Débats politiques de précampagne : Une recrudescence inutile d’invectives
L’animation de la vie politique est pervertie déjà avant les élections de 2015. Les invectives et les menaces prennent la place de vrais débats sur des sujets de préoccupations de la nation.
La question du respect des droits humains, de la sécurité, de la liberté, de la reddition des comptes, du contrôle de l’action gouvernementale, de la fourniture d’eau, d’électricité, et de santé, d’éducation et d’emploi se pose avec acuité. De plus en plus la densité dans les localités prouve l’inadéquation des infrastructures sociales réalisées. Pourtant, ces sujets ne préoccupent pas les Béninois. La question du salaire des travailleurs, notamment des agents de sécurité, le salaire du Chef de l’Etat, et la gestion des biens publics tant par le gouvernement que les collectivités sont toujours d’actualités. Et c’est en les abordant que les futurs députés pourront savoir les différentes lois qu’ils peuvent proposer, une fois élus pour corriger la situation.
Mais au lieu donc que les différents partis commencent par faire de vrais débats, c’est plutôt à des invectives que l’on assiste. Ceci se poursuivra certainement jusqu’au 10 avril 2015 où démarre la campagne pour les législatives. Or, c’est maintenant qu’il faut poser les problèmes et proposer les solutions. Et le reste, chaque candidat pourra développer comment il entend que le Bénin ou le gouvernement peut trouver les moyens pour régler les problèmes. Ensuite ils pourront aussi dire pendant les campagnes, quels engagements ils prennent pour jouer pleinement leur rôle de contrôle de l’action gouvernementale afin que d’abord les lois de règlement soient votées à temps, ensuite pour que des dirigeants qui transgressent les lois soient poursuivis et punis afin de réduire la corruption. L’absence de ces débats a pour conséquence la médiocrité que certains députés étalent durant tout leur mandat. Certains pensent qu’ils ont été positionnés par un Chef d’Etat et qu’ils lui sont redevables. Et ils ne passent leur vie parlementaire que comme une caisse de résonnance. Or, même en tant que partisan d’un Chef d’Etat, le député doit pouvoir bien faire son travail. Vivement que le Bénin sorte de l’amateurisme politique et que chacun joue son rôle dans l’intérêt supérieur de la nation. La politique est plus un service qu’un ring de combat pour les hommes politiques.
Junior Fatongninougbo
via La Presse du Jour http://ift.tt/1EMukBP