Continuum de l'éducation : des enseignants mécontents

Publié le mardi 6 janvier 2015


Des enseignants ont manifesté leurs mécontentements devant le ministère de l'éducation nationale et de l'alphabétisation (MENA) dans la soirée de ce lundi, 5 janvier 2015. Et pour cause ?




« Nous sommes des enseignants du Primaire avec des diplômes universitaires. Le ministère a manifesté un besoin d'enseignants pour le continuum, c'est-à-dire le post-primaire. Effectivement, le ministère a introduit en conseil des ministres, la requête, le 4 septembre 2014 qui l'a adoptée et a autorisé la reconversion de 1000 enseignants du primaire en professeurs du post-primaire. Le problème ici avec les enseignants, c'est que ce sont, le plus souvent, des littéraires. Alors que là, on voulait des scientifiques (mathématiques, physique-chimie,…). Ce que nous avons souhaité, c'est la révision de la clé de répartition, c'est-à-dire qu'au lieu de donner 300 postes de professeurs de français aux concours directs, on les puise directement au sein des enseignants et on procède, par concours direct, à un recrutement de professeurs dans les matières scientifiques. Tous les enseignants qui ont échoué, ce n'est pas parce qu'ils n'ont pas eu de bonnes notes, c'est tout simplement parce que la clé de répartition ne permettait pas de recruter plus… », a expliqué Félicien Sawadogo. Sur 2500 postes à pouvoir, indiquent-ils, « seulement » un peu plus de 500 ont été retenus à l'issus du concours (dont les résultats sont sortis le 30 décembre dernier). D'où un déficit à combler. Pour eux, le ‘'mode'' de recrutement ne favorise pas les enseignants. C'est pourquoi recommandent-ils que face à l'importance de la demande sur le terrain, l'on tienne compte du potentiel d'enseignants restants, quitte à compenser avec les recrutements sur concours directs.


Ces enseignants demandent qu'on s'en tienne à la « reconversion », comme en 2010 par exemple, au lieu de procéder par un concours où des enseignants sont « recalés par faute de la clé de répartition ». Pas parce qu'ils, soulignent-ils, ne sont pas bons mais parce qu'il y a une « clé de répartition » qui ne les favorise pas. En claire, le procédé auquel ils disent être soumis, ne permet pas d'utiliser « tout » le potentiel d'enseignants dont dispose le ministère (MENA). Pour eux, faire un concours et « ne retenir que quelques-uns », c'est, en quelque sorte, remettre en cause, le niveau des enseignants alors qu'il leur est demandé en même temps d'assurer la vacation au niveau du post-primaire. D'où leur appel « de ne pas démotiver des gens qui veulent sauver une situation » à savoir, le manque d'enseignants sur le terrain. « Nous voulons qu'on exploite ce potentiel du MENA au profit de notre éducation. Sinon, qu'on laisse le MENA utiliser ses ressources humaines », a envisagé M. Bilgo.


Oumar L. OUEDRAOGO

Lefaso.net


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