Baisse du prix des hydrocarbures : Le gouvernement fait un « lenga » de 25F CFA

Publié le mardi 3 mars 2015


Le gouvernement de la Transition vient de consentir une baisse supplémentaire de 25 FCFA du prix de litre des hydrocarbures liquides au Burkina à compter de ce 3 mars 2015. Une baisse qui porte les réductions à 50 FCFA alors que les syndicats réclamaient 150FCFA. L'information a été donnée au cours d'une conférence de presse ce mardi par Hyppolite Dah, ministre de l'Industrie, du commerce et de l'artisanat, en présence du directeur général de la Sonabhy, Aboubacar Nacro.




La lutte de l'Unité d'action syndicale (UAS) a partiellement porté fruit. C'est le moins qu'on puisse dire avec le « bonus » de 25 FCFA pour la baisse du prix des hydrocarbures. Cette décision prend effet à compter du mardi 3 mars 2015 sur toute l'étendue du territoire burkinabè. Le gouvernement de la Transition fléchit ainsi à l'ultimatum lancé par les syndicats les 17 et 18 février dernier à l'occasion de la grève générale.


En effet, depuis la baisse du prix du pétrole au niveau mondiale, le gouvernement avait décidé de ne pas suivre le pas parce que les caisses de la SONABHY étaient quasi-vides. En maintenant le prix en l'état, il entendait renflouer celles-ci. Une raison non fondée selon les syndicats, qui à travers, plusieurs manifestations ont réclamé la baisse du prix des hydrocarbures. Ce qui a été fait par le gouvernement le 19 janvier avec la baisse de 25 F CFA sur le prix du litre des produits pétroliers. Une baisse insignifiante, avaient encore clamé les syndicats, avant de revenir à la rescousse.


A ce titre, une correspondance a été adressée au Premier ministre par la coalition contre la vie chère (CCVC), invitant le gouvernement à faire plus d'efforts dans la réduction du prix des hydrocarbures. A cela s'ajoute la requête de l'Unité d'action syndicale pour « la baisse des prix des hydrocarbures d'au moins 150FCFA et la disponibilité du gaz butane sur l'ensemble du territoire ».


Des luttes bien raisonnables, selon le ministre Dah qui soutient qu'à la date du 3 mars, et suite aux instructions du président de la Transition, Michel Kafando et du Premier ministre, Isaac Yacouba Zida, le ministère du Commerce a travaillé avec les différents acteurs qui interviennent dans le traitement des questions de l'hydrocarbure notamment sur la disponibilité, la fixation des prix etc. L'objectif étant de rendre plus disponible le gaz butane, mais aussi d'avoir en qualité et en quantité les hydrocarbures liquides tels que le super, le gasoil, le pétrole…


C'est dans ce sens que le gouvernement a décidé de revoir encore à la baisse supplémentaire de 25 FCFA du prix du litre des hydrocarbures liquides au Burkina. « Cet effort supplémentaire du gouvernement qui amène la baisse des prix des produits à un total de 50F soit une réalisation de 33,33% de la revendication faite en fin janvier 2015 par l'Unité d'action syndicale et relative à la baisse des prix des hydrocarbures », note le ministre Hyppolite Dah.


Les comptes sont-ils bons pour les syndicats ?


Cet effort répond à la volonté du gouvernement de toujours travailler pour un mieux-être des populations. A la question de savoir s'il peut mieux faire que ça, le ministre n'en sait pas trop. Mais il estime que ce qui est fait n'est déjà pas négligeable. Et, poursuit-il, compte tenu des attentes de la population, les caisses de l'Etat doivent être suffisamment approvisionnées pour pouvoir satisfaire les autres priorités. Le gouvernement pourrait, certes, craindre de nouvelles manifestations étant donné que les syndicats avaient réclamé 150FCFA, mais rassure le ministre, ces partenaires sociaux ont été informés de cette avancée significative. « Ils doivent nous comprendre », dit-il.


En ce qui concerne le gaz, les consommateurs, selon le ministre ne doivent plus se faire des soucis. Il a rassuré de la disponibilité du produit sur le marché, informant du même coup que le ministère travaille pour amener d'autres acteurs à intervenir dans le domaine. « Un comité sera mis en place pour réfléchir sur les conditions d'ouverture des centres emplisseurs au différents marketeurs pour disponibiliser le gaz au niveau du territoire national », garantie du ministre Hyppolyte Dah.


Cette nouvelle baisse, fait savoir le ministre du commerce, va entrainer un coup sur les caisses de l'Etat. Et au directeur général de la Sonabhy d'ajouter qu'au moment où la dite baisse intervient, le baril a connu une hausse de 21, 46%, le dollar aussi avec 42% (entre janvier et février), pour ainsi confirmer le grand effort du gouvernement.


Bassératou KINDO

Lefaso.net





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