Crise au 2iE : « Ceux qui revendiquent sont des étudiants en situation d'échec », dixit le directeur général

Publié le jeudi 5 mars 2015


Les étudiants de l'Institut international de l'ingénierie de l'eau et de l'environnement (2iE) sont en grève depuis le 03 mars 2015. La direction générale de l'institut a organisé une conférence de presse ce 05 mars pour donner sa version des faits sur cette manifestation. C'est l'hôtel Pacific de Ouagadougou qui a servi de cadre pour cette rencontre avec les hommes de médias. Puisque le personnel dit ne plus avoir accès aux locaux de 2iE depuis le début de la manifestation. Pour la direction générale, les points touchant à la qualité de la formation sont non négociables. Mais, elle se dit disposée à trouver des solutions pour certains points de la plateforme revendicative, notamment la question de mise à jour des relevés de notes.




Le comité de direction a commencé ce point de presse par la présentation de 2iE, notamment le système de formation et de diplomation dans cet établissement de renommée international. L'on retiendra que 2iE est un centre d'excellence pour la Banque mondiale, le NEPAD, l'UEMOA, la CEDEAO. Il entretient également des partenariats dans son programme de formation avec des prestigieuses universités d'Europe, des USA, du Japon. Il bénéficie du financement d'une quinzaine d'institutions internationales ainsi que les Etats membres.

Mais, cette prestigieuse école connait des remous depuis le début de la semaine. Les étudiants sur les deux sites (Ouagadougou et Kamboinsé) sont en grève pour une durée indéterminée. Ce, depuis le 03 mars 2015. D'ailleurs, depuis ce jour, ce sont les étudiants qui contrôlent et filtrent les entrées à 2iE. Le personnel n'y aurait pas droit depuis le 4 mars. Ils exigent la satisfaction intégrale de leur plateforme revendicative.


Des revendications inaccessibles


Mais, pour la direction générale, cette plateforme comporte un certain nombre de revendications inaccessibles. Notamment les questions touchant au passage en classe supérieur, ou encore à la qualité de la formation. Accéder à ces revendications, c'est remettre en cause la qualité de la formation, soutient-on. « Ils demandent qu'on abaisse les niveaux d'exigences des critères de validation des unités d'enseignement. Nous ne pouvons pas abaisser ce niveau d'exigence parce que ce sont ces niveaux d'exigence qui sont en cours au niveau international et que nous sommes obligés de mettre en œuvre si non nos diplômes ne seront plus reconnus », explique le directeur général de 2iE, Amadou Hama Maïga.


Pour le problème de badges retirés, il est également hors de question de revenir en arrière. La direction assure que ce sont trois ou quatre personnes seulement qui sont concernées et ces derniers ne remplissent pas les conditions pour passer en classe supérieure. C'est une erreur qui s'était glissée et elle a vite été rattrapée.

Quant aux frais de reprise d'unités d'enseignement, il s'agirait d'une mesure permettant aux étudiants d'avancer et revenir composer dans des crédits qu'ils n'ont pas validés. C'est une mesure qui permet d'économiser et d'avancer, dit-on, puisqu'en temps normal, ces derniers devraient reprendre le semestre. Ce qui leur coûterait plus cher et les condamnerait à perdre un semestre voire une année entière.


Ok pour la mise à jour des relevés de notes


Si les points ci-dessus cités sont non négociables, la direction générale de 2iE se dit disposée à trouver une solution rapide à certains points de la plateforme revendicative. Il s'agit, entre autres, de la question d'actualisation ou de mise à jour des relevés de notes. D'ailleurs, à la rencontre entre manifestants et équipe dirigeante de 2iE le 3 mars 2015, il avait été question d'éluder la question hic et nunt. « Pour le point concernant la mise à jour des relevés de notes, je demande de faire la liste nominative de tous ceux qui sont concernés et que séance tenante, nous sommes disposés pour qu'on travaille dessus pour clarifier tout, mettre à jour et prendre la décision immédiatement avec vous », c'est ce qu'aurait proposé la direction générale au cours de la rencontre.


« 2iE n'est pas une école de facilités »


Mais, les étudiants voulaient plus gros et ont exigé la satisfaction de l'intégralité de la plateforme revendicative. « Je leur ai dit que je n'ai pas mandat de modifier les critères académiques. Je suis là pour exécuter ce qui a été arrêté et veiller à ce que ce soit réalisé », rappelle M Maïga. Le premier responsable de l'école et ses collaborateurs estiment que certains étudiants recherchent des facilités alors que 2iE n'est pas une école de facilité. « Il y a des étudiants qui cherchent des facilités et qui veulent qu'on révise à la baisse les critères de validation des unités d'enseignement et les critères de passage d'un niveau à un autre. Quand vous prenez leur plateforme revendicative, 90% de ce qu'ils réclament, c'est des facilités alors que 2iE est une école d'ingénieurs de haut niveau, ce n'est pas une école de facilité », martèle Amadou Hama Maïga.


Il soutient par ailleurs que la plupart des points de la plateforme revendicative ne concerne que quelques dizaines d'étudiants. « Plus de 80% des étudiants n'ont aucun problème. Ils ont validé leurs crédits. Il y a quelques personnes qui ne sont pas arrivées à valider. Mais, nous ne pouvons pas modifier le règlement pour eux parce que c'est la dénégation même de 2iE. La plateforme ne concerne qu'une minorité d'étudiants, notamment ceux qui sont en situation d'échec », explique-t-il.

Parlant des meneurs de la grève, le DG rappelle que le président des étudiants n'est d'ailleurs pas régulièrement inscrit au 2iE, puisque n'ayant pas validé ses crédits.


La police est intervenue pour libérer des otages


Quant à l'intervention en pleine nuit de la police pour sur le site de 2iE, le DG et ses collaborateurs soutiennent qu'il s'agissait juste de libérer le personnel de 2iE qui était pris en otage par les étudiants. D'ailleurs, les forces de défense auraient tenté de les raisonner en vain. « Les services d'ordre ont dû utiliser des gaz lacrymogènes pour dégager les portes pour permettre au personnel de sortir », soutient Amadou Hama Maïga.


Le personnel libéré n'est plus reparti dans cet établissement. Les étudiants qui règnent en maître absolu sur le site de 2iE organisent une conférence de presse ce vendredi 6 mars pour aussi dire sa part de vérité. Certainement un autre son de cloche après celui de la direction générale. En attendant, le directeur général dit ne pas se sentir fragilisé outre mesure par ce mouvement.


Moussa Diallo

Lefaso.net





via leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso http://ift.tt/1NmCN3A