Léon Hounyè à propos de son festival ‘’Zohiho la danse du feu’’ : « Je vais réaliser l’exploit de tenir l’événement et le 15 décembre 2015 marquera son envol »

Publié le lundi 14 septembre 2015

Il est un danseur de talent reconnu comme tel au Bénin et dans plusieurs pays du monde. Sociétaire du Ballet National du Bénin, Léon Hounyè alias Sakpata Zogbo, a voulu ressusciter une danse mythique de notre patrimoine. La danse du feu Yaoïtcha ou Zohiho, dont il a tenu le coup d’essai qui s’était révélé coup de maître. A travers cet entretien, il promet réaliser l’exploit de tenir l’événement et le 15 décembre 2015 marquera son envol. Saisissant l’occasion, il s’indigne par rapport aux comportements de certains administrateurs du Fac. Pour lui, ce sont les administrateurs qui décident. Mais ce sont eux qui tuent le fonds, les artistes et la culture béninoise. Ils composent des dossiers de projets au nom de leurs femmes, de leurs bureaux, leur chauffeur, leurs frères et sœurs, leurs beaux frères, même les vendeuses d’igname pilé qui sont leurs copines et octroient des fonds de gros sous à ces projets

L’année dernière tu as organisé la 1ère édition de la danse du feu Yaoïtcha Zohiho, peut-on s’attendre à la deuxième édition cette année ?

Je le promets, mais je ne vous cache pas qu’ils ont déjà détruit cette belle initiative. Ceux qui ont créé des confédérations ont déjà tout gâté. Les administrateurs du fonds d’aide à la culture sont entrain de me proposer un petit sou, mais quoi qu’ils fassent, je tiendrai l’événement, c’est pour cela que je cours dans tous les sens.

Pourquoi parles-tu de petit sous, l’année dernière ils t’avaient octroyé deux millions qui ne suffisait même pas, n’eut été Ebénézer Bodjrènou tu n’y arriverais pas ; voudrais-tu dire qu’ils ont réduit au lieu d’augmenter ?

Mon frère les réels problèmes du Bénin, ne sont pas les présidents qui se sont succédés et Boni Yayi en particulier a fait pour lui. Il a même beaucoup fait pour nous autres artistes. A vrai dire les problèmes des artistes, de la culture et du fonds d’aide à la culture, ne viennent pas d’ailleurs. Ce sont ceux que nous-mêmes artistes avions choisi en tant qu’administrateurs, ce sont eux qui salissent le fonds, qui tuent les initiatives culturelles porteuses dans l’œuf avec leur boulimie, leur propension à la corruption et au détournement de deniers publics. Et ce sont ces mêmes personnes qui se sont entendues pour créer une soi-disant confédération, histoire de bien se partager entre eux le butin que constitue les milliards culturels.

Pourquoi ces propos tendancieux, as-tu été victimes du comportement des administrateurs du fonds d’aide à la culture ?

Ecoutez, Monsieur le journaliste, ce qui se passe dans cette maison est horrible. Je me demande parfois si le directeur du fonds et le ministre de la culture en ont conscience. En 2014, lorsque je recevais les deux million, ils m’ont intimé l’ordre de le leur retourner afin qu’ils se le partagent. Ce que j’ai refusé, parce que pour moi prendre les sous destinés à la culture et ne pas faire sa promotion est dangereux et c’était mon nom qui était en danger. Donc j’ai tenu le pari avec l’aide de M. Ebénézer Bodjrènou. A la fin, je n’avais plus la possibilité de les soudoyer et c’est là que commencent mes problèmes. Certains des administrateurs ont même juré que je ne prendrai plus rien, même pas 25 francs du fonds. Vu que le Président Boni Yayi, mesurait la portée de cette initiative et qu’il m’avait accompagné en 2014 avec une enveloppe de cinq cent (500.000) mille francs CFA, j’ai décidé de lui écrire pour dénoncer leurs comportements. Lorsque les administrateurs ont appris dans les coulisses ce que je me préparais à faire, ils m’ont appelé.

Et selon toi, qu’est-ce qui fait que des artistes ayant connaissance des difficultés et de la misère qui se vivent dans ce domaine, devenus administrateurs du fonds d’aide à la culture, changent du jour au lendemain ?

Ils sont effectivement tous des artistes, mais depuis qu’ils sont devenus administrateurs, ils ne font plus rien. Le plasticien ne peint plus de toile, le comédien ne planche plus, le chanteur voit seulement les micros de loin, l’écrivain n’écrit plus, le danseur a perdu la notion des mouvements, ils ne font plus rien du tout. Ils se sucrent au fonds d’aide à la culture, sur le dos des artistes, des vrais et des porteurs de projets. Si je prends mon cas, je suis danseur au Ballet National, je viens d’une répétition comme cela où j’ai dansé depuis le matin, comme moi d’autres artistes sont au travail maintenant. Mais ceux là qu’on a élu administrateurs ne veulent plus rien faire. Ils détournent les sous du fonds se payent de grosses voitures et construisent de belles maisons, tandis que les artistes qui mouillent le maillot sont à la traine

Et dans tout cela que dit le Directeur du fonds ?

Il est très gentil et très compréhensible avec les artistes. Blaise Tchétchao m’a appelé quand il a appris tout ceci, il a promis m’aider. Lui au moins est très simple sauf qu’il ne peut rien faire seul. Ce sont les administrateurs qui décident. Mais ce sont eux qui tuent le fonds, les artistes et la culture béninoise. Ils composent des dossiers de projets au nom de leurs femmes, de leurs bureaux, leur chauffeur, leurs frères et sœurs, leurs beaux frères, même les vendeuses d’igname pilé qui sont leurs copines et octroient des fonds de gros sous à ces projets. Lorsque les intéressés vont récupérer les sous au Trésors public, ils les attendent à bord de leurs véhicules, prennent l’argent et leur donnent des miettes.

Quels sont les réels problèmes de Yaoïtcha aujourd’hui ?

Merci pour cette question. La danse Yaoïtcha ou le festival Zohiho la danse du feu, que nous nous proposons de promouvoir, connait des blocages du fait des comportements d’un administrateur véreux du fonds d’aide à la culture. Lui seul est administrateur du patrimoine et en même temps celui des écrivains et c’est lui qui me crée des soucis. Mais avec les œuvres et l’aide de Dieu, j’y arriverai. Il se fait représenter par un jeune au niveau du patrimoine, qui fait des efforts que lui, il tue par la suite. Mais lui depuis qu’il est devenu administrateur octroie des fonds à sa femme et un de ses frères qui n’est même pas artiste. Et c’est ce genre de comportements qui bloquent les autres dans leur élan. J’ai les preuves de ce que je dis.

Malgré tout, tu tiendras le pari, c’est déjà pour quand et qui sont ces personnes sur lesquelles tu comptes, car cinq cent (500.000) mille francs ne pourront pas réaliser ce que nous avons vu l’année dernière à Zogbo hein ?

Oui je vais réaliser l’exploit de tenir l’événement et le 15 décembre 2015 marquera son envol. Cette édition sera encore plus mousse avec l’aide de Dieu et de certaines personnes qui ont été vexées par le comportement de cet administrateur. En premier le ministre Soumanou S. Toléba, Ebénézer Bodjrènou, Aubin Akpohounkè, Christophe Vignigbé, Blaise Tchétchao, etc. m’ont promis leur soutien.

 Propos transcris par Victorin Fassinou (La Presse du Jour)


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