Soutien au code électoral : Le RAD donne de la voix

Publié le dimanche 19 avril 2015


Dans la déclaration ci-après, le Réseau d'action pour la démocratie (RAD) exprime son soutien au code électoral controversé, et invite les populations à sortir « massivement le samedi 25 avril pour soutenir » les « autorités » dans la défense dudit code.




« Toutes les personnes ayant soutenu un changement qui porte atteinte au principe de l'alternance démocratique notamment au principe de la limitation du nombre de mandat présidentiel ayant conduit à une insurrection ou à toute autre forme de soulèvement, sont exclus aux prochaines consultations électorales mettant fin à la transition. » Ainsi, par cet acte, les députés viennent de traduire l'aspiration de tout un peuple le 7 avril 2015, en adoptant le nouveau code électoral en ses articles 135, 166 et 242. Cette disposition qui émane de la charte africaine pour la bonne gouvernance n'est qu'une suite logique des conséquences de l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre qui a mis fin au pouvoir clanique et sans partage de Monsieur Blaise COMPAORE et fait échec à sa volonté de régner à vie.

Depuis le vote de cette loi, certaines mauvaises langues passent par tous les moyens pour faire croire au peuple burkinabè que les autorités de la transition veulent par cette loi exclure les partis de l'ex-majorité alors que la Charte de la transition parle d'inclusion. Pourtant il n'en est rien. Cette loi n'a jamais exclu un parti politique mais plutôt des individus.

Certes, la Charte de la transition parle d'inclusion mais ne s'oppose en rien à l'exclusion d'individus qui ont commis des fautes graves telles que le soutien à la modification de l'article 37 qui a occasionné d'énormes pertes en vies humaines et des dégâts matériels innombrables. Les articles 3, 13 et 15 de la Charte de la Transition qui concernent l'éligibilité du Président de la transition, des membres du gouvernement de la transition et du Conseil national de la transition stipulent ceci : « aucune personne ayant soutenu la modification de l'article 37 ou ayant été au dernier gouvernement de la quatrième République ne peut prendre part aux organes de la transition. »

Par ailleurs, cette question de participation ou non aux élections prochaines des dignitaires de l'ex-majorité relève d'une question d'éthique, de respect de soi et de la démocratie. Après avoir soutenu le projet de modification de l'article 37 de la Constitution burkinabè, après avoir déclaré que Blaise est le seul capable de diriger toutes ces personnes devraient avoir le courage d'assumer leurs erreurs et avoir la décence de se faire un peu discret. Laisser ceux qui ont conduit le pays vers le gouffre se présenter aux élections devant marquer la fin de la transition, c'est déshonorer la mémoire des martyrs des 30 et 31 octobre.

C'est pourquoi, le Réseau d'Action pour la Démocratie (RAD), invite l'ensemble de la population à ne pas se laisser divertir et de se mettre la main dans la main pour soutenir la transition. C'est dans l'unité que les filles et fils de notre patrie, comme un seul homme a versé son sang pour sauver notre pays du joug de la quatrième République depuis plus de 27 ans. Depuis lors la machine de la démocratie s'est mise en marche personne ne peut et ne doit remettre en cause cet élan patriotique. Nous exhortons la communauté internationale à écouter la voix du peuple et non chercher à vouloir protéger un clan qui, depuis plus de deux décennies a régné sans partage dans la corruption, la gabegie, le népotisme jalonnés par des crimes économiques et de sang. Comme le disait le Président BARACK Obama, le Burkina Faso a besoin aussi d'institutions fortes et non des hommes forts, alors le RAD invite la communauté internationale à aider nos autorités de la transition pour tracer des sillons et de vrais sillons d'institutions fortes pour un Burkina développé et plus merveilleux, au lieu de soutenir des hommes qui pensaient être forts et irremplaçables et que sans eux le Burkina tombera dans le chaos. Si des gens n'ont pas su clairement dire au régime COMPAORE de s'en aller, il ne faut pas venir perturber la marche du changement déclenché depuis les 30 et 31 octobre 2014.

En fin, le RAD lance un appel à tous les burkinabè, hommes, femmes, jeunes, vieux à sortir massivement le samedi 25 avril pour soutenir nos autorités et défendre le code électoral.


Le Président

Casimir SAWADOGO





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