économiques, cela a été la chasse à l’homme au point où certains sont exilés. Dans le domaine de l’énergie, Boni Yayi a lamentablement échoué. Parce que l’énergie faisait partie des premières préoccupations du Chef de l’Etat dès son arrivée à la tête du pays en 2006. Mais nous constatons que 9 ans durant, le délestage dicte toujours sa loi. C’est dommage en ce sens qu’un pays ne peut pas évoluer sans l’énergie. C’est également un échec total. Dans le domaine sécuritaire, la population béninoise n’a pas eu gain de cause depuis 2006. Donc le gouvernement doit doter les forces de l’ordre, des moyens roulants, matériels et humains pouvant leur permettre de subvenir dans l’immédiat à leur besoin. La sécurité des personnes et des biens doit être une réalité pour le pouvoir Exécutif. Malgré les maigres moyens, ils font des efforts. C’est dommage que ces policiers soient tués en série par des braqueurs. Je pense que si le Chef de l’Etat peut encore faire recours dans certains secteurs pour impacter positivement la population, ce serait bonne chose. L’arrivée de Lionel Zinsou dans le pays peut changer quelque chose à condition que Boni Yayi lui laisse la main libre pour pouvoir opérer des réformes. Lionel Zinsou est un homme qui connaît les rouages du pays. En le laissant agir, on peut espérer une bonne fin de mandat. Il faut que Boni Yayi change de méthodes et de pratiques en le laissant agir sur les dossiers qui plombent la nation pour que ce ne soit pas l’éternel recommencement. Au moins le gouvernement a fait la promotion de l’emploi et dans le domaine des infrastructures. C’est déjà un atout pour notre pays. J’invite les autorités à faire réserve des intérêts personnels et égoïstes. La souffrance est à son paroxysme dans le pays. Que nos autorités fassent des efforts supplémentaires pour marquer leur passage à la tête du pays. »

 

Paul Essè Iko, Sg-Cstb : « Depuis 2006, Yayi Boni a été un Président négatif pour les travailleurs que nous sommes et le peuple béninois en général. Nous avons souffert le martyre. Nous ne méritons pas la gouvernance imposée par Boni Yayi. Lancer des grenades à fragmentation aux travailleurs. C’est un Président macabre. Que ces choses ne reviennent plus jamais dans notre pays. J’invite le peuple à se battre, à changer radicalement le système en place pour l’amélioration d’une bonne gouvernance. La fébrilité de Boni Yayi ne nous trompe pas. C’est pourquoi, les travailleurs réclament leur statut. J’invite mes camarades travailleurs à la lutte, au combat pour la satisfaction des revendications et à prendre déjà les mesures adéquates pour que quiconque ne revienne nous narguer comme Boni Yayi. Nous sommes prêts à continuer le combat pour qu’on ait un Président qui répondra au besoin de la société ».

 

Bèssan Bernard Hounkpè, Membre Cstb : « C’est un bilan chaotique.  Boni Yayi est un Président qui a trahi les populations. Il n’a pas respecté ses promesses. Si on pouvait jauger un homme, nous allions éviter cette erreur grave. Voilà un Président qui est arrivé avec une chaleur terrible. Depuis son arrivée au pouvoir, nous vivons des scandales sur scandales comme Icc services, Censad, machines agricoles etc. Et récemment encore les quatre milliards au profit du Programme pluriannuel dans le secteur de l’eau et de assainissement et la dissolution de l’Ige. Cela signifie que l’Ige aussi est corrompue. Avant de replâtrer cette histoire de corruption dans le pays, il faut des décennies. Nous n’avons pas de résultats positifs dans le pays. Il faut quitter le territoire national pour parler du développement de notre pays. Nous sommes indépendants depuis plus de cinquante ans. Sinon, pourquoi aller à Paris pour une table ronde. Il vaut mieux l’organiser dans notre pays. Est-ce qu’il pourra réaliser pendant le temps qui lui reste pour la fin de son mandat les perspectives issues de cette table ronde ? Il faudra simplement dire que c’est un bilan médiocre. Ceux qui sont au pouvoir s’enrichissent au jour le jour. Le régime en place nous a torturés pendant ses dix ans »

Propos recueillis par Thierry Azagba (Coll)

 


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