Manifestation à la Filature du sahel (Filsah) : Les femmes des ouvriers ont rejoint leurs maris
C'est un fait pour le moins insolite. Pour soutenir leurs maris en grève, les femmes des ouvriers de la Filature du sahel (FILSAH) ont regagné le site de cette entreprise ce jeudi 04 décembre 2014. Pour les dames, l'heure est venue de soutenir les maris en lutte depuis des années pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail.
Partis pour rester à la Filature du sahel (Filsah) autant de temps qu'il le faudra, les travailleurs de la Filature du sahel ont été rejoints par leurs épouses. Ayant attendu en vain les messieurs tout au long de la nuit du 03 décembre 2014, ces femmes ont rallié l'usine. Selon le délégué du personnel Dénis Bamogo, les femmes ont apporté de quoi à leurs maris pour se nourrir afin de pouvoir continuer la lutte.
Parmi les travailleurs, la gente féminine s'est également montrée solidaire. Invitées à regagner leurs domiciles autour de 19 heures pour ne laisser que les hommes (ils ont veillé à l'usine avec des équipes de surveillance), les « ouvrières » de la Filsah sont revenues tard dans la nuit avec de la nourriture. La solidarité naissante a poussé les femmes de la Filsah à se solidariser avec les épouses de leurs collègues pour mettre en place une cuisine populaire. Ainsi, dans la journée de ce jeudi 04 décembre, la rue d'en face de la Filsah a été transformée en restaurant public, à ciel ouvert. Ce restaurant est Implanté à une centaine de mètres de la porte principale de la société.
Ça bouge lentement mais ça bouge cas même
En plus des femmes, l'autre grande nouveauté à la Filsah est sans conteste les banderoles de la Confédération générale des travailleurs du Burkina (CGTB). Particulièrement impliquée dans la crise qui secoue la Filsah à cause des licenciements répétitifs des délégués syndicaux affiliés à son syndicat, la CGTB aimerait bien surfer sur ce cas pour appeler le patronat au respect des droits syndicaux.
Selon des confidences recueillies auprès des travailleurs, détenir une carte CGTB pouvait être un motif d'interpellation, de mise-à-pieds voire même de licenciement à la Filsah. Maintenant que la tendance est défavorable au patronat, les ouvriers réclament leur appartenance à la CGTB au grand jour.
Pour ce qui est des négociations, Dénis Bamogo a laissé entendre que les choses évoluent lentement mais surement. Suite à une médiation conduite par le Haut-commissaire de la province du Houet, Nandy Somé, les ouvriers ont pu s'entretenir avec Jonas Bayoulou, le Secrétaire général de la Sofitex et par ailleurs Patron du conseil d'administration (PCA) de la Filsah.
Ousséni BANCE
Lefaso.net
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