Amouda Razaki au sujet du report sine die d’installation à Péhunco : « Le Préfet … a montré ses limites »
Bonjour monsieur le Conseiller. Il semble qu’à Pehunco le conseil communal n’a pas été installé après plusieurs reports. Pouvez-vous nous expliquer ce qui s’est passé ?
Merci Monsieur le Journaliste de nous donner l’opportunité d’éclairer l’opinion publique sur la situation réelle dans la Commune de Péhunco.
Il ne se passe absolument rien à Péhunco. Péhunco n’a connu autant de sérénité et de quiétude que présentement. Il suffira de consulter les mains courantes de la Brigade de Gendarmerie et du Commissariat de Police pour se rendre compte qu’aucun événement n’y est signalé à part quatre responsables Fcbe qui ont brûlé un pneu en brousse juste pour amuser la galerie.
Le Préfet de l’Atacora-Donga en raison de sa couleur politique a montré malheureusement ses limites tant sur le plan professionnel que sur celui de la dignité, de la loyauté et de la probité prônées par l’article 35 de la Constitution, en se refusant ou en se révélant incapable d’installer et en renvoyant sine die les installations des conseils communaux de Péhunco, Kérou, Natitingou et Cobly sous le grotesque et fallacieux prétexte de «tension permanente caractérisée par des violences verbales et affrontements physiques entre groupes politiques».
Les violences, s’il devrait en exister à Péhunco, ne pourraient provenir que de la chapelle politique du Préfet. Elles ne pourraient même qu’être internes à ladite chapelle qui n’a pu dégager à ce jour un candidat en son sein. Vous avez dû remarquer que personne n’a marché ni soulevé une feuille à Péhunco. Nous sommes légalistes.
La seule et unique raison de ces multiples reports est de donner un peu plus de temps aux Fcbe pour tenter de régler leurs différends internes et surtout pour continuer par tenter d’acheter nos élus.
Si les violences étaient en cause, comment le Préfet a t’il pu installer le conseil communal de Bassila, seule localité de l’Atacora-Donga où ses motifs de report auraient été convenables ? Mais le Préfet avait pour mission d’imposer, quoique cela coûte et immédiatement, les Fcbe à Bassila et d’empêcher partout où cela est possible que d’autres groupes ne contrôlent les exécutifs communaux.
D’aucuns affirment que la mouvance n’a pas la majorité et que c’est l’opposition qui pourrait ravir la vedette désormais dans la commune de Péhunco. Comment est-ce que c’est possible ?
Aucun groupe n’a la majorité absolue pour prétendre diriger seule la mairie de Péhunco. Il faut donc faire des alliances. Comme vous le savez le résultat du scrutin se présente ainsi qu’il suit :- Fcbe: 06- Abt: 05- And: 03- Eclaireur: 01.
Nous avons conclu au niveau local un accord avec And. De ce fait il nous revient de contrôler et de diriger l’exécutif communal. Les Forces cauris se trouvent réduits à leur plus simple expression et se débattent. Nos élus et parfois leurs parents sont traqués comme des bêtes de somme et leurs têtes mises à prix.
Avez-vous déjà saisi la Cour Suprême pour que dans le délai de quinze jours vos populations soient délivrées de cette attente qui ne fait que trop durer ?
Nous avons saisi la Cour suprême immédiatement après l’expiration du délai d’installation par l’administration soit le vendredi 31-07-2015. Nous attendons la réaction de la haute juridiction qui dispose elle aussi d’un délai de quinze jours pour procéder à l’installation.
Ce que vous avez vécu ne pose-t-il pas un problème par rapport à la tutelle qu’il faut corriger avec la loi ?
Le véritable problème posé est relatif à la dépolitisation de l’Administration et à l’honnêteté des cadres. Plus que la loi, il nous faut un Exécutif responsable. Pourquoi la désignation d’un maire peut-elle être une question de vie ou de mort ? Pourquoi un Gouvernement peut-il chercher à tout régenter ?
Que dites-vous en conclusion ?
J’exhorte les populations de Péhunco à continuer par rester calmes et sereines. La violence gratuite c’est l’arme des faibles. Ne nous laissons pas entrainer sur cette pente. Aucun pouvoir n’est éternel. Et nous sommes à la veille de la fin. Gardons le calme pour que notre Pays ne bascule dans la violence et ouvrir ainsi la porte ultime sur la pérennisation du pouvoir actuel au moment où nous avons réussi à fermer les portes de la révision de la Constitution et celles de la prise d’otage de l’Assemblée nationale.
Je vous remercie.
Propos recueillis par
Junior Fatongninougbo
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