Protestation du spécimen du bulletin unique, absence de cartes d’électeurs : Les signes d’un scrutin qui s’annonce bâclé

Publié le mardi 9 février 2016

Seulement 18 jours nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle. L’échéance approche à grand pas et semble surprendre les structures organisatrices du scrutin du 28 février prochain.

Il y a de grandes menaces sur le scrutin présidentiel du 28 février prochain. Par extraordinaire, ce sont les deux principaux éléments sans lesquels un scrutin ne peut se tenir qui accusent d’énormes retards. Il s’agit des cartes d’électeurs et du bulletin unique. Selon le Chapitre II article 182 du Code électoral, il est précisé qu’«il est établi pour chaque électeur une carte d’identification appelée carte d’électeur …». L’article 183 complète que «(…) Le centre de distribution des cartes d’électeur est ouvert pendant quinze (15) jours ininterrompus de huit (08) heures à dix-huit (18) heures…».  A 18 jours du premier tour, tous les Béninois en âge de voter ne sont pas assurés de disposer de leur carte pour aller accomplir ce devoir civique. La fabrication des cartes se fait à un rythme absolument lent. Aux dernières nouvelles, sur plus de 4 millions de votants, les cartes fabriquées n’atteignent  pas encore le million. Les 4 millions et plus de cartes d’électeurs seront-ils prêts quand ? Bien malin pourra y répondre. Le sort des votants est dans les mains du Cos-Lépi. A ce rythme, on tend vers la situation de 2011 où des cartes ont été distribuées le jour même du vote. Pour ce qui concerne le bulletin unique, c’est sans doute les désistements qui s’enchaînent qui seraient en train de compliquer la tâche à la Commission électorale nationale autonome (Céna). La dernière concertation en date, celle de lundi dernier, entre les candidats ou leurs représentants et la Céna, a plutôt révélé des incorrections auxquelles il faut apporter des touches. Les candidats ou leurs représentants ont aussi exprimé des préoccupations par rapport aux positionnements sur le bulletin unique, conformément au tirage au sort. C’est dire que le bulletin unique n’est pas encore accepté par toutes les parties pour être envoyé à l’imprimerie. Après les corrections et les appréciations intégrées, il faudra tout au moins une dernière réunion entre les candidats ou leurs représentants et la Céna pour valider le spécimen. Cette réunion aura-t-elle lieu quand ? La question reste posée. Et comme si tout ceci ne suffisait pas, on annonce d’autres désistements possibles. Ce qui ne sera pas sans conséquence sur la confection du bulletin unique. Pourtant, le temps avance. On a même l’impression que le temps avance plus vite que d’ordinaire. Des signes qui annoncent certainement des cafouillages le jour du scrutin. Certains diront, malheureusement, comme d’habitude.

 Athanase Dèwanou


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