Nouveau Code électoral : Des OSC s'insurgent contre la communauté internationale
Suite à la rencontre entre le gouvernement et le corps diplomatique, le 13 avril dernier, sur l'adoption du Code électoral modifié, des organisations de la société civile (OSC) ont tenu une conférence de presse dans la soirée du mercredi, 15 avril 2015 à Ouagadougou pour fustiger la position de la communauté internationale sur le code électoral et réitérer leur soutien à son application.
Mouvement plus rien ne sera comme avant (M/PRSCA) de Idrissa Nogo, Mouvement M21 de Marcel Tankoano, Les Patriotes du Faso avec Désiré Guinko et APDC de Safiétou Lopez ont été les animateurs de cette conférence de presse qui avait pour principal objectif de réitérer le soutien des OSC à la transition et partant, au code électoral qui, selon elles, respecte l'esprit et la logique de l'insurrection populaire des 30 et 31 octobre dernier.
Pour les animateurs de la conférence, le processus de transition est, en lui-même, déjà inclusif en ce qu'il n'exclut ‘'aucune'' partie. Pour ces OSC, la nouvelle loi électorale met les partis politiques sur un pied d'égalité pour aller à la conquête du suffrage populaire et il appartient à ceux-ci de trouver des candidats en phase avec les aspirations du peuple.
« Mais soyons clairs, si nous avons décidé de mettre fin au régime de l'ancien président Blaise Compaoré, c'est aussi pour mettre fin aux souffrances d'un peuple exploité, spolié, tué, pendant 27 ans, depuis l'assassinat du capitaine Thomas Sankara. C'était surtout pour mettre fin à un système qui a permis au clan Compaoré de sucer le sang du peuple, pour chasser les acolytes qui ont accompagné Blaise Compaoré dans sa boulimie du pouvoir jusqu'à la forfaiture de l'article 37 que le système voulait commettre », a déclaré le porte-parole des organisateurs, Idrissa Nogo.
« Si vous ne pouvez pas aider le peuple burkinabè, ne le dérangez pas »
C'est pourquoi, ces OSC jugent-elles de rappeler à la communauté internationale que « l'inclusion ne signifie pas impunité et chacun doit tirer conséquences de ses actes et en assumer l'entière responsabilité. Les acteurs politiques du régime déchu qui ont bafoué les principes de base de la démocratie se doivent de tirer leçons de leurs manquements ».
« Si vous ne pouvez pas aider le peuple burkinabè, ne le dérangez pas. Partout où la communauté internationale a imposé sa vison il y'a toujours eu massacre, larmes et spoliation du peuple. Le code électoral sera appliqué et nous allons sortir pour vous montrer que le peuple burkinabè n'est pas prêt à se faire voler son insurrection. Tous ceux qui ont participé à la tentative de modification de l'article 37, comme le stipule, la charte africaine de la gouvernance et de la démocratie, ne peuvent pas prendre part à ces élections de sortie de crise et pour restaurer l'ordre démocratique. C'est clair. Si les amis de Blaise Compaoré qui l'ont accompagné dans sa folie n'ont pas la décence de faire profil bas, nous allons leur montrer que nous le peuple burkinabè, sommes encore débout et nous allons le leur faire savoir », a averti Idrissa Nogo dans la déclaration liminaire.
Macky Sall, Djibril Bassolé, la France et les USA dans le viseur !
Pour les conférenciers, Maky Sall (Président du groupe de contact international sur le Burkina) n'a aucune leçon à donner au peuple burkinabè. « Qu'il commence par libérer Karim Wade avant de nous adresser la parole. Puisqu'il ne jure que par l'inclusion, karim Wade a été investi candidat de son parti pour la prochaine présidentielle sénégalaise, alors qu'il le libère séance tenante », ont-ils martelé. Soutenant que le président sénégalais « qui a pu arriver au pouvoir grâce au vaillant peuple sénégalais qui a réussi à barrer la route à l'ancien président Abdoulaye Wade », doit « arrêter d'insulter l'intelligence du peuple burkinabè qui a fait exactement la même chose pour barrer la route a Blaise Compaoré ».
A la France, ces OSC menacent de lui rappeler, par la rue, la « leçon qu'elle a reçue avec la révolution tunisienne qu'elle avait mal appréciée ».
S'adressant aux USA, Idrissa Nogo et « ses camarades » déclarent que « pour de simples détails, ils excluent très souvent des candidats à la course à la Maison Blanche ». Leur demandant donc de soutenir le peuple burkinabè.
Quant à Djibril Bassolé, ces OSC estiment qu'il agit pour des « intérêts égoïstes ». Pour ces responsables d'OSC, s'il aimait son pays, « il ne serait pas allé pratiquement lui déclarer la guerre depuis l'extérieur ». « Et dire qu'il a un grade de général. Un grade que nous lui dénions et nous demandons à ce qu'il soit déchu de ce grade de général de complaisance offert par Blaise Compaoré et qu'il ne mérite pas », ont-ils dit, ajoutant que qui-de-droit sera saisi à cet effet. « Dans tous les cas, nous, peuple burkinabè sommes prêts et attendons son retour. Nous verrons si Djibril Bassolé est plus fort que son peuple », ont averti les conférenciers.
Oumar L. OUEDRAOGO
Lefaso.net
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