Révision du Code électoral : La NAFA dénonce des amendements discriminatoires et anti- constitutionnels
La Nouvelle Alliance du Faso (NAFA), qui vient d'obtenir son récépissé après 59 jours d'attente, a animé ce samedi 4 avril à Ouagadougou, une conférence de presse. La NAFA s'est prononcée sur le projet de loi de révision du Code électoral soumis au Conseil national de la transition. Rasmané Ouédraogo, président de la NAFA, et les autres responsables du parti ne sont pas passés par quatre chemins pour exprimer leur désapprobation avec certains amendements dudit projet de loi jugés « antidémocratiques ».
« Il faut dénoncer une volonté affichée de certains leaders de partis politiques soutenus par des acteurs de la société civile, de changer les règles de jeu en cours de jeu. Ces velléités antidémocratiques visent à écarter certains candidats aux élections présidentielles, législatives, et municipales à venir. Leurs manœuvres portent sur les amendements des articles 135, 166 et 242 du code électoral pour y intégrer des clauses pour exclure des candidats qui pourraient les empêcher de gagner les élections. En clair, les amendements apportés en accord avec le gouvernement de transition visent à écarter des élections à venir. tous les conseillers municipaux de l'ex-majorité ;
les maires, les conseillers régionaux, les députés de l'ex-majorité ;
les anciens membres du gouvernement déchu ;
ainsi que tous les burkinabè qui ont soutenu le soutenu le projet de modification de l'article 37 ».
C'est en ces termes que la NAFA par la voix de son président, Rasmané Ouédraogo, a posé, ce samedi au cours de leur conférence de presse, les problèmes liés au projet de révision du code électoral. Pour le parti qui entend porter la candidature de Djibril Bassolé à la présidentielle du 11 octobre 2015, « cette révision porte en elle, les germes de division et de conflit qui pourraient provoquer une crise sociopolitique au Burkina Faso. Et si cela arrivait, le gouvernement de la transition et tous ceux qui auraient contribué à créer cette situation seraient responsables devant l'histoire et devant le peuple ».
Les acteurs burkinabè et la communauté internationale interpellés
A écouter les responsables de NAFA, il n'est pas encore tard d'arrêter ce processus d'exclusion. Aussi, le parti interpelle tous les Burkinabè épris de paix et de justice, les autorités coutumières et religieuses et la communauté internationale, notamment le Groupe de contact international, à s'investir pour arrêter « cette forfaiture qui pourrait remettre en cause les principes d'inclusion, la fragile stabilité sociopolitique et des institutions de la transition ». La NAFA appelle le gouvernement de transition à faire preuve de fermeté, d'impartialité et d'équité dans l'application des dispositions de la constitution et de la charte de la transition. Les membres du Conseil national de transition sont aussi appelés à faire preuve de responsabilité pour mettre en priorité la paix sociale, la cohésion nationale et l'intérêt supérieur de la patrie. En tous les cas, la NAFA appelle ses militants et sympathisants à rester mobilisés et sereins, car toutes les voies et moyens républicains y comprise la désobéissance civile, disent-ils, seront exploitées pour faire échec à cette loi et à toute tentative de marginalisation d'une partie du peuple.
La NAFA et les aspirations du peuple
Les responsables de NAFA se demandent sur quels critères objectifs on peut exclure des Burkinabè des élections au motif que ceux-ci ont soutenu le projet de modification de l'article 37 de la constitution qui était en fait le troisième projet de modification de la constitution. « S'il y a un troisième projet de modification, c'est qu'il y a eu un premier et deuxième projet de modification de la constitution. Ceux qui ont soutenu ces deux premiers projets de modification de l'article 37 seront-ils aussi concernés ? Et quid de ceux qui ont soutenu sournoisement le dernier projet modificatif de l'article 37 », a laissé entendre Rasmané Ouédraogo. Pour le secrétaire général de la NAFA, François Bacyé, ce n'est pas du tout indiqué à quelques mois des élections, de vouloir changer de façon antidémocratique les règles du jeu. Pour les responsables de la NAFA, il ne revient pas à des acteurs politiques d'exclure d'autres des scrutins car, ce n'est pas ce que le peuple, véritable père de l'insurrection des 30 et 31 octobre 2014, demande. Ce que le peuple burkinabè demande, c'est l'inclusion dans tous les domaines (social, économique, politique). Ce message de changement du peuple, les responsables de la NAFA pensent l'avoir bien capté. Et le parti se fixe comme objectif de « défendre les hautes vertus, incarnant l'unité, le progrès et la justice pour le bien-être des populations, l'émergence d'une société démocratique laïque, de paix, d'égalité, de solidarité qui répondent aux aspirations fondamentales du peuple ». C'est pourquoi, « la NAFA tient à exprimer sa désapprobation et son désaccord face à cette tentative d'oppression d'un groupe de Burkinabè par un autre en violation de l'article 168 de la constitution ».
Soutien à la transition et à ses autorités
Pour les responsables de NAFA, dénoncer des amendements discriminatoires du projet de loi portant modification du code électoral ne doit pas être interprété comme une entrave ou une opposition à la transition politique en cours. Et le président du parti, Rasmané Ouédraogo, de réaffirmer tout le soutien de NAFA aux autorités de la transition qui font aussi, dit-il, ce qu'elles peuvent pour que les choses aillent de l'avant. Et d'inviter l'ensemble du peuple burkinabè à les accompagner dans leurs missions. A écouter Rasmané, la NAFA qui vise la conquête du pouvoir d'Etat a intérêt à ce que la transition réussisse. Si la transition échoue, il n'y aura pas d'élections et il n'y aura pas une victoire du candidat de la NAFA.
Sur les résultats des sondages de l'Institut de Recherche et de Sondage Apidon (IRSOA) qui classent pour la présidentielle leur candidat, Djibril Bassolé, en troisième rang, derrière Roch Marc Christian Kaboré et Zéphirin Diabré ; les responsables de NAFA assurent qu'ils vont continuer le travail sur le terrain, convaincus que les vrais sondages sont ceux qui sortiront des urnes le 11 octobre 2015, date des élections présidentielle et législatives.
Grégoire B. Bazié
Lefaso.net
via leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso http://ift.tt/1GVrBZ6