Révision du Code électoral : Des Ouagalais se prononcent avant le vote
Il ne reste plus que quelques minutes pour le vote du Code électoral dont une disposition – article 24 alinéa 4 - stipule l'exclusion des anciens dignitaires du régime déchu qui ont soutenu le projet de modification de la Constitution. Un sujet qui divise des Burkinabè. A travers ce micro-trottoir réalisé ce mardi 7 avril des Ouagalais n'ont pas hésité à donner leurs avis. Lisez-plutôt.
Daouda Ouédraogo, commerçant
« Qu'on applique la loi »
Nous avons besoin de paix dans ce pays. Il faut que ceux qui sont contre ce projet de loi excluant les anciens dignitaires du régime Blaise Compaoré se ressaisissent. C'est la loi qui veut de cette exclusion, pas le bon vouloir des députés du Conseil national de la Transition. Qu'on applique tout simplement la loi.
Un Ouagalais ayant requis l'anonyme
« Ce sont les mêmes personnes qui ont soutenu la modification de l'article 37 qui sont contre ce projet de loi »
Je ne connais pas les contours et les pourtours de ce projet de loi. Mais à ce que je sache, je comprends bien qu'il entre dans le cadre des textes de la CEDEAO. Lesquels textes précisent que les partis politiques ou les personnes ayant pris part à ces mouvements qui ont entrainé de grands troubles dans un pays ne doivent pas prendre part aux prochaines élections. Alors si tel est le cas, je comprends mal qu'on soit là aujourd'hui, en train de souhaiter que les mêmes reviennent aux affaires. Il faut qu'ils acceptent. C'est un jeu et ils ont perdu le jeu. Et le jeu doit continuer. Il faut qu'ils acceptent se mettre en retrait. Mais j'ai comme l'impression que le Burkina est un pays de désordre. En réalité, les gens nous ont félicités sans comprendre le fond du problème. Le Burkina, à mon avis, est un pays où les populations n'aiment que le désordre pour semer la zizanie. Ce sont les mêmes personnes qui ont soutenu la modification de l'article 37 qui sont contre ce projet de loi. Il faut que ça s'arrête sinon le Faso ira vers le chaos. La transition ne peut pas faire mieux que ça. Avec cette situation, aucun investisseur ne viendra investir au Burkina et c'est la population qui va s'enfoncer dans la pauvreté.
Ali Ouédraogo, commerçant
« Il vaut mieux arrêter que d'exclure… »
Je ne suis pas pour le vote du projet de loi. En votant cette loi, ils ne feront pas mieux que les anciens députés sous Blaise Compaoré. Je pense qu'il vaut mieux trouver une autre stratégie pour arrêter les responsables de l'ancien régime qui ont commis des fautes lourdes, plutôt que de voter une loi qui va les exclure pendant cinq ans avant de prendre part aux élections. Et cette loi va certainement favoriser les autres partis politiques lors des échéances électorales, parce qu'ils seront seuls sur le terrain. Même si c'est la loi qui le prévoit, je pense qu'il faut des concessions. Exclure ces gens n'est pas démocratique.
Ousmane Kaboré, particulier
« Ils veulent encore brûler le pays »
Je suis pour le vote du projet de loi. Et nous n'allons pas permettre que ceux qui ont brulé le pays en octobre dernier le fassent encore. Non ! Je pense qu'on devait les enfermer depuis bien longtemps. Les autorités ne devaient pas les laisser circuler librement. Ils sont aussi Burkinabè, mais ce sont les mêmes Burkinabè qui voulaient bruler le pays.
Lassané Ouédraogo, fiscaliste
Pour moi cette loi est juste et est conforme aux dispositions de la charte de l'UA que le Burkina Faso a ratifiée. Si certaines personnes se sentent exclues, c'est une fuite en avant car la validation des candidatures relève du Conseil constitutionnel. Ils peuvent apporter la preuve contraire si elles ne sont pas impliquées dans la violation de notre Constitution.
Ali Ilboudo, Vigile…
« Il faut voter la loi… » Je ne m'y connais pas en politique, encore moins dans l'élaboration des textes de loi. Vu tout ce qui s'est passé en octobre dernier, je pense que c'est mieux de voter cette loi. Nous avons tous été témoins des évènements des 30 et 31 octobre dernier. Nous ne voulons plus vivre ça encore.
Wambo TANKOANO
« Il faut écarter toutes les personnes ayant occupé un poste politique dans le CDP, ces deux dernières années… »
Je pense que le projet de loi en lui-même n'est pas une mauvaise chose. Il serait souhaitable qu'on interdise même toutes les personnes ayant occupé un poste politique au cours des deux dernières années appartenant au CDP ou à tout parti ayant soutenu le projet de modification de l'article 37. Outre cela, toute personne ayant été citée dans un dossier de crime économique ou de sang doit être d'office écartée.
Propos recueillis par Bassératou KINDO
Lefaso.net
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